Terminus

Type : Poésie | Ajout le : 30/04/2007
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Mots : 249

Je marche, les mains dans les poches, le pas vibrant
Sur les pavés usés d’empreintes inconnues qui sèment
Des histoires qui s’évaporent à la semelle suivante,
Et les murs de la ville sont hantés de ces poussières.

Je circule le ventre creux, les cheveux sortis d’un casque,
Mes yeux se collent sur des fenêtres rectangulaires, sans vie,
Mes pensées sont des rivières sans oxygène, j’ai faim,
J’ai soif, je hais ce monde de consommations inutiles.

Il est midi pour eux. Il est midi toutes les heures pour moi, le SDF.
Tout ce monde affairé à ce nourrir, m’évite ou m’empoisonne
De leur regard, seul un morceau de sandwich pointe dans une poubelle,
Je hâte le pas, la main tendue, le frisson de la joie m’emporte.

Je m’assoie sur le banc d’un abri bus. Je mange, avidement.
Je vomis. Je pleure. Les nuages sont des perles grises qui se brisent
En des morceaux de verre sur mon corps. Je hurle ma peur.

Je suis devenu ver de ville, je bitume mon sort, vide mon tube
D’un noir cancer dans l’égout humain évidé de sa terre natale,
De notre terre au linceul bétonné d’un excès que sa raison en est morte.

©Max-Louis MARCETTEAU2007
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