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Position dans Poésie : 8ème
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Oeuvre :
Mots : 356
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Au parallèle près, j’oubliais d’ouvrir mon parapluie.
Et mon compte en banque, ce farceur,
Qui avait glissé mon amour propre entre les baleines…
J’aurais mieux fait de lui offrir des crampons
Au lieu de le laisser sortir à découvert,
Et se payer un petit saut sans élastique
Au dessous du seuil de pauvreté.
Et puis, en bas, il y avait l’huissier
Et son chapeau melon juste assez creux
Pour récupérer les miettes de mes billets.
C’est qu’il a épousseté son veston, le drôle,
La moindre pellicule de cuivre égarée sur le costume
S’offre un aller sous sa grande loupe
Et un retour dans sa poche scellée.
Je n’en ai même pas goûté la couleur
Déjà coincé dans le spectre de l‘anonyme
De l’invisible
Maintenant qu’à la sortie de la messe
Aussi terne que les dalles du parvis
Je fais mal aux yeux des gens.
Avis de verglas aux frontières
Avis de frimas et congères
Y a des jours j’ai comme une envie d’être en accord
Avec le climat général
De suivre l’exode urbain et les migrations prolétaires
Comme on dit
Quand on sait parler avec des mots
Qui sont beaucoup trop beaux pour ce qu’ils disent.
Et ces jours là, donc,
Je me vois bien en expatrié de la vie
Avec carte de séjour éternelle
Renouvelable à l’infini.
Mais comme les temps sont durs pour les papiers
Filigranés officialisés estampillés sécurisés
Je me suis offert un parapluie
Avec ma recette jusqu’à ce midi.
C’est toujours ça de pris
Au ciel qui me tombe sur la tête
Quand on ne peut plus fixer son toit
Mieux vaut l’avoir toujours sur soi.