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Oeuvre :
Mots : 326
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Si j'existe, c'est pour elle,
Si je suis là, c'est pour la supporter,
Cette souffrance, cette douleur, qui m'enveloppe,
De son voile noir, de ses doigts fins,
Elle excite chaque partie de mon corps,
Elle me brûle, m'asphyxie, me lacère,
Elle s'insinue sous ma peau, dans mes veines,
Chaque dose me shoote un peu plus, me détruit d'avantage,
Mes entrailles se déchirent, sont brûlées à vif.
Mon âme se noircit, la réalité est transcendée,
Je suis projeté, je me heurte, je me griffe,
Je tente d'éteindre tous ces feux qui me brûlent,
Et je me jette encore plus fort, à corps perdus.
Mais la flamme est profonde, dans mes bras, dans mon corps,
[Dans mon coeur.
Mes veines. Un éclair fend alors l'espace, déchirant de son aveuglante
[Blancheur,
Le brouillard, le poignet. La chair se déchire,
Et la foudre retombe, plus fort, plus fort.
Je transperce mon poignet, mais le feu ne sort pas,
Il monte à la tête, envahit ma gorge.
Je suis asphyxié, je brûle, me réduis en cendres,
Chauffé à blanc, le courant de la douleur me transperce,
De part en part. Je dois me libérer, plus rien ne compte.
Une seule échappatoire, une seule issue. Le sang coule de mon bras,
[Mais pas assez vite.
Une douleur, plus forte, un flot, chaud, s'échappe, de ma gorge,
Le plaisir, la libération, les sens, l'ivresse, la délivrance,
Le noir.