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Oeuvre :
Mots : 293
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Travail de sape moléculaire
Faut laisser respirer le squelette,
Laisser les os prendre l’air
Dans leur couffin de peau.
Cou fin, si fin, scie fine …
A décevoir une guillotine
Coupe faim.
C’est l’opération 47
La grande razzia tissulaire
De la dictature coquette
Sur les corps excédentaires.
Et le miroir se transforme en lime à moteur, un rabot à courbes tendres,
Turbine alimentée de regards moqueurs, à fendre les estomacs élastiques,
Qui ne brasseront qu’un vide délicieux et morbide, à goût d’acétone.
Ou de pomme.
Car malgré sa teneur gravitationnelle,
C’est encore elle la plus légère,
Encore elle qui ne tombe pas dans les cuisses
Ni dans la conscience qui se hisse
Vers un vague bonheur ascète
Et très auto contemplatif.
Opération 47, que dis je, à quand l’estampille 46 ?
Enveloppe lipidique, je t’aime
Quand on t’affranchit décroissant, de moins en moins cher,
(Des croissants … diable !)
Mais bien payée par les déshabillages indiscrets
Des passants qui pèsent ma séduction.
Et s’évaporer, devenir éther
Sa propre transpiration sous l’effort de l’abstinence
Et médire, et ignorer son goût de cendre
Jusqu’à gaver ces raideurs tendres,
Caresse compulsive des carences,
D’addictions autrefois fières de perdre l’odeur de la vie.
Opération 47
Quel que soit le mécanisme
Maladive ou bien caprice
Dans le fond tu restes
Un travail de sape aux oubliettes.