Roman

Type : Littérature | Ajout le : 04/09/2005
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Oeuvre :
Mots : 49778
Épisode premier

Dans ma Maison

1

Ce jour-là, il pleuvait. Mais tout le monde était dehors, alors qu'on embarquait un homme qui venait de tuer le procureur de Countrynoise. Tout le monde était choqué, car le procureur était un grand homme, à qui on pouvait faire confiance, et il aidait souvent les associations pour les enfants handicapés qui parcouraient le pays en quête d'argent. Mais de plus, lorsque quelqu'un de la ville ne pouvait plus payer ses impôts, le procureur était toujours présent pour lui venir en aide. Le commissaire, nommé Steven Pagelle, un Français venu de Paris à la suite de son expulsion de la police, était déjà sur les lieux. Il donnait des ordres à son coéquipier, Damien Galler, qui était nouveau.
"Interrogez le criminel, et qu'il crache tout ce qu'il sait ! OK ? Je veux savoir son nom, son adresse, la couleur de son slip, tout !!! Et demandez-lui ses raisons !
__ Et s'il ne veut pas nous dire pourquoi ? demanda Galler.
__ Vous lui faites cracher le morceau, vous avez mon feu vert !" répondit Pagelle, non surpris d'une question aussi idiote de sa part.
Steven Pagelle s'en alla voir le corps du procureur, et fut vraiment surpris par ce qu'il vit. Le corps du procureur ne semblait montrer aucune marque, le seul indice qu'il put voir était ses yeux, qui semblaient avoir vu quelque chose de terrifiant.
"Nous allons l'emmener faire une autopsie, pour voir ce qu'il lui est arrivé, dit le médecin de la police, lui aussi très surpris. Je ne comprends pas ce qu'il lui est arrivé.
__ On dirait qu'il s'est pissé dessus ! dit Steven.
__ C'est le cas ! affirma le médecin, à la plus grande surprise de Steven.
__ Vous êtes sûr ?
__ Oui, tout à fait ! Si vous ne me croyez pas, allez donc sentir l'odeur de son pantalon !"
Steven entendit une sirène, probablement celle d'une voiture de police qui emmenait l'homme qui avait tué le procureur au commissariat. Steven décida que son rôle ici était terminé, et qu'il pouvait assister à l'interrogatoire du cinglé.
Un quart d'heure plus tard, il arriva au commissariat, et s'assit sur le siège de son bureau. Son coéquipier frappa à sa porte et entra.
"Apporte-moi de bonnes nouvelles ! dit Steven.
__ Elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises ! rétorqua Damien, On connaît l'identité du tueur, il s'appelle Valentin Beats, il a trente-huit ans, il est marié. Sa femme se nomme Sarah Beats et il n'a qu'un enfant, qui se prénomme Funky Beats. Ce nom m'est complètement inconnu, et toi ?
__ Il ne me dit rien non plus, répondit Steven. Par contre Funky Beats, ça me dit quelque chose, je crois que c'est un grand joueur de basket-ball. Sais-tu où il habite ?
__ Oui, il vit à Santy-New-City !
__ Ah oui, Santy-New-City ! La ville où il y a la grande équipe de basket-ball ? C'est loin d'ici ?
__ A environ trois mille kilomètres d'ici, en Allemagne !
__ Bon, rien d'autre ?
__ Si, il clame son innocence et dit qu'il était venu te voir pour un problème qui se déroule chez lui, du moins dans son village ! De plus, c'est lui qui nous a donné toutes ces infos !
__ Bon je crois que je vais aller lui parler car je dois l'avouer, ça m'intrigue un peu !"
Steven Pagelle se rendit donc en salle d'interrogation, et discuta longuement avec Valentin Beats.
"Je vous assure que je suis venu pour vous parler ! affirma Valentin, et je n'ai pas tué le procureur !
__ Pourquoi vouliez-vous me parler ? demanda Steven.
__ J'ai appris de source sûre que vous étiez un spécialiste en matière de paranormal, et…"
Steven le coupa, surpris car il n'en avait parlé à personne sauf ses collègues.
"Qui vous l'a dit ? demanda-t-il.
__ Un de vos anciens clients, qui après votre visite, n'avait plus aucun problème en ce qui concernait le paranormal."
Steven paraissait troublé, car tous ses anciens clients avaient promis de ne rien dire à personne. Il décida de changer de sujet :
"Si vous êtes innocent, comment se fait-il que vous vous trouviez chez le procureur pile au moment où il a été tué ?
__ Écoutez, M. Pagelle, ce que je vais vous dire va sûrement vous étonner, mais j'ai ressenti une drôle de sensation en passant devant chez lui, comme si j'avais deviné qu'il se passait quelque chose de grave ! A votre avis, pourquoi aurais-je moi-même téléphoné à la police pour me dénoncer ?
__ Peut-être souffrez-vous de schizophrénie ? Peut-être qu'une partie de vous a regretté d'avoir commis ce meurtre ?
__ Voyons, ayez un peu de bons sens ! J'ai fait plus de trois mille kilomètres pour venir vous parler, alors s'il vous plaît, faites que je n'aie pas perdu mon temps !
__ Je ne peux vous relâcher comme ça, sans preuve que vous êtes innocent ! J'espère que vous pouvez comprendre, M. Beats.
__ Tout à fait, mais je vous en prie, partez à Santy-New-City, et aidez ma famille !
__ Je ne sais pas…"
L'interrogatoire prit fin, et Steven but un café, pour se relaxer. Son coéquipier, qui venait d'arriver, lui demanda s'il avait l'intention d'aller à Santy-New-City.
"J'en sais rien, répondit-il, cet homme est très étrange, il ne semble pas qu'il ait réellement fait ça ! Mais je vais sûrement partir là-bas."
Steven rentra chez lui, et trouva sa femme, allongée sur le divan. Steven se dit qu'elle avait sûrement eu l'intention de l'attendre, mais n'avait pas réussi à tenir. Il était déjà quatre heures du matin. A la place d'aller se coucher, comme à son habitude dès qu'il rentrait du travail, Steven prit une bouteille de whisky pour noyer ses soucis. Devait-il aller chez les Beats ? Où devait-il prendre Valentin Beats pour un dégénéré qui avait sûrement fugué de l'asile ? Deux heures plus tard, Steven s'était endormi la bouteille à la main et ne se réveilla qu'à trois heures de l'après-midi, et il avait déjà pris sa décision.

2

Steven avait fait ses bagages et était prêt à partir. Il avait longuement discuté avec sa femme, qui, au début, n'était pas du tout d'accord avec un départ si précipité, mais il avait réussit à la convaincre. Il avait également prévenu Valentin Beats, qui ravi, s'il n'était pas en garde-à-vue, lui aurait sûrement sauté dans les bras et l'aurait couvert de bisous. Heureusement qu'il ne pouvait le faire, car Steven n'en avait pas vraiment envie. Il prit sa voiture et partit en direction de l'aéroport, son ticket étant déjà réservé, il n'aurait certainement pas trop à attendre. Lorsqu'une hôtesse lui demanda comment se passait le voyage, Steven sursauta. Le voyage fut épuisant, et Steven avait bien cru que jamais il ne tiendrait le coup. Il avait tenu plus de cinq heures assis et cela le rendait nerveux.

Arrivé à l'aéroport de Noidcity, la ville la plus proche de Santy-New-City, Steven décida de téléphoner aux Beats. Il chercha leur numéro dans l'annuaire et composa le numéro. Après quelques sonneries, Mme Beats décrocha :
"Allô Valentin ? hurla-t-elle au combiné, sûrement très impatiente de recevoir un coup de téléphone de son mari.
__ Allô Mme Beats ? Je suis désolé, mais c'est le commissaire Pagelle à l'appareil, répondit Steven. Je vous appelle au sujet de votre mari !
__ Ô mon Dieu, faites qu'il ne lui soit rien arrivé !" supplia-t-elle.
La femme de Valentin Beats était sans aucun doute très stressée, et l'absence de son mari devait lui causer plus d'un problème.
__ Il ne lui est rien arrivé ! la rassura Steven, je vous appelle juste pour vous dire que votre mari est en garde-à-vue, au commissariat de Countrynoise. Il a été suspecté du meurtre du procureur, mais je vous rassure, il sera bien de retour chez vous ! (Steven espéra qu'elle le croyait car lui-même n'en était pas sûr.) Il m'a aussi parlé d'un problème que vous auriez chez vous concernant le Paranormal. A quelle heure pourrais-je passer chez vous pour en parler plus sérieusement ?
__ Demain à trois heures, si vous voulez. Avez-vous mon adresse ? demanda Mme Beats.
__ Oui, il me l'a donné ! Il m'a aussi dit de vous dire de ne pas paniquer !
__ Il a toujours eu le goût de se foutre dans le bordel, ce con ! dit Mme Beats. Vous a-t-il dit qu'il avait ressenti à ce moment une étrange d'impression ?
__ Oui, comment le savez-vous ?
__ Vous le saurez demain." dit-elle en raccrochant le combiné.
La première impression de Steven fut qu'il avait hâte d'en savoir plus sur cette histoire.

Le lendemain, après avoir passé une nuit cauchemardesque, Steven prit un taxi et on le déposa à cent mètres de Santy-New-City. Il s'arrêta à l'hôtel pour réserver une chambre. L'hôtel s'appelait le « RESTO PARK BEURK ». Les gens ici semblaient très amicaux. Il aperçut, en entrant, un énorme escalier. Il descendait vers une grande salle, qui ressemblait à une cave. En entrant, il avait eu la tête qui tournait. Il ressentait une drôle d'impression. Malheureusement pour sa curiosité, la porte qu'il y avait tout en bas était fermée. Après avoir réservé la chambre, il demanda où habitaient les Beats.
"Les Beats ? Vous ne pouvez pas rater leur baraque ! C'est l'immense château qu'ils ont rénové tout seul !"
A chaque fois qu'il entendait « L'immense château », Steven frissonnait et avait de plus en plus envie de parler à Mme Beats. Il avait déjà eu une aventure de type paranormal dans un château et n'avait jamais pu l'oublier. Il se rappelait avoir vu son ancien coéquipier, David Ash, se faire tuer devant ses yeux par un fantôme. Steven fut hanté pendant quatre mois par cette image, il revoyait toutes les nuits David se faire bousculer, frapper par quelque chose que jamais il n'avait cru, que jamais il n'avait pu voir. Il avait longuement souhaité que ce ne fût qu'un rêve, qu'il avait trop bu, mais personne n'avait pu le prouver.
David avait été son coéquipier pendant quinze ans et ils avaient tout partagé ensemble. Mais David avait senti que le château de Croissy-Lebo, dans le sud du pays, allait être fatal à l'un d'eux. Steven lui avait souvent fait la remarque de voir le mal partout. Mais le mal qui l'avait tué, David ne l'avait pas vu.

Steven arriva chez les Beats à quatre heures et demie. Le portail s'ouvrit, laissant apparaître un immense château qui était impressionnant autant par sa taille que par sa beauté. Il n'y avait qu'une voiture garée, et Steven conclut qu'il s'agissait de celle de Mme Beats. Il arriva à la grande porte d'entrée, et au moment de frapper, la porte s'ouvrit et laissa apparaître une femme, qui se présenta immédiatement.
"Bonjour ! dit-elle, vous devez être M. Pagelle ?
__ Oui, c'est moi ! répondit Steven.
__ Je me présente : je suis Mme Beats !"
Jamais Steven n'avait imaginé Mme Beats comme ça. C'était une femme séduisante, qui semblait avoir environ quarante ans. Elle portait un chemisier à fleurs, qui la rendait gracieuse, avec une jupe, qui lui avantageait ses formes.
"Entrez, M. Pagelle ! demanda Mme Beats.
__ Je vous remercie de m'accueillir ! remercia Steven, et s'il vous plaît, appelez-moi Steven. Je n'ai jamais pu supporter qu'on m'appelle par mon nom de famille, Sauf si cela vous dérange.
__ Aucun problème Steven ! Appelez-moi Sarah !
__ Marché conclu ! Bon. (Steven reprit son sérieux.) Si vous me racontiez pourquoi votre mari voulait tant me voir ?
__ Bon, mais avant, je veux vous présenter mon fils, Funky."
Elle ajouta tout bas :
"Ne faites pas attention à sa taille, il est très grand !"
Sarah Beats appela son fils, qui ne tarda pas d'arriver. Ce fut un garçon de plus de deux mètres qui apparut devant Steven. Funky était coiffé d'un énorme punk qui lui rendait un air vraiment sympathique. Il avait un piercing sur l'arcade gauche. De plus, ce que Steven n'avait pas remarqué tout de suite, Funky avait deux grosses cicatrices sur le visage, une qui traversait l'œil gauche, mais l'œil n'était pas percé, ce qui fut un grand mystère pour Steven. La deuxième cicatrice se trouvait au plein milieu de sa joue droite.
"Enchanté de vous connaître ! dit gentiment et calmement Funky. Je me présente, Funky.
__ Je suis tout aussi enchanté que toi que de te rencontrer ! répondit poliment Steven. Maintenant, si vous me racontiez ce qui se passe chez vous ! Veuillez m'excuser si je vais droit au but, mais la dernière aventure que j'ai eue dans un château s'est mal déroulée et je suis assez impatient !"
La suite des évènement surprit tellement Steven qu'il crut tomber dans les pommes durant une seconde ou deux.
"Vous voulez parler de David ?" demanda Funky.
Steven était cloué sur place et ne savait plus quoi dire, il ne savait même plus où il était. Heureusement, après quelques secondes, Steven put dire :
"Comment sais-tu cela ? Comment es-tu au courant de cette histoire ?
__ Je n'en sais rien ! répondit Funky. Quand je vous ai serré la main, j'ai reçu comme une drôle de sensation. Mais après, j'ai compris pourquoi vous aviez peur, qu'est-ce qui vous terrorise tant dans les châteaux. Excusez-moi si je vous ai fait un choc, mais c'est toujours plus fort que moi ! Il faut toujours que je mêle de ce qui ne me regarde pas…"
Steven était abasourdi. Comment un gosse de son âge pouvait-il parler d'un don qu'il possédait de cette façon, sans être choqué ? Funky semblait plutôt habitué par son don.
"Funky peut voir comment sont les gens rien qu'en leur serrant la main ! affirma Sarah Beats qui regardait son fils avec une grande attention.
__ Donc ce que vous me demandez de faire, c'est de deviner pourquoi votre fils a un « don » ? demanda Steven à Sarah.
__ Non, non ! répondit-elle. Si mon mari tenait tellement à vous voir, c'est que nous entendons de drôles de bruits les nuits chez nous ! Et d'après ce qu'on nous a dit, nous ne sommes pas les seuls à entendre ça !
__ Quels genres de bruits entendez-vous ? demanda Steven, très intéressé. Et quand les avez-vous entendu pour la première fois ?
__ Les bruits ont commencé à la mort de notre chien de famille, Grofer, qui a été écrasé par un camion juste devant chez nous. C'était il y a… (Sarah réfléchit.) Je pense que ça s'est passé il y a environ trois ans et demi. Les nuits, parfois, nous entendions notre chien japper ou gratter après notre porte de chambre. Puis Funky a commencé à pouvoir voir les sentiments, les peurs, les actions qui ont été faites par le passé."
Sarah sourit à son fils, qui le lui rendit.
"Vous voulez dire que depuis trois ans, vous entendez votre chien japper ? interrogea Steven.
__ Non, répondit Funky. Les jappements ont cessé, pour laisser la place à divers autres bruits ou divers autres phénomènes paranormaux, comme la télécommande qui se lève toute seule pour changer de chaîne, ou…"
Funky s'interrompit, et désigna la télécommande.
"Regardez bien !" dit-il.
Steven la regarda, et au bout de quelques secondes, elle pivota en l'air. La télé s'alluma et changea de chaîne cinq fois de suite. La télécommande se reposa et Steven crut entendre un juron. Il essaya de dire que c'était son imagination. Puis il se frotta les mains et ajouta :
"Je crois que je vais avoir du boulot ! Mais permettez-moi de consulter toutes les autres personnes qui ont les mêmes problèmes que vous ?
__ Bien entendu ! dit Sarah. Quand mon mari a proposé de venir vous voir, la plupart des habitants étaient d'accord. Alors, mon mari est venu au nom de Santy-New-City !
__ Bon, savez-vous s'il y a un hôtel près d'ici, que je puisse dormir, et un restau…
__ Ne vous en faites pas pour ça ! le coupa Sarah. Je vous ai réservé une chambre d'amis. Et pour les repas, vous pourrez manger chez nous tant que vous voulez !
__ Je vous remercie !"
Après avoir mangé et discuté avec Sarah Beats, Steven décida d'aller se coucher, car une grande journée l'attendait demain, il devrait discuter avec les habitants du village, et en priorité avec Funky, ce garçon étrange et plein de mystère.

Steven mit beaucoup de temps à s'endormir, malgré le confort qui avait été mis à sa disposition dans la chambre d'amis qu'on lui avait gentiment offerte. Tout se chamboulait dans son esprit. Funky en particulier. Ce garçon d'à peine quinze ans et qui semblait en avoir beaucoup plus mentalement. Quel mystère allait-il découvrir en lui ? Cette question lui revint tout au long de la nuit. Malgré tout, il parvint tout de même à s'endormir.

3

Le lendemain, quand Steven se réveilla, il faisait très chaud dans la chambre. Steven se rendit compte qu'il était en nage. Il pensa que c'était peut-être à cause des cauchemars qu'il avait dû faire. Il se leva et regarda sa montre. Il n'était que dix heures, ce qui lui laissait le temps de commencer son enquête. Lorsqu'il sortit de la chambre, Steven vit Funky et sa mère en pleine discussion. Ils s'interrompirent lorsqu'il leur dit bonjour.
"Bonjour Funky, bonjour Sarah ! dit-il.
__ Bonjour ! répondit Funky gentiment. Avez-vous passé une bonne nuit ?
__ Oui, mais il fait assez chaud !"
Sarah se leva pour lui apporter son café. Steven le but en silence tout en réfléchissant. Sarah partit un quart d'heure plus tard pour participer à une réunion. Elle laissait donc Steven et Funky ensemble, ce qui leur permettrait de discuter un peu. Funky demanda :
"M. Pagelle, voulez-vous que je vous présente mes amis ? Ils sont très gentils et ils ont eux aussi quelques problèmes de bruits les nuits.
__ D'accord Funky, mais s'il te plaît, appelle-moi Steven !"
Funky acquiesça et sortit d'un placard deux casques et lui indiqua une porte.
"Cette porte mène au garage, de là, nous pourrons sortir. Savez-vous conduire une moto ?
__ Oui, j'en ai une chez moi.
__ Bien, je vais vous en prêter une !"
Funky et Steven descendirent donc au garage, et Steven fut étonné par les motos qu'il y avait ici. Elles étaient toutes rouges avec des flammes sur le devant. Funky ouvrit la porte électrique du garage et sortit en premier en traînant sa moto à côté de lui. Steven fit de même et alluma le moteur. Ils partirent tous les deux à toute allure. Steven eut l'impression de redevenir un gamin, en grillant les feux, en laissant sur place d'autres motards ou en dérapant quand il fallait s'arrêter.

Funky ralentit et se gara devant une vieille école, qui semblait abandonné. Steven s'arrêta et demanda :
"C'est ici, votre point de rencontre ?
__ Non, c'est ici que mon vrai père est mort. J'avais que dix ans. Il est mort dans mes bras."
Funky redémarra le moteur de sa moto et démarra. Steven ne savait pas quoi dire sur le moment. Il préféra faire comme Funky et le suivre. Au bout de quelques kilomètres, Funky s'arrêta de nouveau et Steven put apercevoir quelques jeunes. Un des jeunes faisait lui aussi plus de deux mètres. Les trois autres étaient de taille à peu près normale.
"Salut les gars ! dit Funky.
__ Ah Funky, tu nous ramènes de la nourriture ? ironisa le garçon de plus de deux mètres.
__ Que personne n'y touche ! cria Funky sur un ton que Steven ne l'aurait jamais cru capable. Lui, c'est mon pote et il va m'aider !"
En l'entendant, les jeunes se turent et acquiescèrent en silence.
"Bon, les gars, ce mec, là, il s'appelle Steven Pagelle. Et ce mec va sûrement nous sortir du pétrin dans lequel nous nous trouvons dans cette fichue ville !
__ Moi je m'appelle Jeece Natu, déclara le garçon de plus de deux mètres.
__ Moi c'est James Night ! dit à son tour un jeune qui avait une boucle d'oreille en forme de feuille de cannabis.
__ Quant à moi, c'est Davils Eighet ! Et voici Max Choizer. Il ne peut pas vous dire son nom car il ne peut pas parler…"
Steven leur serra la main. Funky s'alluma une cigarette et tendit son paquet à Steven.
"Merci bien ! dit Steven en prenant une cigarette.
__ Bon, je me sens généreux, dit Funky, je vous en paye une chacun."
Funky leur paya donc tous une cigarette. Tout le monde en prit une sauf Max Choizer, Steven pensa qu'il avait assez de problèmes de gorge comme ça. Max sortit quelque chose de sa poche mais Steven n'aperçut pas ce que c'était dès le début. Ça avait la forme d'une barrette et Steven réagit que Max se préparait à rouler un « joint ». Steven détourna les yeux et essaya de penser à autre chose. Funky lança un regard d'étonnement à Max et demanda :
"Qu'est-ce que tu fais, Max ?"
Max fit le geste d'allumer sa préparation et Funky comprit. Steven demanda son "joint" et ajouta :
"J'ai jamais essayé, alors pourquoi pas !"
Max lui passa le joint et Steven se sentit mieux pour le reste de la journée, du moins, c'est ce qu'il pensait. En rentrant au château de Funky, il alla aux toilettes à toute vitesse et vomit toutes ses tripes. Ensuite, après que Funky lui ait amené des médicaments et des remèdes de grand-mère, Steven alla se coucher et ne se réveilla qu'à trois heures de l'après-midi.

Steven crut bien y rester lorsqu'il se réveilla, sa vue était troublée et il entendait toutes sortes de bourdonnements dans sa tête. Funky entra dans la pièce, accompagné de sa mère qui avait l'air complètement épuisée de sa journée de travail. Elle semblait avoir pleuré mais Steven remarqua que ce n'étaient que des ombres qui se reflétaient sur son magnifique visage. Il se leva et Funky lui adressa un sourire, et il comprit ce que ça voulait dire.
"Steven ? M. Pagelle ? Tout va bien ? demanda Sarah Beats.
__ Oui… Enfin je crois ! répondit Steven, je ne sais pas ce qu'il m'a pris ! J'allais bien et d'un coup je suis tombé malade !
__ Ca va mieux ? interrogea Funky.
__ Oui, beaucoup mieux ! Bon, j'ai du travail, alors je vais y aller…"
Steven sortit donc du château et le contempla pendant quelques minutes. Le château était énorme, peint en un marron très clair. Il y avait quatre étages qui devaient compter une quinzaine de pièces chacun. Ce château était presque le même que celui où Steven avait vu pour la première fois un fantôme. Steven avait dix ans de moins. Il y avait eu un meurtre, Steven et David, son ancien coéquipier, avaient été envoyés ici pour enquêter. Les trois premiers jours s'étaient déroulés normalement, avec les interrogations de témoins, les recherches d'indices et tout le truc habituel qui avait tendance à vite gonfler Steven. Mais le quatrième jour, David s'était réveillé en pleine nuit pour dire à Steven qu'il avait entendu de drôle de bruit. Ça venait du salon. Ils descendirent et virent une chose horrible. La propriétaire des lieux était complètement nue et se baladait dans la pièce. Dès qu'elle les aperçut, elle hurla :
"ÊTRES REPUGNANTS, VOUS ALLEZ PAYER D'AVOIR TROUBLÉ MON REPOS !!!!!"
Sur quoi, elle s'envola et disparut. Elle réapparut derrière David et lui transperça le ventre d'un coup de poing. Il s'envola à son tour dans les airs et explosa d'un coup, avec un bruit que Steven n'aurait jamais cru entendre. La propriétaire réapparut, le sourire aux lèvres, et dit tout en se caressant les seins :
"Steven, je t'aime, viens me faire l'amour !"
Steven ne sut que faire et réfléchit tout en gardant des yeux le fantôme. Il décida de brûler la maison. Il remarqua un énorme chandelier éclairé par des bougies. Il se demandait comment elles avaient pu être allumées aussi haut. Il sortit son pistolet et tira quelques coups sur le fantôme, sans espoir. Le fantôme se dissipa pour enfin réapparaître quelques mètres plus loin.
"Tu veux me tuer ? Salaud ! Pourquoi ne m'as-tu jamais aimée ?" hurlait-elle.
Steven tira sur l'énorme chandelier qui fit un énorme raffut en s'écroulant. En tombant, il arracha la table du salon et elle fut projetée sur Steven. Il la reçut en plein dans son bras droit. Sous la violence du choc, Steven put entendre ses os se briser, et en un coup d'œil, il vit que son bras pendouillait dans le vide et que l'os sortait de la peau. Il s'évanouit. Quand il se réveilla, il faisait chaud, très chaud. Le château était en feu, il ne devait donc pas tarder pour sortir d'ici en vie. La porte du salon était ouverte et il l'emprunta. Son bras lui faisait mal, horriblement mal. Quand il fut dehors, il s'évanouit à nouveau.

Steven emprunta une des motos de Funky et se rendit chez les Natu, qui semblaient eux aussi entendre du bruit les nuits. Leur maison était jolie, sans atteindre la taille de celle des Beats. Il sonna à la porte. Ce fut un homme qui ouvrit. Steven demanda :
"Je suis bien chez M. et Mme Natu ?
__ Oui, qu'est-ce que vous nous voulez ? se méfia M. Natu.
__ Je reviens de chez Sarah Beats, qui a dit que le village avait comme des problème de… Comment pourrais-je dire ?
__ Vous êtes M. Pagelle ? demanda Mme Natu, qui venait d'arriver.
__ Oui, c'est moi-même ! dit Steven.
__ Mais entrez donc ! s'excusa le mari, je ne savais pas que vous étiez déjà au village !
__ Nous nous présentons, proclama M. Natu. Je m'appelle John, et ma femme se nomme Cynthia.
__ Quant à moi, je me prénomme Steven.
Steven entra donc et les Natu lui servirent un whisky. Il leur expliqua le problème des Beats, notamment celui de Funky. Les Natu étaient au courant de toute l'histoire, et regrettaient que Valentin Beats se soit retrouvé en prison pour tout le village. Steven demanda :
"Quel est votre problème John ?
__ Tout a commencé l'année dernière, le jour de l'enterrement de ma mère. Nous étions en deuil. Mais pas les fantômes, ce jour-là. La nuit fut horrible. Nous entendions des voix, qui disaient que ma mère avait mérité ce qu'il lui était arrivé. Les voix disaient aussi que maintenant, ma mère pouvait toujours autant se faire des mecs qu'auparavant, car l'Enfer permet à tous de se reposer, ou je ne sais plus trop quoi…"
Le cas des Natu était totalement différent de celui des Beats même si les acteurs du phénomène étaient tous des fantômes. Steven réfléchit et décida de s'en aller pour aller voir d'autres personnes du village. Après avoir poliment remercié les Natu, Steven partit en direction des Night, des Eighet, des Choizer et tous les autres.

Quand il rentra au château, Steven était épuisé. Il avait ramené plusieurs types de cas de paranormal. Un l'avait particulièrement fait frissonner, celui des Choizer, qui voyaient leur frère décédé, qui avait longtemps cohabité avec eux, se promener tranquillement chez eux, faire la vaisselle, prendre des douches…
Steven discuta avec Sarah pendant toute la nuit de l'histoire de Santy-New-City. Sarah lui expliqua que c'était juste un camp de fermiers qui s'étaient installé ici le siècle dernier. Rien de plus. Cela intriguait Steven. Il demanda à Sarah si elle ne possédait pas un ordinateur relié à Internet, pour qu'il puisse effectuer quelques recherches.
"Oh, mais si ! répondit-elle. J'en ai cinq reliés en réseau pour que Funky puisse s'amuser avec ses copains."
Steven monta à l'étage, à « la salle de Players gamers », comme Funky l'avait nommée auparavant. Les ordinateurs qu'il trouva semblaient tous être du dernier cri. Il en choisit un et l'alluma. Il se connecta et rechercha Santy-New-City. Il ne trouva absolument rien, ce qui l'étonna. Il décida donc de téléphoner à son poste de police. Il prit son portable et composa le numéro de son coéquipier.
"Allô Damien ? dit-il. C'est Steven à l'appareil, comment vas-tu ?
__ Salut Steven ! s'écria Damien. Alors comment est-ce, Santy-New-City ?
__ Assez étrange, mais les gens sont amicaux ! Du nouveau dans l'affaire du procureur ?
__ Oui, M. Beats a été relâché. Le procureur est mort durant la nuit d'une crise cardiaque.
__ Crise cardiaque ? T'es sûr ?
__ Oui, d'après sa femme, il souffrait d'hallucinations, de pertes de mémoire et de cauchemars incessants.
__ Ce qui explique pourquoi il avait l'air terrorisé quand on l'a retrouvé.
__ Oui.
__ Bon, je vais te lais… Oh non, j'ai un énorme service à te demander !
__ J'en étais sûr que tu ne m'appelais pas pour l'affaire du procureur !
__ Ah ? Oui, pourrais-tu me faire des recherches sur Santy-New-City ?
__ Que tu peux être chiant comme mec ! J'suis en congé pour le moment. Pourquoi ne vas-tu pas sur Internet ?
__ Parce que y'a que dalle sur Internet à propos de Santy-New-City. On dirait que c'est trafiqué, car un village de plus de six mille habitants, qui propose beaucoup de services culturels ou sportifs, et qui, de plus, possède une énorme équipe de basket-ball ne peut pas passer inaperçu de cette manière, tu ne crois pas que j'ai raison d'avoir des doutes ?
__ Ouais, bon j'ai encore deux jours de congé, alors dès que je retourne au boulot, je te cherche des infos et ensuite tu me fous la paix ?
__ Aucun problème, je te remercie ! Je te revaudrai ça !"
Sur quoi, il raccrocha, ravis de peut-être avoir des infos sur cette mystérieuse ville. Soudain, Funky entra dans la pièce. Steven lui dit :
"Ton père va revenir bientôt, je pense.
__ Comment pouvez-vous en être sûr ? demanda Funky.
__ Il vient d'être innocenté, car le procureur a eu une attaque cardiaque, donc ton père n'y est pour rien.
__ Je suis soulagé, j'aurais mal vu le père qu'il me reste devenir un criminel. Je crois que je ne l'aurais supporté."
Funky se frotta les yeux et s'en alla en disant bonne nuit à Steven. Steven fut étonné car il n'était que six heures de l'après-midi. Steven descendit et lut le journal. En gros titre, on parlait d'un accident de voiture. Steven décida de lire l'article. Il disait :
"Hier, à seize heures trente, un étrange accident a surpris toute la ville. M. Petit, un Français de passage à Santy-New-City, circulait sur la route 12. Il roulait à une vitesse de cinquante miles par heures et devait se rendre à la librairie pour rejoindre sa femme. D'après sa déclaration, il affirme avoir vu une femme à côté de lui, sur le siège du passager. Il déclare aussi avoir vu deux hommes armés sur les sièges arrière. Ensuite, avec l'effet de surprise, il déclare avoir perdu le contrôle de son véhicule et heurté une voiture rouge, dont le chauffeur tient à garder l'anonymat, qui arrivait en sens inverse. Le chauffeur de la voiture rouge affirme lui aussi avoir vu quelqu'un dans la voiture disparaître de la voiture de M. Petit qui ne souffre que de simples brûlures et d'une jambe cassée. La police de Santy-New-City ne sait plus quoi faire, car c'est le troisième accident de la sorte en un mois."
Steven décida d'aller voir M. Petit à l'hôpital, mais constata qu'il était maintenant huit heures du soir. Il reporta son rendez-vous au lendemain.

4

Steven se réveilla difficilement ce matin-là. Il avait encore fait des cauchemars toute la nuit. Funky entra dans la chambre et demanda :
"Je vais au cimetière, veux-tu venir avec moi ?
__ Ok, je m'habille, je bois un café en vitesse et on y va, ok ? répondit Steven.
__ D'accord."
Funky avait une mine étrange. Steven prit son café, s'habilla et ils partirent en direction du cimetière. Arrivés là-bas, Funky s'agenouilla auprès d'une tombe et marmonna quelques mots, que Steven ne put entendre. Steven s'approcha.
"J'aimerais beaucoup revoir mon père, mais vivant, déclara Funky.
__ Oui, je comprends ! le réconforta Steven. Ma fille est morte il y a de cela quatre ans. Elle avait six ans…
__ Je suis désolé pour vous ! dit sincèrement Funky. Voulez-vous que je vous raconte son histoire ?
__ Si tu en as réellement envie, alors vas-y, je suis tout ouïe."
Funky jeta un dernier regard vers la tombe de son père et respira un grand coup.
"J'avais dix ans, commença t-il, l'école organisait une fête et je m'y étais rendu avec mon père. Tout se passait pour le mieux. Nous avions même gagné un prix pour le concours de rot (Funky sourit). Vers onze heures du soir, alors que nous allions rentrer à la maison, un homme est rentré dans l'école, une arme à la main. Il avait l'air complètement bourré et il demandait la caisse de l'école. J'ai appris peu après que la somme qu'elle contenait était très importante. Donc, cet homme voulait la caisse. Mon père a commencé à lui parler et l'homme l'écoutait tranquillement, au début. Puis au bout d'un moment, deux flics sont entrés dans l'école et lui ont tiré dessus. L'homme a donc pris mon père en otage et a dit aux flics de jeter leurs armes par terre. Mais ces deux connards de flics ne l'ont pas écouté, alors l'homme a descendu mon père sans rancune. L'homme a ensuite été abattu, recevant au total plus de vingt balles mais c'était trop tard mon père était mort, et il me laissait dans le chagrin, la dépression et la haine des flics."
Il ajouta :
"Je ne dis pas ça pour toi !"
Steven savait que Funky ne mentait pas, car il avait vu quelques larmes couler sur le visage de Funky pendant qu'il racontait son récit. Funky, après avoir essuyé ses larmes, dit :
"Deux ou trois ans après, ma mère a rencontré Valentin, que je considère comme mon père, car il m'a très bien soutenu. Au début, je ne l'aimais pas, mais Valentin a fait preuve d'une grande patience et il m'a aimé de tout son cœur. La première fois que je l'ai serré dans mes bras, j'ai ressenti une très étrange impression et il m'a dit après qu'il m'avait donné une partie de son don, pour que je sache quels gens me veulent du bien, et quels gens me veulent du mal. A son contact, j'ai ressenti qu'il ne me voulait aucun mal, au contraire, qu'il voulait tout faire pour me donner autant d'amour que mon père l'avait fait. Je n'y croyais pas au début, je pensais juste que c'était encore un de ces beaux-pères qui tapent sur leurs enfants ou un de ces beaux-pères qui ne pensent qu'au cul.
__ Qu'as-tu ressenti à mon égard ? demanda Steven.
__ J'ai ressenti que tu voulais m'aider, car le dernier château que tu as visité a bien failli te tuer."
Funky fit un geste de la main, en direction du parc d'attraction, qui se situait à quelques kilomètres d'ici, mais qu'on apercevait facilement grâce à la grande roue ou au Grand Huit. Steven aperçut que Funky avait retrouvé son sourire, et il ne put s'empêcher de sourire lui aussi.
"Ca te dit un tour de manège par-ci par-là ? demanda Funky.
__ Oh oui ! répondit Steven, voilà bien longtemps que je n'ai pas fait le fou sur des machins pareils !"
Ils prirent leurs motos et partirent en direction du parc d'attraction. Arrivés sur les lieux, ils aperçurent qu'il n'y avait pas beaucoup de monde, ce qui signifiait pour eux « double éclate ».
"On commence par quoi ? demanda Steven.
__ Par le Grand Huit !" s'écria Funky.
Après avoir attendu un peu à la file d'attente, ils s'installèrent en première place, pour mieux profiter du spectacle. Le Grand Huit démarra, et le train monta la première montée. Steven sentit déjà son ventre gargouiller de frisson. Après quelques minutes de descentes vertigineuses et de montées à deux à l'heure, Steven aperçut quelqu'un sur le chemin du train. Il aperçut en fait deux personnes, un homme et une femme d'après ce qu'il réussit à voir. L'homme était vêtu d'une combinaison d'Armée, et la femme était complètement nue. La femme semblait totalement effrayée. Funky les aperçut et cria en les montrant du doigt. D'autres personnes les aperçurent eux aussi et Steven entendit des cris. Le train s'approcha des personnages et Steven hurla. Au contact du train, ils se dissipèrent et Steven sentit un air terriblement froid à leur contact. Malgré cela Steven hurlait toujours, tout comme Funky. Ils se retournèrent mais il n'y avait plus personne. Steven sentait que son cœur tapait à fond, quant à Funky, il transpirait de peur. À la fin du manège, ils descendirent en vitesse et rentrèrent au château plutôt que d'essayer d'autres attractions. Steven ne pouvait pas enlever l'image de la femme nue terrorisée de sa tête.

Une heure plus tard, Steven se rappela qu'il avait décidé d'aller voir M. Petit, qui était à l'hôpital. Il s'y rendit donc, en ayant toujours en tête la vision des deux personnages sur le Grand Huit. A l'accueil, on le conduisit à la chambre 309, qui n'était pas trop loin, heureusement. Steven frappa à la porte.
"Entrez !" fit une voix qui avait un fort accent qui rappelait celui de Damien Galler.
Steven entra et il découvrit M. Petit, allongé sur son lit, qui était heureusement seul dans la chambre. Steven lui demanda :
"Pourrions-nous parler de ce que vous avez vu lors de votre accident ?
__ Pourquoi voulez-vous en parler ? répondit hargneusement M. Petit. Vous voulez vous foutre de ma gueule, tout comme l'on fait beaucoup d'autres journalistes avant vous ? Je vous préviens, si j'entends UNE seule provocation, je descends du lit, et je vous pète la gueule !
__ Non, n'ayez aucune crainte, je ne suis pas ici pour me foutre de votre gueule, bien au contrai…
__ Vaudrait mieux pour vous !
__ Donc, je disais, je suis ici pour parler de ce que vous avez vu. Pouvez…
__ Dépêchez-vous, que je me barre de cette satanée ville hantée ! J'espère qu'ils vont bientôt me laisser sortir de cet hôpital où on entend toutes les nuits des gémissements ! Oui monsieur, pas la peine de faire les gros yeux ! Toutes les nuits, j'entends des cris, des voix dans une langue que je ne connais pas.
__ Pourriez-vous enfin me parler de votre accident, et ensuite nous parlerons de cet hôpital ?
__ D'accord, d'accord ! C'était étrange, j'écoutais de la musique, une vieille chanson allemande, je crois, je chantais faux, comme d'habitude et je décide de m'allumer une clope, quand soudain, sur les sièges arrière, j'entends siffloter. Je me retourne et qu'est-ce que je vois, deux hommes, habillés en tenue militaire, ils tenaient une grosse mitrailleuse dans leurs mains. L'un des deux fumait, mais aucune fumée ne sortait de sa bouche. Et ensuite j'aperçois à côté de moi une femme. Elle était nue, si je me souviens bien."
Steven réfléchit et décida d'un coup de s'en aller pour téléphoner à Damien Galler. Il laissa une carte à M. Petit et retourna au château. Quand il rentra, Funky l'attendait :
"Qu'a dit M. Petit ? demanda-t-il.
__ Il a dit qu'il a vu la même chose qu'on a vue ce matin, sur le Grand Huit. Sauf qu'ils étaient deux hommes et une femme."
Funky réfléchit et rentra dans sa chambre. Steven chercha son portable dans sa poche, et dès qu'il l'eut trouvé, il appela Damien.
"Allô Damien ? dit-il.
__ Steven, j'allais justement t'appeler ! s'écria Damien. J'ai trouvé un truc, je crois bien ! Certaines personnes de Santy-New-City ont exposé leur problème sur le Net. En moyenne, leurs problèmes ont commencé depuis environ trois ans.
__ C'est ce que j'ai calculé aussi !
__ Mais devine quoi ? Il y a trois ans, la famille Choizer s'installe à Santy-New-City ! Comme par le plus grand des hasards !
__ Bien je vois que tu as fait du bon travail ! J'irai voir ces Choizer demain. Mais avant, je veux que tu me trouves des infos sur eux, leur nationalité, qui m'intéresse en particulier, ou je…
__ J'ai déjà fait les recherches ! le coupa Damien. J'étais sûr que si je m'arrêtais à ce stade là des recherches, tu me ferais chier avec les détails, alors j'ai continué tout seul pour avoir la paix !
__ Très très bien, mais dis-moi, qu'as-tu trouvé ?
__ J'ai trouvé qu'ils sont allemands, qu'ils sont les ancêtres d'une riche famille allemande qui coopéra avec la construction du premier camp d'extermination, en Allemagne.
__ A ton avis, est-ce qu'il y a des chances que ce soit à Santy-New-City que le premier camp d'extermination fut construit !
__ Officiellement non. Je ne sais plus où le premier camp a été construit, mais sûrement pas à Santy-New-City ! La ville ne serait certainement pas célèbre comme ça si le premier camp avait été sous tes pieds !"
Steven réfléchit, sortit une cigarette de son paquet et fuma.
"Dis-moi, dit Damien. Ne serais-tu pas en train de fumer ?
__ Si ! répondit Steven.
__ C'est bien ce qu'il me semblait ! Je sens l'odeur d'ici ! (Damien rit un bon moment, tout comme Steven, puis il reprit son sérieux). Ca se passe comment là-bas ?
__ C'est vraiment une ville très mystérieuse ! J'ai été voir un gars, un Français si je me souviens bien, qui avait eu un accident de voiture ! Tu ne devineras jamais ce qu'il dit avoir vu ! Deux hommes armés dans sa voiture ! Et une femme complètement nue.
__ Et tu le crois ?
__ Oui, car hier, j'étais au parc d'attraction avec le fils de Valentin, qui s'appelle Funky. Le petit voulait se changer les idées. On est monté dans le Grand Huit, et au bout de quelques descentes à fond la caisse, j'aperçois un homme armé sur les rails et une femme nue. Quand le train leur a foncé dessus, ils se sont carrément dissipés dans l'air. Funky les as vus aussi, comme tous ceux qui étaient dans le train avec nous !
__ Tu crois que ça a une explication ?
__ Je ne sais pas, et pour le moment, je dois aller voir les Choizer. Ils m'ont dit qu'eux aussi avaient des problèmes.
__ Je vois que tu ne chômes pas !
__ Oui, mais ce sera très long à démasquer s'il y a une supercherie ou si les fantômes hantent bel et bien cette ville !
__ Bon, je vais te laisser à ton travail ! J'essaierai de te contacter demain, ok ?
__ Ok ! Alors, à demain !
__ Tchâo ! Ah oui, j'oubliais ! Vaudrait mieux pour toi que t'appelles ta femme avant qu'elle te rejoigne pour te botter le cul !
__ Merci du conseil !"
Il raccrocha. Il réfléchit au fait que les Choizer aient emménagé et que les problèmes aient commencé juste après. Il se demanda si le fait qu'ils soient descendants d'une famille allemande qui a collaboré au premier camp, ait le moindre rapport. Il décida de téléphoner à sa femme.
"Allô chérie ? dit-il.
__ C'est que maintenant que tu m'appelles ? rétorqua sa femme d'un ton sec et brutal. Tu te fiches de moi OU QUOI !
__ Chérie, voyons, calme-toi ! proclama-t-il. J'ai beaucoup de boulot, les gens ici ont pratiquement tous besoin d'aide et je…
__ ET MOI ??? J'ai besoin de toi, moi aussi ! Je t'ordonne de rentrer à la maison que je puisse enfin te revoir !
__ Je ne peux pas quitter mon boulot comme ça ! Tu le sais très bien !
__ Je veux que tu rentres à la maison, sinon…
__ Sinon quoi ? Tu penses peut-être pouvoir m'obliger à rentrer alors que mon aide est nécessaire ici ?
__ Oui, je t'ordonne de rentrer, tu m'entends ? Si tu n'es pas rentré demain, je…
__ Pour une fois, FERME TA GRANDE GUEULE !!!"
Il raccrocha. Il respira un grand coup. Cela faisait longtemps qu'il souhaitait dire ça à sa femme, car elle voulait tout le temps avoir le dernier mot, mais cette fois, elle avait fermé son clapet. Steven sourit et alla se coucher. Il éteignit son portable car sa femme était capable de l'appeler à n'importe quelle heure.

Steven se réveilla en sueur en plein milieu de la nuit. Il avait rêvé de David et des Choizer. Les Choizer avaient enfermé David dans une cage où il le menaient à des expériences horribles. David était disséqué, brûlé, tranché et troué de toutes parts. Il était complètement méconnaissable, mais Steven l'avait reconnu à sa voix. David lui disait de sauver Santy-New-City.

En prenant son petit-déjeuner, Steven s'aperçut que Funky avait pleuré.
"Que t'arrive-t-il ? demanda Steven.
__ J'ai vu mon père ! déclara Funky. Il m'a parlé toute la nuit. Il me disait de t'aider de tout mon possible pour que les morts de Santy-New-City puissent enfin trouver le repos qu'ils attendent depuis tant d'années. Il y a quelque chose qui les bloque, mais ils ne savent pas ce que c'est."
Funky décida de changer de sujet.
"Ça te dirait de faire un tour en ville ?
__ Pourquoi pas ?"
Ils prirent les motos. En sortant du château, ils découvrirent qu'il y avait du brouillard. Mais ce n'était pas un brouillard habituel. Il était plutôt rouge sang que le blanc habituel. A leur plus grande surprise, la ville était complètement déserte.
"Mais où sont tous les gens ? demanda Steven.
__ C'est parti, répondit Funky. Le bordel commence, c'est mon père qui me l'a dit. Les morts se rebellent.
__ Hier, quand j'ai téléphoné à mon coéquipier, il m'a dit que le bordel, comme tu l'appelles, a commencé depuis que la famille Choizer a emménagé ici. Ça te dirait de faire un tour chez eux ?
__ Ok."
En route, ils virent des tas de choses étranges. Comme le vélo d'un gamin qui roulait tout seul, alors qu'en s'approchant, on pouvait entendre des rires. Ou comme les volets d'une maison qui s'ouvrent et se referment tout seul. La maison des Choizer semblait en piteux état. Les volets étaient arrachés, tout comme les fleurs et les pavés de l'entrée. La porte était grande ouverte. Steven entra le premier, suivi de Funky. Le salon était en désordre complet, comme si on s'était battu avec un énorme acharnement.
"Tout ça, c'est de ta faute !!! hurla une voix.
__ Va te faire foutre !!! Salope !!!"
Steven crut entendre des coups et se dépêcha de monter vers la source des bruits. Il entra dans une pièce et découvrit M. Choizer et Mme Choizer, qui s'engueulaient.
"Que se passe-t-il ? demanda Steven.
__ Qui vous a dit d'entrer chez nous ??? hurla M. Choizer.
__ C'était ouvert, et vu l'état de votre maison, je me suis dit que vous auriez peut-être besoin d'aide !
__ Sortez de chez moi ! Avant que je vous troue la peau !!!"
M. Choizer sortit de sa poche un neuf millimètres et le pointa en direction de Steven. Mme Choizer se jeta sur son mari en hurlant :
"Tu crois pas que t'as déjà assez foutu le bordel comme ça ?"
Le mari donna un gros coup de crosse à sa femme, qui s'écroula avec une énorme giclée de sang. Steven se jeta à son tour sur le mari et lui arracha son arme des mains. Funky, qui avait suivi, le plaqua à terre. Il le mit sur le dos et l'empêcha de bouger. Steven prit l'arme et la jeta plus loin. Ce fut Mme Choizer qui la prit.
"S'il vous plaît, M. Pagelle, sortez d'ici ! dit-elle.
__ Mais pourquoi ? Je suis là pour vous aider ! Vous le savez bien !"
Elle ne le laissa pas finir sa phrase et appuya sur la détente. Steven reçut la balle sur la jambe. Il sentit la douleur lui paralyser la jambe. Il hurla. Funky se leva et décocha un énorme coup de poing à Mme Choizer, qui décolla sous la puissance du coup. Il prit l'arme et la pointa tour à tour sur le mari et la femme. Il sentit une présence dans son dos. C'était Max. Funky ne savait pas de quel côté il était. Funky se mit donc à l'opposé de la famille. Il traîna Steven en route, qui gémissait de douleur. Ce dernier réussit tout de même à se mettre debout. Il dévisagea du regard Max, qui le regardait aussi. Funky aperçut M. Choizer se relever dans un hurlement de douleur. Funky aperçut aussi qu'il tenait dans la main une bouteille cassée et ensanglantée. M. Choizer n'avait plus qu'un œil, l'autre ayant été crevé lorsqu'il était tombé sur la bouteille. M. Choizer se jeta sur Funky mais Max lui fit un croche-pied et il s'écroula encore. Infatigable, il se relevait toujours.
"Lance-moi le pistolet !" hurla Max.
Funky, sous la surprise d'avoir vu Max parler, ne sut pas quoi faire.
"Allez, envoie-moi le flingue !!!" hurla-t-il encore.
Funky lui lança donc le pistolet. Max le pointa sur son père, qui se releva en jurant.
"Comment oses-tu pointer cette arme sur ton père ???
__ T'es qu'un connard !!! se défendit Max. Pourquoi as-tu cogné maman avec le pistolet ?! Maintenant que t'as fait ça, je te considère plus comme mon père, tu comprends ? Alors ne t'approche pas de MOI !!!"
M. Choizer prit la chaise qui se trouvait à côté de lui et la balança sur son fils. Elle le heurta à la tête. Max s'écroula dans l'escalier et Funky l'entendit hurler. Soudain, tout le monde fut surpris de voir un homme traverser le mur. Cet homme avait l'air complètent indifférent, comme s'il ne les voyait pas. Cet homme était en tenue militaire. Il avait dans les bras une énorme mitraillette. Steven put apercevoir un symbole nazi sur son épaule. L'homme pointa son arme sur M. Choizer et fit feu. Il fit transpercer de tous les côtés. Max réapparut et tira sur l'homme, qui se dissipa en riant. Son rire était machiavélique. Max se précipita vers son père qui était déjà mort. Son âme se leva et regarda Max. L'âme avait un rictus qui fit frissonner Steven et Funky. Elle se dissipa en une onde de choc, qui propulsa tout le monde en arrière. Mme Choizer se leva et se précipita vers son mari décédé. Elle hurla de tristesse. Elle murmura :
"C'était de sa faute ! Il avait décidé de suivre la route de ses grands-parents."
Elle s'approcha de la fenêtre et sauta au travers. Elle se brisa la nuque en retombant dans le jardin. Max était maintenant orphelin.
"C'est fini ? demanda t il. Je vais enfin pouvoir dormir en paix, sans entendre tous les morts parler ?
__ Non, déclara Steven en le prenant dans ses bras. C'est loin d'être fini ! Il faut qu'on trouve l'endroit où ton père travaillait sur ce qui terrifie les morts…"

5

Une semaine passa. Les bruits se faisaient plus rare, mais ils persistaient. Steven avait appris, grâce à Damien, qui faisait un excellent travail, que les Choizer avaient souvent été renvoyés d'autres villages à cause de leur comportement satanique. Le père avait même fait de la prison, il avait interrompu un discours du maire d'une ville pour dire que le diable les baiserait tous. Il avait fini par s'en prendre au maire, lui cassant trois dents et le nez. Damien lui avait aussi dit que Max s'appelait en réalité Max Ash, il avait été abandonné à l'âge de deux ans. Max fut troublé lorsqu'il apprit ça. Son comportement avait beaucoup évolué ces derniers jours. Mais en apprenant ça, il s'était de nouveau replié sur lui-même, maudissant le Bon Dieu de lui avoir fait subir tout ça. Funky et Max étaient devenus comme des frères, ce fut donc normal que Max emménage au château. Ils s'amusaient de temps en temps ensemble, quand Max en avait l'humeur. Pendant trois jours, Steven avait cherché dans la maison des Choizer la moindre trace pour retrouver le lieu de travail du père. Mais en vain. Il avait même cherché dans les journaux intimes du père et de la mère, ce qu'avait d'abord refusé Max. Mais Steven avait réussi à le convaincre en lui disant que s'il ne trouvait pas très vite où son père travaillait, personne ne pourrait jamais dormir tranquillement. Malgré cela, les journaux intimes ne lui furent d'aucune aide.
"Où est-ce que ton père se rendait, souvent ? demanda Steven.
__ Au cimetière. Il s'y rendait souvent pour aller voir sa maman. Et ce n'est pas mon père ! s'énerva Max.
__ Bon, je vais aller jeter un coup d'œil ! dit Steven.
__ On vient avec toi ! J'aime l'aventure ! Surtout la chasse au mort !" s'écrièrent Funky et Max en chœur.
Ils partirent donc. Le cimetière était plutôt loin. En route, Funky décida de s'arrêter au plein milieu du trajet pour se fumer une cigarette. Le coin était superbe. Il y avait un lac, d'un bleu magnifique. Mais il y avait un peu de rouge, ce qui intrigua Funky :
"Dites, je rêve ou il y a du sang ? demanda-t-il.
__ Allons voir !" s'écria Max.
À mesure qu'ils s'approchaient du lac, ils entendaient de plus en plus de cris. Ils découvrirent un homme, transpercé par une branche d'arbre au niveau des intestins. Il hurlait toujours, de plus en plus fort.
"Monsieur, attendez, on va vous aider ! hurla Steven.
__ NON, NE T'APPROCHE PAS DE LUI !!! cria Funky.
__ Mais pourquoi, il va mourir si on le laisse là ! dit Steven.
__ Ce n'est pas grave ! Il est déjà mort !"
Steven se retourna vers l'homme et vit qu'il souriait. Funky avait vu juste. L'homme ne bougeait plus, sauf sa tête. Il s'enleva de la branche et Steven vit ses tripes qui traînaient derrière lui. L'homme les prit et les enfonça dans son ventre, tout en pouffant de rire. Mais il s'arrêta d'un coup, comme s'il venait de reprendre son sérieux.
"Aidez-nous ! hurla-t-il. Nous avons besoin de votre aide ! Nous allons souffrir sinon ! Et vous avec !
__ Mais nous ne savons rien, nous avons besoin de votre aide nous aussi ! rétorqua Steven.
__ Nous ne pouvons rien faire ou bien nous serons damnés à tout jamais dans cette répugnante ville de merde ! Ça fait déjà plus de trente ans que je suis ici, et je ne peux rien faire !"
L'homme commença à se dissiper.
"Prenez garde à son père ! dit-il en pointant du doigt Max. Il va tout faire pour que vous n'arriviez pas à nous sauver !"
Il disparut. Tout le monde se regarda. Ils reprirent la route, très prudemment. Au bout de quelques kilomètres, Steven freina car il venait d'apercevoir une femme nue qui pointait son doigt vers le cimetière. En voyant Steven s'approcher, la femme disparut.
"Je crois qu'on s'approche du but ! déclara Steven.

Ils s'approchèrent de la grille du cimetière. Malheureusement, elle était fermée. Steven l'escalada le premier, suivi de Funky et Max.
"Par où on commence ? demanda Funky.
__ Aucune idée, répondit Steven, as-tu une…"
Steven se coupa, car il aperçut une femme rentrer dans une tombe.
"Hep, madame !" appela Steven.
La femme ne se retourna même pas.
"Oh ! Vieille folle !" hurla Funky.
Cette fois-ci, elle se retourna et Funky fut désagréablement surpris par sa vision. Elle n'avait plus d'yeux et une partie de son visage était en lambeaux. Elle sourit, puis entra dans la tombe. Steven se dépêcha de regarder à qui appartenait cette tombe. Le nom avait été effacé, mais il n'y avait aucune trace de griffonnage. Steven regarda Funky, qui semblait ailleurs. En regardant là ou Funky regardait, Steven put apercevoir deux soldats armés, et ayant tous les deux une croix gammée sur le bras. Ils discutaient en allemand. Max, qui avait eu des relations avec des gens d'origine allemande, put traduire leur discussion. Les deux soldats disaient que si tout ça ne s'arrangeait pas très vite, les autres morts finiraient par tuer tout le monde pour espérer trouver le repos éternel. Les deux soldats disaient aussi qu'ils regrettaient ce qu'ils avaient faits.
"Qu'avez-vous fait ?" leur demanda Max.
Dès qu'ils entendirent Max, les deux soldats disparurent.
"Putain, je crois qu'ils veulent nous dire quelque chose, mais ils hésitent à nous dire quoi…
__ Tu n'es pas le seul ! J'ai senti aussi qu'il y a quelque chose de très grave qui les ronge."
Steven chercha tout autour de la tombe sans nom, mais ne trouva rien. Il chercha autour de toutes les tombes, mais le résultat fut le même que sur la première.
"On ferait mieux de s'en aller ! dit Funky.
__ Pourquoi, t'as senti quelque chose ? demanda Max.
__ On en parlera plus tard ! rétorqua Steven. On ferait mieux d'écouter Funky."
Ils se dirigèrent donc vers le grillage. Un homme sortit de terre dans le dos et leva la main d'un mouvement brutal. Le grillage s'ouvrit à une telle vitesse que personne ne le vit s'ouvrir. Il heurta Funky au visage, et Steven au ventre. Max, qui était un peu à la traîne, l'évita d'un bond sur le côté. Il se retourna et vit son soi-disant père.
"Max, comment as-tu pu laisser quelqu'un me faire du mal ? dit-il d'une voix qui semblait vouloir donner de la pitié à Max. Je suis ton père tout de même ! Fils indigne ! T'as toujours été qu'une grosse merde ! Ta mère me le disait souvent, quand elle buvait beaucoup ! AHAHAHAH !"
Une femme sortit de terre et Max reconnut sa tutrice, qui dit :
"Ne l'écoute pas, Max ! Même si je n'étais pas ta vraie mère, je t'ai toujours considéré comme mon propre fils !
__ T'en as fait une mauviette, c'est tout ce que t'as fait ! critiqua le tuteur.
__ Va te faire foutre ! dit très calmement Max. De toute façon, vous ne pourrez plus jamais me faire du mal !
__ C'est ce que tu crois ?" demanda le tuteur.
Il disparut et réapparut derrière Max, qui le cherchait partout. L'homme lui asséna un énorme coup de pied sur ses jambes. Max n'entendit plus rien à part ses os de ses jambes qui craquaient et le rire de son tuteur. Max ne pouvait plus bouger. « Je vais mourir ! » se dit-il. Par chance, une voiture se gara juste devant le grillage. Un homme, une femme et un adolescent en sortirent.
"Aidez-nous ! hurla Funky dans un cri de désespoir.
__ Nous avons besoin de vous ! ajouta Steven. Traînez-nous hors du cimetière !"
Max était cloué au sol par une rafale de coups de pied. Il crachait tout son sang, et il était persuadé qu'il avait quelques dents de pétées. Steven se releva et essaya de tirer Max hors du cimetière. L'homme l'aperçut et lui projeta une onde. Steven fut propulsé contre la voiture des nouveaux arrivants, qui étaient en train d'aider Funky à quitter le cimetière. Il eut le souffle coupé par le choc et suffoqua. Max essayait toujours de sortir lui aussi mais en vain. Sa bouche lui faisait horriblement mal. La femme se dirigea vers son mari et lui barra le chemin.
"Enlève-toi, salope ! hurla le mari. Si tu ne t'enlèves pas, je vais te buter ! Ok ? BARRE-TOI !!!
__ Tu sais très bien ce qu'il va se passer si tu me tues ! dit la femme. Il est interdit de tuer un fantôme. Ton esprit va se désintégrer et tu erreras dans le vide pour l'éternité. (Elle se tourna vers Max.) Reste pas planté là, espèce d'abruti !"
Max comprit le message et se sauva aussi vite qu'il le pouvait en se traînant à terre. Il réussit à sortir du cimetière et se retourna vers son tuteur.
"T'es baisé ! Tu peux plus me taper !!! se moqua-t-il.
__ Ce n'est pas parce que je ne peux pas sortir d'ici que je ne peux pas te tuer."
L'homme leva la main et Max fut projeté lui aussi contre la voiture. Il entendit craquer son bras. Steven, Max et Funky montèrent dans la voiture des gens qui venaient d'arriver. Max contempla ses jambes. On voyait facilement les os sortirent de sa peau. Il s'endormit. Steven le regarda et lui prit son pouls et constata que Max n'était plus de ce monde. Il était parti rejoindre ses tuteurs qui venaient de le tuer. Steven pleura et s'endormit à son tour. Funky le remarqua et pleura aussi, de tristesse et de désespoir.

6

Il se réveilla à l'hôpital. Sa chambre était très bien éclairée, et la vision de la lumière l'éblouit. Une infirmière entra dans la chambre.
"Ah, vous êtes enfin réveillé ! dit-elle.
L'infirmière était une jeune femme élégante. Elle avait de jolis yeux bleus, et un nez fin. Elle portait un chemisier et un pantalon moulant. Quand elle se retourna, Steven ressentit la première sensation agréable depuis longtemps. Ebahi, il réussit à demander :
"Depuis quand suis-je ici ?
__ Depuis environ deux semaines. Vous êtes tombé dans le coma. (Elle l'examina de plus près.) Vous semblez très pâle. Vous vous sentez bien ?
__ Non, pas du tout, je pense à Max, un ami qui était avec moi dans la voiture. Je crois qu'il était mort.
__ Oui, dit-elle d'un ton désolé, qui inspira à Steven beaucoup de sincérité. Il a succombé à ses blessures. Mais pouvez-vous me dire ce qu'il vous est arrivé ?
__ Non, je suis désolé !"
L'infirmière haussa les épaules et sortit. Funky et sa mère entrèrent, Funky portant un bouquet de fleurs à la main.
"Comment vous sentez-vous ? demanda Sarah Beats.
__ ‘ Suis pas trop en forme. Depuis que j'ai vu Max…"
Il ne put finir sa phrase. Il sanglota et se rendormit.

Trois jours plus tard, Steven rentra au château et découvrit en route que de nouveaux arrivants avaient pris domicile dans l'ex demeure des Choizer. Il décida de leur rendre visite. Il sonna et découvrit avec surprise que les gens qui venaient d'emménager étaient en fait ceux qu'ils avaient rencontrés, avec Funky et Max, au cimetière. Le père l'accueillit les bras ouverts. La femme aussi alors que l'adolescent ne semblait plus se rappeler de lui, mais il lui adressa quand même un sourire.
"Je m'appelle Steven Pagelle, commença-t-il. Je ne savais pas que de nouvelles têtes étaient arrivées en ville.
__ Moi, c'est Bernard LeGrand. Ma femme se prénomme Stéphanie. Mon fils ici présent s'appelle Ludo. Nous sommes Français et nous en avions marre de la France.
__ Je comprends, c'est aussi mon cas !"
Il but l'apéro chez eux et leur expliqua la raison de sa visite à Santy-New-City. Il leur expliqua le problème de Funky, qui ressentait des choses quand on le touchait.
"Funky a parfois du mal à supporter son don, mais il faut dire qu'il m'a déjà sauvé la vie." avait-il raconté.
Ludo lui sourit et regarda ailleurs. Steven trouvait cela étrange.
"Mon fils souffre de somnolence. Il se lève les nuits et nettoie le parquet en disant « Carreau… Carreau » sans arrêt. Mais hélas, il peut aussi se lever pour essayer de tuer quelqu'un. Ou pour parler aux fantômes."
Steven trouva son cas très intéressant. Il pourrait peut-être l'aider à savoir quand les fantômes arrivaient. Ludo se leva de table et alluma la TV. Il mit une cassette dans le magnétoscope et appuya sur Lecture.
"Regardez, M. Pagelle !" dit-il.
Steven regarda la TV et vit Funky. Il se demandait ce qu'il pouvait faire à la télé. On voyait aussi Max, en train d'agoniser. Steven se rendit compte que c'était le jour où Max est mort.
"Qui a filmé ? demanda Steven.
__ Un enfoiré de journaliste ! s'esclaffa Ludo. Il a profité que des gens soient en danger pour faire le scoop de l'année. (Il s'arrêta de rire.) Je l'ai tué hier. Quand je me suis réveillé, j'avais un couteau dans la main et le journaliste était par terre, le visage ensanglanté. Je me suis enfui et j'ai appelé mes parents. Ils sont venus me chercher et m'ont rassuré."
Ludo monta dans sa chambre et Steven crut entendre des coups de pied ou de poing dans les murs.
"Ne vous en faites pas ! le rassura Stéphanie. Il fait toujours ça quand il parle de ses escapades nocturnes.
__ Avez-vous déjà essayé de l'empêcher de se lever ? demanda Steven.
__ Oui, regardez donc le résultat !"
Bernard LeGrand leva son pull et Steven découvrit une grosse cicatrice.
"Après ça, Ludo n'a pas dormi pendant plus de deux semaines, déclara Bernard. Il avait peur de me refaire du mal."

Une demie heure plus tard, Steven décida de rentrer au château et s'en alla. Il remercia gentiment les LeGrand. En route, son portable sonna. C'était Damien Galler.
"Salut Damien ! dit Steven.
__ Comment vas-tu ? Mieux j'espère ! demanda Damien.
__ Pas trop mal ! Je commence à oublier le petit garçon qui est mort.
__ Ca a dû être une rude épreuve pour toi.
__ Ca m'a fait la même impression que quand j'ai vu David mourir.
__ Je comprends…
__ Non, tu ne peux pas comprendre ce que je ressens lorsque mes amis meurent à cause de ma plus effrayante phobie !
__ Oui, excuse-moi ! Je voulais juste dire… Et puis laisse tomber !
__ Pourquoi m'appelles-tu ?
__ Ah oui, je voulais juste te dire que ta femme veut que tu l'appelles ! Et aussi pour te dire que ta place de commissaire ici est en danger.
__ Merde, c'est le Boss qui ne veut plus de moi ? Qu'est-ce que je lui ai fait pour qu'il me fasse toujours chier comme ça. Je vais l'appeler et je vais lui dire ce que je pense de lui ! Peut-être qu'après ça, il me foutra la paix. De toute façon, je pense que je vais démissionner de mon poste.
__ Quoi, tu ne peux pas me faire ça ?! Je t'en prie ! Si tu démissionnes, je fais la même chose et je viens à Santy-New-City pour te botter le cul ! Ok ?
__ Je suis désolé, par contre, ton aide ici me serait très utile !
__ C'est vrai ? Alors j'arrive d'ici deux à trois jours !"
Avant de raccrocher, Steven put entendre Damien hurler "Adieu police" avec une voix qui l'avait toujours fait marrer. Steven rit tout seul pendant quelques minutes et, après s'être difficilement calmé, composa le numéro de sa femme.
"Allô ? dit-il.
__ STEVEN ??? hurla sa femme. J'étais morte d'inquiétude ! Tu pourrais m'appeler quand même !
__ Désolé, je suis tombé dans un coma de deux semaines, comment voulais-tu que je t'appelle ? Mais sinon, à part ça, je vais bien je te remercie !
__ Mon petit sucre ! Tu me manques trop ! J'ai besoin de toi !
__ J'ai du boulot ! Et c'est loin d'être fini !
__ Je suis sûre que t'as trouvé une nouvelle femme et que tu m'as oubliée ! Si jamais j'apprends que c'est le cas, ça va chier pour toi…
__ Ecoute, chérie, ce n'est pas que tu m'ennuies avec tes menaces, mais si je t'appelle à chaque fois pour être menacé, je crois que je vais garder mon crédit pour quelqu'un d'autre !
__ Mais comment oses-tu me parler sur ce ton ! Ma vieille mère avait raison, tu n'es qu'un macho, une merde, une…
__ JE T'EMMERDE, TOI ET TA MERE, VOUS ÊTES TOUTES LES DEUX DE GROSSES VACHES !!!"
Comme la dernière fois, leur discussion avait fini sur une dispute. Il ne pouvait plus supporter sa femme. Il avait pensé au divorce plein de fois, mais sans jamais le faire. Steven savait que maintenant, le divorce n'était plus une option, mais une réalité. Il essaya de penser à autre chose mais n'y parvint pas. C'est alors qu'il remarqua que le brouillard était tombé. D'où il était, il pouvait voir des silhouettes voler dans l'air. Une voiture démarra et partit. Mais elle ne fit que quelques mètres, comme si le chauffeur était endormi. La voiture ralentit avant de s'arrêter complètement.
"Le brouillard recommence et le bordel aussi !" dit-il à haute voix.
Une voix qui lui était connue le sortit de sa pensée. Cette voix lui donna le tournis et il faillit tomber dans les pommes.
"Je peux t'aider !" dit-elle.
Steven se retourna et aperçut une silhouette. En regardant mieux, il put reconnaître la coupe cheveux de Max, son défunt ami.
"M… Max ? demanda Steven.
__ Oui, c'est moi et je veux t'aider !
__ Mais comment le pourrais-tu ?
__ Je ne sais pas, mais je vais te suivre partout, et dès que tu te demanderas s'il y a des fantômes à proximité, je te répondrai !
__ Mais ne crains-tu pas d'être damné ?
__ IL m'a dit que je ne risquais rien. IL m'a dit que tu es notre seul espoir pour qu'enfin, un jour, nous puissions atteindre le repos. Peut-être qu'IL a raison, j'en suis pratiquement sûr !
__ Qui ça "il" ? demanda Steven.
Sur cette dernière phrase, Max se dissipa et Steven se dépêcha de regagner le château. Il entra mais il n'y avait personne. Tout était complètement désert. Steven essaya de sortir car cela lui rappelait de très mauvais souvenirs, mais la porte ne s'ouvrait plus, comme si elle était retenue par une force magique. Steven donna un gros coup de pied dedans. La seule réponse qu'il obtint de son coup de pied fut un énorme bruit assourdissant. Un long cri se fit entendre ensuite. Steven crut que c'était un cri de vieille femme, comme celui que pousserait une grand-mère en voyant un cadavre sur son lit. Il sortit son pistolet et gravit les escaliers. Des voix se faisaient entendre dans la chambre d'amis. Il se déplaça discrètement dans cette direction et ouvrit la porte. Deux soldats étaient là, une cannette de bière dans chaque main. Il y en avait beaucoup d'autres par terre. Steven aperçut qu'il y avait une femme nue, qui semblait terrorisée. Elle avait les joues griffées et un énorme cocard sur l'œil gauche. Ni les soldats, ni la femme ne semblaient l'avoir vu.
"Allez, ma vieille ! dit l'un des soldats. C'est ton tour !"
Il éclata de rire, bientôt suivi de l'autre soldat.
"Non, je vous en supplie ! supplia la femme. Je vous offre mon corps si vous me laissez en vie !
__ Qu'est-ce que t'as dit ? s'étonna un soldat.
__ Je… j'ai dit que je vous offrirais mon corps !" répéta la femme.
Les deux hommes se regardèrent, et l'un d'eux dit à l'autre :
"Moi, ça me va ! Et toi Adolf ?
__ Ouais, elle est pas mal, regarde-la !"
Les deux hommes lui adressèrent un sourire obsédé, qui fit frémir Steven.
"On est d'accord ! Et t'as intérêt à ne pas nous décevoir ! Parce que sinon, tu vas quand même y aller ! dit un soldat.
__ Ouais, et nous, on fait carrément la totale avec les filles comme toi ! Es-tu d'accord ?
__ Ou…Oui ! répondit timidement la femme. Mais s'il vous plaît, ne me faites pas trop mal !"
Les deux hommes s'approchèrent d'elle et commencèrent à la tripoter. Ils la firent se mettre à genoux et Steven détourna son regard de ce spectacle horrible. Les bruits qu'il entendait de ce spectacle lui donnèrent la nausée. Il se dépêcha de sortir du château, mais la porte était toujours fermée.
"Ils veulent te dire quelque chose !" dit une voix dans son dos.
Steven se retourna et vit Max. Steven lui sourit.
"Il faut que tu regardes ! dit Max. Ils veulent te dire quelque chose.
__ Suis-je vraiment obligé de supporter cet horrible spectacle ? demanda Steven.
__ Si tu tiens à savoir ce qu'il se passe dans cette horrible ville, alors, oui, tu es obligé, répondit Max.
__ Merde !" s'exclama Steven.
Steven remonta vers la chambre d'amis, et vit les deux hommes en train de pénétrer la femme tour à tour.

Quinze minutes plus tard, après que les hommes eurent fini leur amusement, ils dirent en chœur, en prenant des armes :
"T'aurais pas dû nous faire confiance ! On est des salauds, et tu le savais, NON ?
__ Non, s'il vous plaît ! hurla la femme.
__ Ahahahahah ! rit un des soldats.
__ Vous n'êtes que des enculés ! jura la femme. Vous allez crever en enfer, bande de fils de putes !"
Un soldat lui donna un coup de crosse et Steven grimaça. La femme se releva et lui sauta dessus. Elle le mordit au nez et l'autre soldat intervint. Il lui donna un énorme coup de crosse sur le dos. La femme s'étala. Elle avait mordu le soldat très profondément, au point que l'on voyait l'os.
"Sale pute ! hurla-t-il. Ta souffrance n'en sera que plus longue !"
Les deux soldats prirent la femme par les jambes et la traînèrent. Ils l'installèrent sur un lit et l'attachèrent solidement. Ils lui crachèrent dessus et firent entrer un autre homme. Vu ses habits, Steven conclut que c'était un scientifique. Il avait avec lui une mallette. Il l'ouvrit. Il en sortit un mouchoir et l'enfonça dans la bouche de la femme. Elle essayait d'hurler, mais en vain. Le scientifique sortit une perceuse électrique de sa mallette et la mit en marche. La femme se débattait mais le scientifique lui perça la main droite. Le sang gicla. Le scientifique sortit ensuite un drôle d'engin, une sorte de satellite à échelle réduite. Il le mit sur la blessure de la femme. Une petite machine sortit de l'engin et s'enfonça dans la plaie. La femme ne se débattait plus, au contraire, elle était complètement immobile. Steven s'approcha un peu plus et vit que ses yeux étaient devenus rouge vifs. Quand la femme ouvrait la bouche, on pouvait voir qu'elle était remplie de sang. Le scientifique sortit un autre objet, qui ressemblait à une arme.
"Tu vas être la première sur qui cette arme va être utilisée. Tu vas comprendre ce que vont ressentir beaucoup d'hommes quand on aura fini sa fabrication. Ca va être super de voir souffrir une juive comme toi !"
Il actionna l'arme. Un rayon atteignit la femme et elle sursauta. Son corps grossit peu à peu jusqu'à ce qu'il explose. Ce fut une marée de sang qui gicla partout. Le scientifique observa l'arme puis éclata de rire.
"Pourquoi faites vous ça ?" demanda Steven sans attendre la moindre réponse.
A sa plus grande surprise, quelqu'un lui répondit.
"Parce que nous y avions été forcé ! Que crois-tu ? Si nous refusions, c'est nous qui allions subir ces horreurs ! Et, à l'époque, les juifs n'étaient pas aimés du tout dans notre nation."
Steven cherchait d'où pouvait provenir la voix qu'il entendait.
"Ne cherche pas, car tu ne me trouveras jamais ! affirma la voix.
__ Qui êtes vous ? demanda alors Steven.
__ Je m'appelais Karl Neuville, j'étais le sous-officier de ce camp.
__ Un camp ? Quel camp ?
__ A Santy-New-City, il y avait autrefois un camp. Pas un camp d'extermination, ni un camp de concentration. C'était plutôt un camp de recherche, si on peut le nommer de cette manière. Les scientifiques faisaient des recherches sur des juifs, les pauvres, quand j'y repense maintenant ! Quelles horreurs avons-nous commis !
__ Quels types de recherches faisiez-vous ?
__ Nous opérions des gens sans anesthésies. Ils servaient de cobayes pour de nouvelles armes, nouvelles techniques et tout plein d'autres horreurs ! Je me rappelle d'avoir vu une femme se faire enfoncer une arme dans le cul pour savoir si elle rentrait bien. C'était une expérience complètement inutile, tout le monde le savait bien, mais on le faisait quand même. Que Dieu nous pardonne d'avoir fait ça !"
Steven réfléchit. Il comprenait pourquoi il voyait souvent des soldats et des femmes.
"Mais il y a eu beaucoup d'actes gratuits, comme celui que vous venez de voir, continua la voix. Beaucoup de femmes se faisaient violer sans raison par quatre ou cinq, voir six hommes en même temps. C'est pourquoi j'ai tué beaucoup de personnel et brûlé le camp, ce qui pouvait me faire regretter tous mes actes en Enfer. Du moins, je le pensais. Il y a quelque chose qui nous empêche de passer dans L'Au-Delà. Nous avons besoin d'aide, pas seulement ceux qui ont vécu l'époque du camp, mais aussi tous ceux qui sont arrivés peu après."
Steven décida de s'en aller pour continuer ses recherches, car le discours de Karl devenait intenable de souffrance. Ils souffraient tous, et ils devaient un jour où l'autre passer le chemin qu'ils attendent tous.
"Si personne ne peut nous aider, alors nous allons nous étendre hors des limites de la ville et conquérir tout le pays sans le vouloir. Tu dois nous aider, Steven, ou tout est foutu. Adieu !"
Karl Neuville se dissipa. Steven sortit en vitesse de la pièce et retourna au grand hall d'entrée. Funky et sa mère étaient là-bas. Ils l'attendaient.
"Nous avons tout entendu ! dit Funky, je vais t'aider à chercher car ils souffrent. Retournons au cimetière. Là-bas, avec l'aide de Max, nous pourrons peut-être y trouver un indice."

7

Le téléphone portable sonna et Steven se gara. Il essayait de dissimuler sa peur, qui l'envahissait depuis qu'il était parti du château pour se rendre au cimetière. Il pensait sans arrêt à David et à Max, et espéra qu'il ne devrait plus jamais souffrir en voyant ses proches mourir. Il répondit en espérant que ce n'était pas sa femme qui l'appelait pour le faire chier.
"Allô ? dit il.
__ Steven ? Salut, c'est Damien ! Comment vas-tu ?
__ Assez bien, sauf que c'est le bordel ici !
__ Je veux bien te croire ! Je suis à Santy-New-City moi aussi !
__ Ah, tu es déjà arrivé ?
__ Ouais, mais j'ai juste une question. Où sont passés tous les habitants de cette ville ? Il n'y a absolument personne.
__ C'est assez fréquent ! A chaque fois que tout le monde disparaît, ça veut dire qu'il se passe quelque chose de terrible, alors méfie-toi ! OK ?
__ Ok, mais où es-tu ?
__ Au cimetière ! Rejoins-moi là-bas !
__ D'accord, j'arrive dans quelques minutes ! A tout de suite !
__ Ouais."
Steven raccrocha, ravi que son coéquipier soit là pour lui donner un coup de main. Il espéra au fond de lui que son aide soit suffisante pour qu'il n'y aurait aucune autre victime.

8

Steven alluma une cigarette. Il savait que conduire et fumer n'étaient pas deux actions à réaliser en même temps, mais il essayait de se changer les idées. Funky, assis au siège du passager, écoutait son baladeur CD. Il en avait plein le cul, mais il devait finir son travail. Il ne pensait plus qu'à ça. Il aperçut le cimetière et se gara. Il n'osait pas y retourner, il repensait encore à ce qui s'était passé la dernière fois. Il redémarra et décida de faire demi-tour. Il entendit une vois au fond de lui. "Ne nous abandonne pas, tu dois y aller !"
"Ferme ta gueule, j'ai pas envie de mourir ! dit-il à haute voix.
__ Tu m'as parlé ? demanda Funky.
__ Non, je parle tout seul, répondit Steven.
Mais la voix insistait. "Steven, tu ne peux pas nous abandonner ! Tu m'as promis !". Steven respira un grand coup et retourna en direction du cimetière. Il se gara juste devant. Damien était déjà là et l'attendait. Steven sortit et lui tendit la main.
"Salut ! dit Damien. Putain, comment as-tu fait pour rester ici sans péter un câble ?
__ L'habitude ! répondit Steven.
__ J'ai vu des ombres partout, et aussi des objets qui s'utilisaient tout seul ! affirma Damien.
__ C'est eux ! Ils essaient de se divertir quand il n'y a plus personne dans la ville, déclara Steven.
__ Les fantômes ?
__ Oui !
__ Merde ! Mais, d'après toi, ils sont gentils ou méchants ?
__ Les deux !
__ Ah bon ?
__ Parmi les gentils, il y a les soldats nazis, les scientifiques, les femmes nues, Max et Karl Neuville.
__ Qui est Max ? Et Karl Neuville ?
__ Max était notre ami. Il est mort dans cette saloperie de putain de cimetière. Et Karl Neuville est le sous-officier qui dirigeait un camp, qui se trouvait autrefois ici. On ne peut pas le voir, mais il nous parle quand il peut nous aider. Son aide nous a souvent été d'une efficacité remarquable.
__ Sacré équipe ! Et parmi les méchants ?
__ M. Choizer, qui est….
__ M. Choizer ? Mais je croyais qu'il était en vie !
__ Plus maintenant. C'est un soldat nazi qui l'a tué alors qu'il était en train de nous attaquer. Sa femme aussi est morte, mais elle, au contraire, elle nous aide. Il faut se méfier de toute la famille Choizer, sauf sa femme.
__ Et Max ? C'est bien aussi un Choizer, non ?
__ Non, il a été adopté.
__ Ah, j'en apprends beaucoup ici. Bon, as-tu découvert des choses dans le cimetière ?
__ Non. Il est tellement grand que cela va être très difficile. Et puis le fantôme de M. Choizer nous avait attaqué et avait tué Max. Alors, je n'avais plus envie d'y retourner. Mais maintenant, je dois le faire au plus vite avant que les fantômes ne s'étendent de plus en plus.
__ Que veux-tu dire ?
__ C'est Karl qui m'a tout raconté, si les fantômes ne rejoignent pas l'Au-delà très vite, ils vont s'étendre, conquérir tout le pays et tout cela sera involontaire. Nous devons y aller !"
Steven sortit son arme et s'approcha de la grille. Elle s'ouvrit toute seule et une voix se fit entendre.
"On t'attendait."
Steven fit signe à Damien et Funky de le suivre. Ils acquiescèrent et s'exécutèrent. Bien décidé de s'en aller au plus vite de cette terrifiane ville, Steven rechercha partout dans le cimetière sans rien trouver.
"Putain ! hurla-t-il. Qu'est-ce que je dois trouver ici !!!"
Steven aperçut Mme Choizer apparaître. Elle était très transparente.
"Une indication !" dit-elle.
Puis elle disparut. Steven dit à Funky et Damien de se séparer. Chacun devait chercher de son côté. Steven partit au nord, Funky au sud et Damien au fond du cimetière, là où se trouvait une cabane abandonnée. La première fois qu'ils étaient venus, Steven et Funky étaient sûrs qu'il n'y avait aucune cabane. Mais ils ne dirent rien à ce sujet, et Damien entra. L'intérieur était complètement sombre, mais il trouva un interrupteur. Il l'actionna et les lumières s'allumèrent. L'intérieur surprit complètement Damien. Tout était aménagé, comme dans une maison de luxe. Il y avait des tableaux qui devaient coûter une fortune. Il y avait aussi des vases, des sculptures et des livres très rares. Après avoir mieux contemplé la pièce, Damien aperçut qu'il y avait un énorme escalier qui descendait très bas dans une sorte d'énorme cave. Il décida de descendre après avoir visité le reste de la cabane. Elle paraissait minuscule de l'extérieur, mais à l'intérieur, elle était immense, aussi grande qu'un hôtel trois étoiles. Damien rentra dans diverses pièces, où il y avait des chambres, des bureaux, des salles de bains, des salons de jeux, bref, Damien crût un instant que c'était un hôtel. Il chassa cette idée de sa tête et décida de descendre avec les escaliers. Il n'y avait plus aucune lumière et Damien fouilla dans son sac en espérant qu'il y aurait une torche. En l'allumant il découvrit un spectacle d'horreur, il y avait des femmes complètement nues pendues, écartelées, brûlées, torturées ou bien violées. Elles avaient toutes sur leurs visages des traces de larmes, comme si elles n'étaient là que depuis quelques temps. On pouvait reconnaître sur leurs visages une immense terreur, ce qui donna à Damien la nausée. Elles avaient l'air d'avoir énormément souffert, même si certaines étaient mortes avant de subir ces horreurs. Damien remarqua qu'il y avait une autre pièce juste à côté de lui. Il entra et découvrit tout plein d'instruments de tortures. Il y avait aussi des objets qui ressemblaient à des armes.
"Tu as trouvé notre repaire, tu dois mourir !" hurla une voix derrière lui.
Il se retourna et il vit un homme, ou plutôt un fantôme car on voyait à travers son corps. L'homme tenait une énorme hache, remplie de sang. Il la brandit sur Damien et essaya de le tuer. Damien put éviter le coup et pointa son arme sur l'homme.
"Qui êtes-vous ? dit-il.
__ Je suis M. Choizer et je vais te buter !"
M. Choizer brandit son arme de nouveau et Damien pointa son arme.
"Ahahahahah ! Tu veux me tuer ? s'écria Choizer. Tu ne te rends pas compte que je suis déjà mort ?"
Damien réfléchit et tira quand même. Les balles traversèrent Choizer. Ce dernier éclata de rire. Il brandit encore sa hache et l'abattit sur Damien, qui riposta avec son flingue.

Steven courut vers la cabane. En entendant les coups de feu, il avait bien cru que son coeur s'était arrêté. Il avait tout de suite réagi et était parti en courant aussi vite qu'il le pouvait. Cela lui avait redonné du courage. Il avait bien cru péter un plomb s'il n'avait rien trouvé dans le cimetière.

Funky se demandait ce que c'était. Un bruit, qui ressemblait à un coup de feu. Mais au deuxième coup de feu, il avait réagi en repensant à la cabane. Il s'était tout de suite mis à courir, tombant au passage, s'effleurant légèrement la jambe. La peur l'envahissait et il essayait de la dissimuler.

"Toi aussi, t'as entendu des coups de feu ? demanda Funky en voyant Steven arriver à toute allure.
__ Oui, nous devons aller voir ce qu'il se passe dans cette cabane ! dit Steven.
__ Let's GO !" s'écria Funky.
La porte de la cabane leur résista un moment, avant de s'ouvrir en grinçant abominablement. Funky entra le premier, suivi de Steven, l'arme à la main. Ils remarquèrent qu'un énorme escalier se trouvait face à eux. Une voix au fond de Steven lui dit de descendre. Il prit la main de Funky et descendit. En bas, il trouva son coéquipier, assis, et il saignait énormément à l'épaule.
"Que s'est-il passé ? demanda Steven.
__ Y'avait Choizer, il était en face de moi ! s'écria Damien.
__ Il t'a dit quelque chose ?
__ Oui, qu'il voulait me tuer !"
Damien essaya de se relever. Il avait mal partout. Steven remarqua qu'il y avait une hache ensanglantée. Il la prit dans ses mains. Elle était froide.
"Il était devant moi, la hache à la main, il l'a brandie sur moi et a essayé de me tuer. J'ai évité le premier coup, mais je lui ai tiré dessus, comme un con ! Les balles l'ont traversé ! Il n'avait rien, alors j'ai remarqué une corde, sur le mur qui se trouvait juste à côté de nous. La corde soutenait un pilier. Quand Choizer a levé de nouveau la hache, j'ai tiré en premier sur la hache. Il l'a perdu des mains et elle m'est tombée dessus. Le deuxième coup de feu sur la corde a fait tombé le pilier. Il lui est tombé dessus, ou plutôt, il l'a traversé. Choizer a ensuite disparu. Heureusement, sinon, je crois que je faisais comme tous tes amis que tu connais !
"Que veux-tu dire ?
__ Que tu portes la poisse ! Que tous tes amis que tu as fréquentés sont morts ! Tu ne t'en rends pas compte ?
__ Arrête, je t'en supplie ! Ne dis pas ça !
__ T'es une loque humaine ! Vaudrait mieux que t'aies pas d'amis ! A partir de maintenant, il faudrait que tu affiches dans ton dos : "Avec moi, mes Amis meurent !" Ahahahahah !"
Steven était troublé. Le discours de Damien l'avait complètement mis hors d'état de faire le moindre geste. Funky s'approcha de lui et dit :
"Ne l'écoute pas !"
Max apparut en traversant un mur. Il s'approcha de Steven.
"Ce n'est pas ton coéquipier !" avoua-t-il.
Steven releva les yeux.
"Qu'est ce que tu dis ? demanda-t-il.
__ Ce n'est pas ton coéquipier ! C'est un mort qui veut te tuer !"
Max montra du doigt Damien, qui souriait. Ce dernier se releva. Il fit un doigt d'honneur à Max et s'approcha de lui. Un homme s'approcha en courant. C'était le vrai Damien. Dès que le fantôme aperçut Damien, il essaya au plus vite de se dissiper, mais Damien réussit à le voir.
"Funky ? Steven ? Que faites-vous ici ? demanda Damien. (Il aperçut le fantôme.) Mais, c'est moi ?
__ T'es le vrai Damien ? demanda Steven.
__ Oui ! Pourquoi, ça ne va pas ?
__ Je… Je…
__ Nous venons de voir un fantôme qui te ressemblait. Il disait des horreurs au sujet de Steven. C'est celui que tu viens d'apercevoir.
__ Merde, ils savent prendre nos apparences ? s'étonna Damien.
__ Nous ne le savions pas, cela risque de nous emmerder un peu plus ! Merde, pourquoi ne nous laissent-ils pas les sauver ? se demanda Funky.
__ Au bout d'un moment, je pense que Choizer nous laissera faire ! déclara Steven, au bord des larmes. Il en aura trop marre d'être ici sans pouvoir rien faire de plus que faire peur aux gens qui viendront ici !"
Steven s'essuya les yeux et éclaira la pièce avec sa torche. Il reconnut l'endroit.
"Mais ? Je crois reconnaître cet endroit ! affirma-t-il.
__ Ah ? dit Funky.
__ Je crois que c'est un hôtel qu'il y a à Santy-New-City !
__ Lequel ? s'étonna Damien.
__ Le « RESTO PARK BEURK » ! J'avais réservé une chambre là-bas. Je me rappelle maintenant de cet escalier qui m'avait foutu les boules.
__ Nous devrons y aller au plus vite ! Tu ne crois pas, Steven ? demanda Damien, au bord de la folie.
__ Oui, mais avant, je dois retourner à Countrynoise pour prendre des affaires qui nous seront très utiles ! Car c'est hôtel m'a fait tourner la tête la première fois que j'y suis allé."
Ils sortirent de la cabane. Peu après, Damien se rendit compte qu'il avait oublié sa lampe torche. Mais la cabane n'y était plus.
"Putain…" dit-il.
Ils s'en allèrent à toute vitesse du cimetière avant qu'il ne se passe quelque chose d'autre. Ils rentrèrent tous au château. Damien constata que les gens étaient tous réapparus.
"Quel ville étrange ! Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il se passe dans cette foutue ville ? questionna Damien.
__ Je m'en chargerai tout à l'heure, au château !" déclara Funky.
Arrivé au château, Steven prit une moto de Funky et se rendit à l'aéroport. "Pourquoi n'attends-tu pas demain ?" avait demandé Sarah Beats. Il lui avait seulement répondu que c'était urgent pour lui, pour tous les habitants de Santy-New-City et aussi pour les fantômes. Elle n'avait pas trop compris, mais Funky lui avait dit qu'il lui expliquerait. Damien décida de venir avec Steven, pour l'aider à prendre tout ce qui était nécessaire au travail. Ils partirent comme des flèches, à toute allure.

9

L'arrivée à Countrynoise avait été difficile. Steven n'avait plus pensé à sa femme et avait oublié que les affaires dont il avait besoin se trouvaient chez lui. Damien, quant à lui, avait décidé de se rendre au bureau pour prendre ses affaires. Steven arriva devant sa maison. Il hésita, puis se lança. Lorsqu'il sonna, Maria, sa femme, lui ouvrit. Elle avait une mine très étrange. Elle semblait avoir pleuré sans interruption. Ses cheveux n'étaient pas lavés, et Steven remarqua beaucoup de pellicules. Elle était vêtue d'un simple robe transparente. On pouvait voir la forme de ses seins à travers.
"STEVEN ??? hurla-t-elle.
__ Calme-toi, dit calmement Steven.
__ Je croyais que tu n'allais pas revenir avant longtemps ?
__ J'ai besoin d'affaires ! Le travail là-bas est épuisant, et surtout dangereux. Pendant le voyage, j'ai pensé que tu pourrais venir avec moi à Santy-New-City.
__ A Santy-New-City ? Mais qu'est ce que j'y ferais ?
__ Tu resterais avec Mme Beats !
__ Qui est-ce ?
__ C'est une très gentille femme. Elle m'a accueilli dans son château. Son fils est très étrange, mais c'est aussi un brave garçon.
__ D'accord, je me prépare !
__ Si tu viens, tu me promets de rester au château avec elle ?
__ Je te le promets.
__ Bien, je prends mes affaires et on y va !"
Sa femme alla se changer, tandis que Steven allait prendre son matos de paranormal. Il y en avait beaucoup et décida d'appeler Damien :
__ Allô Damien ? commença-t-il.
__ Oui, que veux-tu ?
__ Nous repartirons demain, nous avons tous les deux besoin de repos sinon nous allons nous tuer sur la route.
__ OK ! Je viendrai demain vers huit heures alors !
__ Ok alors à demain !"
Steven raccrocha. Il s'allongea sur le canapé. Maria s'approcha. Elle se déshabilla. Ses seins étaient voluptueux. Elle s'allongea sur lui. Steven lui caressa doucement les seins, la nuque, les fesses. Elle lui enleva son pantalon. Steven la pénétra doucement. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vue, et cela augmenta son désir. Ils firent l'amour toute la nuit. Steven se sentait très bien à présent.

Le lendemain, il se réveilla difficilement mais il allait beaucoup mieux. Sa femme était allongée, nue et Steven la contempla longuement. Il la réveilla et elle soupira.
"Maria, réveille-toi ! Veux-tu venir avec moi ? demanda-t-il.
__ Oui, je ne tiendrai pas si je reste seule ici ! répondit Maria.
__ Ok ! Alors, prépare-toi !"
Steven s'alluma une cigarette et en tendit une à sa femme. Elle la prit et l'alluma.
"Quelle heure est-il ? demanda-t-elle.
__ Un peu plus de sept heures ! Damien va arriver dans une heure, environ."
Son portable sonna. Il n'osait pas répondre. Il espérait qu'il ne s'était pas passé quelque chose de grave durant son absence.
"Allô ? dit-il après avoir décroché.
__ Allô Steven ? Salut, c'est Funky.
__ Salut Funky ! Comment vas-tu ?
__ Bof ! Les bruits sont de pire en pire ici. Les méchants fantômes doivent savoir qu'on a trouvé le repaire de Choizer.
__ Je le pense aussi ! Ils vont sûrement tout faire pour nous tuer maintenant ! Es-tu sûr de vouloir y aller ?
__ Oui ! Au fait, où est mon Valentin ?
__ Aucune idée ! Je vais lui téléphoner ! OK ?
__ OK ! Tu me rappelles après !
__ No problemo !"
Il composa le numéro de Valentin qu'il avait obtenu lorsqu'il étudiait son dossier. Ce fut une femme qui répondit :
"Allô ? dit-elle d'une voix rauque.
__ Oui, bonjour ! Pourrais-je parler à Valentin ? demanda Steven d'une voix très calme.
__ Qui le demande ?
__ M. Pagelle. Il m'avait appelé pour un problème qui se déroulait dans son village. Un problème qui me pose pas mal de problèmes, en ce moment.
__ Bon, je vous le passe !"
Steven tira longuement sur sa cigarette et attendit. Au bout de quelques secondes, un homme prit la parole.
"Oui, M. Pagelle ? Qu'est-ce que vous me voulez ? dit-il.
__ Bonjour M. Beats ! Je vous appel…
__ Que se passe-t-il à Santy-New-City ? coupa Valentin.
__ Rien, enfin si. Les fantômes sont de plus en plus nombreux. Et nous savons pourquoi ils sont ici ! M. Choizer est mort, ainsi que sa femme et son fils. C'était eux la source du problème.
__ Racontez-moi, s'il vous plaît !
__ D'accord, mais il faut m'écouter attentivement !
__ Je suis tout ouïe !
__ Bien. Je me suis levé un matin, je suis parti prendre mon petit-déjeuner et Funky m'a dit que son père lui avait parlé toute la nuit.
__ Son père lui a parlé ? Mais il est mort !
__ Oui, mais les fantômes ne peuvent pas passer dans l'Au-Delà.
__ Ah bon ! Continuez.
__ Ensuite, nous avons été faire un tour en ville, et il n'y avait plus personne dans la ville. Tout le monde avait disparu. Sauf les Choizer. On entendait du bruit chez eux. Le mari battait sa femme. Nous sommes rentrés à toute vitesse et sa femme disait que c'était de sa faute si il y avait des fantômes, si tout le monde avait disparu. On s'est battus, et un fantôme est apparu et l'a tué. Nous avons appris ensuite qu'il était descendant d'une famille allemande qui construisait des camps. C'est cela qui bloque les morts. Il continuait son bordel, il faisait des expériences dans un endroit secret. Mais les fantômes nous ont dit d'aller voir au cimetière et nous avons pu découvrir où ce cachait cette planque.
__ Vous voulez dire que ces expériences ont tout chamboulé ?
__ Oui, mais au départ, il y avait un camp à Santy-New-City. Un camp de recherches scientifiques, je crois. Au début, ses scientifiques effectuaient des recherches sur les juifs, des femmes en priorité. Ils testaient de nouvelles armes. Mais ensuite, les soldats ont commencé à commettre d'horribles crimes gratuits, sans raison. Le gars qui le dirigeait, a réfléchi, et a trouvé que cela allait trop loin. Il a brûlé le camp. Alors, il pensait pouvoir réfléchir à ses crimes en Enfer. Mais il n'a pas pu passer, lui et ses soldats. Il n'a pas compris pourquoi. Mais au fil du temps, il a compris que quelqu'un avait continué de faire les recherches. Il n'a jamais su qui c'était. Puis M. Choizer a repris la main et a lui aussi continué les recherches. Nous devons maintenant, votre fils, Damien qui est mon coéquipier, Max et moi, aller à son repaire pour le détruire.
__ Vous avez bien dit Max ? Je croyais qu'il était mort avec ses parents ?
__ Ce n'étaient pas ses parents. Il avait été adopté.
__ Oui, mais vous venez de me dire qu'il avait été tué !
__ Oui.
__ Bah alors, comment fait-il pour venir avec vous ?
__ Son fantôme nous aide. Il nous indique si les fantômes que nous rencontrons sont bons ou méchants, si les fantômes veulent nous dire quelque chose.
__ C'est une histoire incroyable !
__ Oui, mais vous m'avez appelé par ça, non ?
__ Oui.
__ Bon, je vais vous laisser… Ah non, votre fils demandait où vous étiez, c'est la raison pour laquelle je vous appelle.
__ Il est avec vous ? Je peux lui parler ?
__ Non, je ne suis pas à Santy-New-City pour le moment. Je retourne là-bas dans quelques heures.
__ Où êtes-vous ?
__ A Countrynoise.
__ Je suis là-bas aussi, je suis au restaurant « In My Town » avec une amie. Venez me chercher, je viendrai avec vous.
__ D'accord, j'arrive dans vingt minutes environ. Mon coéquipier va arriver et j'arrive, ok ?
__ Ca marche !"
Steven prit son petit-déjeuner. Il avait préparé beaucoup de matériel, et les sacs étaient très lourds. Il devait donc laisser les motos ici. Il pria, espérant que cela suffirait pour que lui et ses amis ne meurent pas.

Damien se gara devant la maison de Steven. Il alluma une cigarette et tira longuement dessus. Il se décida enfin de klaxonner. Steven et sa femme sortirent d'un pas pressé, et montèrent dans la voiture. Ils semblaient fatigués. Damien pensa qu'ils avaient sûrement fait des galipettes toute la nuit et se retint de rire. Steven aperçut son sourire et devina ce qu'il pensait.
"T'en as pas fait, toi ? demanda-t-il.
__ De quoi veux-tu parler ? dit Damien en faisant l'indifférent.
__ Rien, laisse tomber." rétorqua Steven.
Steven regarda sa femme, qui semblait très inquiète.
"Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il.
__ Je suis stressée ! déclara Maria. J'ai les boules de voir l'endroit qui semble si terrifiant. Si ce que tu dis est vrai, je me demande comment tu as fait pour tenir dans ce foutu bordel.
__ L'habitude ! commenta Damien.
__ Voilà, c'est cela." avoua Steven.
Steven décida de dormir pour reprendre quelques forces qui étaient parties la veille, lorsqu'il avait fait l'amour à sa femme. Sa femme en fit de même. Les deux réussirent à s'endormir sans problème. Damien les contempla et sourit, tentant de ne pas faire comme eux.

10

Dans l'avion, Steven fit un horrible cauchemar. Il voyait Choizer qui lui disait :
"T'as ramené le matos ? Tu sais très bien que vous allez tous crever, maintenant. Vous avez été trop loin, et ni moi, ni mes amis, auront la moindre pitié de vous tuer.
__ Je sais, affirmait-il, en tremblant énormément. Mais au moins, si j'y reste, j'aurai essayé de faire quelque chose bien. Alors que toi, tu iras brûler en Enfer, et tu souffriras comme tu as fait souffrir tous les autres !
__ Oh oh oh ! Tu crois me faire réfléchir avec tes phrases de putain de curé !
__ Oui.
__ Et bas, tu n'as aucun espoir ! J'ai juré de continuer, alors je continuerai. Même si je dois te tuer pour ça !
__ Je suis prêt à mourir !
__ Soit ! J'espère que je pourrai te faire souffrir pour oublier tes ignobles provocations !
__ Tu auras une surprise qui te fera bizarre le moment venu !
__ Toi aussi, et tu seras déçu !"
Choizer avait alors disparut, et laissé la place à Max qui lui dit :
"Bon courage, je serai là pour t'aider ! Et tu le sais, non ?
__ Comme d'hab' ! Puis-je te demander un service ?
__ Bien sûr !
__ Appelle beaucoup de monde. Nous ne serons pas assez si nous y allons comme ça !
__ Nous ne serons jamais assez !
__ Je sais, appelle les LeGrand, Les Night, Les Natu, les Eighet, et tous les amis de Funky et de sa mère.
__ Tu peux compter sur moi !"
Max se dissipa à son tour.

Steven se réveilla, et se demandait si les fantômes lui avaient vraiment parlé. Si c'était le cas, il y aurait beaucoup de monde au château.
"On verra bien." dit-il à haute voix.
Sa femme le regarda et lui fit un joli sourire, Steven lui rendit. Sa femme s'approcha de lui.
"On va atterrir dans quelques minutes, tu ferais mieux de t'attacher ! Sinon, tu vas t'envoler !"
Elle rit et Steven la suivit. Il attacha sa ceinture et ferma les yeux. Il avait l'impression de voir Max, et les rouvrit en vitesse. Il remarqua qu'il avait beaucoup transpiré, sûrement à cause du rêve.
"Nous allons atterrir, fit une voix dans l'interphone. Veuillez éteindre vos cigarettes et attacher vos ceintures !"
La voix semblait très enthousiaste, et Steven l'envia. Une hôtesse passa à côté de lui et lui demanda si tout allait bien. Son regard était très envoûtant et Steven ne pouvait décrocher son regard du sien. « C'est parce qu'elle est trop bonne ! » dit une voix intérieure. L'hôtesse semblait elle aussi envoûtée et lui fit un sourire d'une beauté inégalable. Steven lui rendit son sourire. L'hôtesse s'en alla et revint quelques minutes plus tard, avec un bout de papier à la main. Elle le lui donna. L'hôtesse partit de nouveau pour aller s'occuper des autres passagers. Steven ouvrit le bout de papier, qui contenait un message. Steven le lut :

Je m'appelle Emma Kühbauertz, je suis Allemande
J'aimerais beaucoup vous rencontrer
J'ai ressenti une drôle de sensation en vous regardant
J'ai senti que vous aviez une grande peur
J'aimerais vous rencontrer
Dans un quart d'heure
Au restaurant "Night Of Fire"
Venez seul, si vous le pouvez

A tout à l'heure
PS : Voici le numéro de mon téléphone portable
0698.4567.1264

Steven fut très intrigué par le message. Il décida de se rendre au rendez-vous.
Il dit à sa femme :
"Partez devant, avec Damien. Je vous rejoindrai dans quelques heures !
__ Rien de grave ? demanda Maria.
__ Non, non, la rassura-t-il.
__ D'accord."
L'avion se posa enfin. Steven avait eu le temps de faire un signe à l'hôtesse, Emma, pour lui dire que tout était ok, et qu'ils pouvaient se rencontrer au restaurant. Quand il mit un pied à terre, Steven se sentit bizarre, comme le jour où il s'était prit une douille.

Steven se rendit donc au lieu de rendez-vous. Il aperçut l'hôtesse. Elle s'approcha de lui et lui donna un baiser sur la joue. Steven était gêné, mais essayait de le dissimuler.
"J'ai déjà réservé une table ! dit-elle avec enthousiasme. Vous venez ?
__ J'arrive !" répondit-il.
Elle le prit par le bras et l'emmena à la table. Elle semblait très enthousiaste et cela rendait Steven complètement joyeux. Elle souriait toujours, s'asseyant avec une élégance inouïe.
"Que voulez-vous mangez ? demanda-t-elle.
__ Je prendrais bien un caviar, avec du riz et des légumes ! Juste une chose, appelez-moi Steven ! répondit-il.
__ D'accord Steven ! Et moi c'est Emma, mais vous l'avez sûrement lu dans le mot que je vous ai écrit !"
Elle appela le serveur et commanda le menu. Steven prit la main d'Emma. Ils se regardèrent pendant quelques temps et Steven découvrit qu'elle semblait de plus en plus belle chaque fois qu'il la voyait.

Après le repas, ils montèrent dans une chambre, et s'allongèrent. Au bout de dix minutes, sans qu'aucun des deux n'ose dit le moindre mot, Emma se leva. Elle alluma la TV. Elle mit une cassette dans le magnétophone et mit le tout en route. C'était un film pornographique. Emma avait sûrement une idée derrière la tête, car elle se mit à faire un strip-tease. Steven fut obligé de regarder Emma, comme s'il était envahi par son magnifique corps. Ils firent l'amour sans interruption, et Steven ne regretta pas d'être venu dans ce restaurant. Après, ils discutèrent :
"Que fait-tu ici ? demanda Emma.
__ Je suis ici pour accomplir un travail ! répondit Steven.
__ Un travail ? Tu n'es pas tueur à gages quand même ?
__ Non, ne t'inquiètes pas pour ça ! Je suis flic à Countrynoise, une ville très loin d'ici ! Mais j'ai un autre boulot !
__ Quel style d'autre boulot ?
__ J'enquête sur le paranormal ! Je bosse en ce moment sur une affaire plus que dangereuse, à Santy-New-City.
__