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Mots : 631
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Mais un bien sombre matin, le berger trouva avec effroi une belle peau de mouton bien nettoyée, et à la laine douce et soyeuse jonchant la terre herbeuse… Assurément un bien beau costume pour un si vil esprit qui avait, semblait-il, volé les deux brebis qui manquaient en cette funeste matinée. Sur le conseil de son chien à la clairvoyance peu commune, le berger fit porter dès ce moment à chaque mouton ainsi qu'à chacun des hommes qui s'occupaient du troupeau avec lui – s'astreignant lui-même à cette règle – un signe de reconnaissance. C'était un lacet de cuir noir dans lequel était passé un pendentif grossièrement fabriqué. Ce collier représentait la patte immaculée d'un chevreau et devait autoriser à son porteur l'entrée dans l'enclos.
La nuit suivante un loup vêtu d'une peau de mouton semblable à la précédente, s'était mêlé au troupeau de brebis, mais n'ayant pas à son cou le collier faisant office de badge, il fut chassé par le chien son lointain cousin. Le lendemain à la tombée de la nuit, alors que les hommes se préparaient à ramener leur troupeau en lieu sûr, un jeune pâtre inconnu vint à eux, mais le loup qui se dissimulait sous cet ingénieux nouveau costume fut à n,ouveau pris en chasse par le chien après que ce dernier lui eût aboyé d'un ton sévère de "montrer patte blanche."
Il n'y revint plus les jours suivants, lassé de ces déroutes successives et s'en alla visiter un autre troupeau.
Mais par un beau matin de printemps apparut le berger de fort mauvaise humeur à la suite d'une nuit agitée et de la perte de son badge dans un trou d'eau. Il expliqua nerveusement ceci à son chien, fidèle gardien du troupeau, qui toujours l'avait loyalement et activement aidé, mais celui-ci fut intransigeant et ne voulut rien entendre. Il le repoussa de ses crocs des heures durant. Exaspéré, le berger l'expulsa de ses terres à renfort de maints coups de sa solide canne. Il retira à tous les moutons et à ses hommes les colliers et les fit disparaître tout en fulminant contre son chien, au grand ahurissement des moutons hébétés qui appréciaient tant leur gardien. Le loup croisé quelques temps plus tard le chien si malheureux, l'air endeuillé et lui fit d'un air narquois :
"Il est bon d'être dévoué à son maître, mais non borné ; Avec intelligence les règles doivent être appliquées. Souvenez-vous maître chien qu'un excès de zèle, Ne manque jamais de vous briser les ailes !"