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Position dans Poésie : 65ème
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Oeuvre :
Mots : 246
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Une forêt sèche
Où naissent tous les hivers
Des arbres calcaires
Qui ne suintent jamais
Leur sève minérale,
Même quand les amants
Gravent les écorces
De leur bonheur pur
Aux larmes blanches
Aussi volatile
Aussi tranchant
Qu'un éther narcotique
Sur le fil de la lame
Entre le jour et la nuit.
Derrière ma maison
Contre la ligne infinie
De l'horizon-mur
Dans un puits sans fond
Craquent de vieux mouchoirs
De lin fossilisé
De n'avoir jamais essuyé
L'acidité lacrymale
De mes pluies désespérées.
Quand les rayons de lune
Évitent mon ombre
Je hurle
Hurle l'aridité
Pour trahir le silence
Qui imbibe les esprits
Des aventuriers curieux,
Pour frapper d'insomnie
Leurs angoisses anciennes
Et guider leur fuite.
Je suis l'argile sous mes pas
Et l'air gonflé de vide
Qui mange mon corps aigre
Je deviens le sel
De ma propre terre
Millier de cristaux rompus
A ma solitude consentie
En longue gestation
Dans les fissures de rouille
Que les yeux des autres
Ont jadis tracées
Dans mon âme encore verte.
Je suis l'ermite
Veilleur à la frontière
Entre la chair et la pierre.