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Mots : 294
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Je me suis longtemps cherché, peut-être dans un égoïste élan de solipsisme, parce qu'étrangement, aux pleurs tragiques d'un soldat dans son système radio, j'ai ressenti le besoin primal de vivre. Je me meurs et me tue d'une angoisse meurtrie, ou meurtrière, parce que je me suis rendu compte d'une soudaine absence d'un sens.
J'ai hier rêvé d'un étrange jeune homme. Du même âge et même nom que moi, il a dit s'être enfuit du temps, de mon temps, que je lui impose. Je suis tombé amoureux de lui, sur mes genoux blessés, le suppliant de m'aimer aussi. Oui, beau Rimbaud, je est un autre. Je suis seul à m'aimer et, encore, me rejette. Suis rejeté.
J'ai pleuré devant mon miroir.
Un pan de moi-même est parti, celui qui parlait de but, celui qui parlait de raison. Avec effarement, je fais l'expérience du temps en voyant mes parents mourir de vieillesse en accéléré sous une pluie immobile. Un accident de voiture m'emporte l'amour et je me retrouve seul pour constater que je suis au même endroit qu'avant avec la même personne dans ma tête.
Déprimé, mon cœur déprécie à la Bourse en crise et est racheté par l'homme du rêve.
Je me retrouve au bas d'une pente avec la certitude d'au moins ne plus pouvoir tomber plus bas.
Dans un geste spontanné, je tue mes mots pour pouvoir écrire sans vie et meurt en paix de comprendre.