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Mots : 396
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La lune, comme un écran à la merveille souterraine, m’effraie et me console du désir de l’homme d’être toujours plus pur en avalant le sang qui colle à ses mains. Et toi, que vas-tu faire quand les douze coups de minuit ne vont plus sonner, épuisés d’avoir annoncé une vérité que seule la nature a entendue?
Tu me parles et je vois des papillons s’envoler dans le ciel d’une humanité flétrie. L’araignée tisse sa toile de verre. Et je m’y englue pour faire partie de la seule beauté que ma condition m’accorde, l’art pour l’art sans que l’on ait pu boire la coupe bleue des accents aimés.
La vie aiguisée à son maître dans son cas, un lézard rampant à double face comme un démo de dés truqués qui s’embrassent dans la pénombre des balcons oubliés, comme nous penchés l’un à l’autre avant de se courir les jambes perdues, le cœur mis en pierre et la tête bercée par le flot des vagues des piscines hors terre. Je bois, je mange, mais je fonds, je ne suis plus qu’un tronc sans feuilles.
J’ai perdu mes ailes à la guerre. Je te les ai donné avant qu’elles ne fanent, qu’elles aient la couleur du jour éclaté, des bombes mièvres et des psalmodies volées au chœur de janvier, avant qu’elles ne soient plus les fées d’une existence jeune et éphémère. Je préfère me bercer le long des fleuves absents en attendant que la terre m’avale de tout son long et que soit de nouveau la sérénité des rêves purs et clairs.
Sans peur, je pourrai alors sourire...
-22/10/07-