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Position dans Poésie : 65ème
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Oeuvre :
Mots : 263
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Façonnant ce désert à l’ombre de mes yeux.
Des formes incongrues s’épandent, toujours en mouvement,
Entre quelques bardeaux sinueux, demeures titanesques.
Je les distingue dans leur humeur absente, mais omniprésente,
Ces obélisques de glace qui fondent avec la distance,
Ces silhouettes s’affaissant au loin ou à un tournant
Sans murmures, au trépas du mur assommant.
Des pianos dénotent leur pas mille fois la seconde …
Quelques métronomes en quintettes résonnent
Et quelques sons accentuent tout accommodement chaotique!
Leur presse dont l’augure a bonne allure,
Et même mes chaussures, susurrent l’effroi
Dans la nuit de mes pas froissés …
Ma randonnée noctambule est un périple tacite,
Une quête à l’oubli. Ou aux souvenirs.
Dans ce désert s’installent des dunes périlleuses
Entremêlées de tranchants grattoirs
Usant ma mémoire jusqu’à ma propre perte :
Où en suis-je?
Ci et là, des rochers immergent des vagues immondices
Et à l’ombre qui pénètre mes yeux s’érige
Une forme incongrue dont les mouvements
M’accablent … Un titan aux dents d’argent
Me brandit maints obélisques!
Quel est ce glaçon me transcendant
Et ce frisson jaillissant de mon affaissement?
Au tournant d’un mur sans montant,
Je murmure un dernier mot vers mon trépas …