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Position dans Poésie : 22ème
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Oeuvre :
Mots : 267
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Regardaient pousser des pommes de fer
Sur mon arborescence nerveuse
Souterraine.
Et puis un soir, j’ai oublié de marcher sur les dents du râteau
Oublié de sentir la rage nette et sage du manche sur ma mâchoire
Oublié.
A mains nues j’ai déterré les pommes de fer.
J’en avais plein les doigts,
Suffisamment pour qu’ils apprennent le rouge
Qui fusait dans leur goût,
Pour qu’ils apprennent les volutes des serpents pourpres
Qui s’enroulent autour des bras
Et qui se moquent de la grimace d’Ève virginale
Qui est passé sur mes lèvres
Quand j’ai goûté mes pommes de fer.
Elles avaient l’odeur de ma fierté lourde de poussière
Et du pétrole des amours en décomposition
Qu’on chasse à coup d’éventail
Qu’on éloigne des pyromanes
Pire
Qu’on remet à l’espoir des jamais.
Et puis, j’ai lu l’apaisement dans les nausées délicieuses
Que mes nerfs n’ont pas crachées.
Dans les vapeurs dissolues, je me suis prise à trembler.
Certains soirs
Quand les pommes de fer strient mon souffle
D’un halètement jusqu’à l’overdose
J’oublie
Que j’aurais mieux fait de m’endormir
A mains nues
Ou à l’ivresse des ferments qui aseptisent
Les serpents sur mes bras