"Voie 5, matin, 7h52, personne."

Type : Poésie | Ajout le : 01/12/2007
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Oeuvre :
Mots : 270
A l’heure où l’on digère
Les rêves consommés
Quand le soleil tarde derrière les quais de gares
J’installe ma solitude
Dans un wagon bondé
De relents nocturnes passés au jour.

Le matin chuinte aux fenêtres
Et dans les bouches engourdies

Derrière le mur de mon écharpe,
Les autres.
Derrière le garde fou de ton odeur
Les autres.
De l’autre côté des métaphores,
Les autres.

Mannequins des villes au cœur battant

Et mon grand carnet vert
Sur les genoux
Ouvert à la page du premier décembre.
« Nancy, nuit, 2h50, silence.
Je me suis encore fait avoir.
Le bonhomme Novembre
Sur son cheval de fer
Compte ses rails millimétrés
Par dizaines
Vaines
Mais bonne année
Quand même»
Ma main
Laconique :
« Ligne 11, matin, 7h35, froid.
Insomnie sans rêve
Enrhumée
Le reflet du type qui vient de se lever
Me regarde encore dans la vitre »

Mannequins morts à la prochaine station.

Carnet rangé
Fermé et plat comme l’aube
Au fond de mon sac
Comme ton visage
Au fond du portefeuille
Comme le sourire
Du contrôleur.

Et puis ton grand manteau noir
Tes mains dans les poches
Tes sourcils froncés
Au terminus
Absents

« Voie 5, matin, 7h52, personne. »
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Libellule Rouge
01/12/07 à 21:17
"Derrière le mur de mon écharpe,
Les autres.
Derrière le garde fou de ton odeur
Les autres."

J'adore ce passage, mais j'aurais pu en sortir bien d'autres. J'aime le concept, très bien exploité. L' "absence" de verbe qui parfois me rebute m'attire ici. Superbe, vraiment!