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Oeuvre :
Mots : 298
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Main
Aux veines enchevêtrées
Dans un tissu de cals.
Ne dites rien
Ne la prenez pas dans la vôtre,
La tendresse travaille.
Elle en a senti,
Des morsures de fourchettes sévères
Que le sort applique avec soin
Tout acharné qu’il est
A faire entrer à coups de dents
La science de la vie
Dans les peaux tendues d’innocence.
Elle en a caressé,
Des évidences tronquées dans les nids de vipère,
Des élans rêches et venimeux
Des espoirs à peine effleurés qui brûlent et cornent les doigts.
Main
Aux sillons imprimés sur la paume
Par les luttes qui ferment les poings
Et les lèvent bien haut vers un ciel parfait
Si bleu parfois
Qu’il insulte les appels à l’orage.
Ne dites rien
Regardez là
La tendresse travaille
Elle en a forgé,
Des frissons au bord de l’âme
Des douceurs aux merveilles croisées
Des creux pour les aubes pleines de signes
Où poussent des rêves dans la rosée
Qu’on porte tout doucement à la bouche pour taire la pluie des mots gris.
Elle en a pris, des autres mains,
Parfois jusqu’à l’empreinte de leurs histoires.
Et dans son repos, il ne reste que la tendresse
Pour creuser d’autres ravines
Qui diront aux mains des enfants comme le sable peut encore couler
Entre leurs doigts souples et lisses.
Main
Presque un bel attentat
A la pudeur des rides
A la sagesse des ans.