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Oeuvre :
Mots : 199
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J’entends la bruine verte crisser sur mes pas
J’entends la douleur fleurir dans son infinie douceur
J’ai les doigts tachés de naphtaline
On a préparé une bombe
Et sous le ciel éteint on regarde ses cendres tomber
Dans un soupir mêlé de blessures
La tendresse y a implosé
Formant un nuage de soie rouge
Où sa gloire meut les cœurs givrés
Au bout du couloir
Je ne sais pas ce que l’on trouve
Peut-être la vérité
Peut-être le mensonge
Peut-être le doute
Peut-être nous
Mais ce qui s’en profile a l’odeur salée d’une mer absente
On l’a tout bu, jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la dernière plaie
Parce qu’on n’avait rien de mieux à faire que de s’y noyer
C’est mauvais pour les fonctions respiratoires
Mais nos têtes brassées, embrassées, étaient déjà mortes
Parce que seule la laideur fut socialement acceptable