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Position dans Littérature : 24ème
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Oeuvre :
Mots : 716
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Un jour, ou un autre, c’est la corneille qui vous réveille en pleine fin de journée. Non pas que vous somnoliez, sinon que vous ne prenez guère conscience du tonnerre qui afflige votre ciel, si bleu naguère, si noir en ces jours.
L’esprit se pointe dans toute la fatigue qu’elle a accumulée, dans toute l’amertume qu’elle endure, dans les dragées qui l’empoisonnent petit à petit. Jusqu’à l’infecter complètement. Ou en partie. Mais. Pourtant. Cet esprit qui s’emprisonne sous les feux de peine semble se pétrifier, se putréfier.
Vos pensées s’écroulent sous le poids de votre cher présent; vous sentez que votre bourse devient lousse à force de vous donner sans un quelconque retour, escompté. Tout et tous prennent un chemin contraire qui vous contrarie : vous pensez perdre tout ce qui, pour vous, avait une valeur sentimentale.
Alles geht weg; todo se va; everything is getting away …
Tout s’en va...
Même vos langues. Surtout celle de votre Cœur : forteresse dévastée, remparts anéantis, pont-levis démoli … Mais.
Peut-être, vous dites-vous, n’est-ce qu’un temps de grande noirceur, une époque de votre histoire qui sera un jour (encore) du passé. Mais. Vous savez que votre futur, votre présent et votre passé ne forment qu’un et unique ensemble : la vie.
Si vous ne revoyez plus un être précieux dans votre vie, vous savez qu’il a pris un chemin lugubre, pourtant lumineux. Et ce pavée vous parait trop échancré et dépavé pour l’accepter pleinement. Si vous vous distinguez par votre unicité, vous êtes relativement conscient que votre voie personnelle sera parsemée d’embûches, de déceptions, de plus grandes incertitudes. Si vous ne vivez que par d’amers refus du passé, les insuccès, les montagnes de votre vie, vous reconnaissez que la tâche n’est pas de tout repos pour survivre dans votre monde, ou plutôt dans celui où vous tentez de vous incorporer.
Vous le pensez.
Néanmoins, vos repères se perdent dans les méandres infinitésimaux des énormes drames, et ni votre cœur, ni votre tête, ni votre corps ne savent y répondre désormais.
Vous le pensez toujours.
De ses larmes écarlates, vous ressentez votre sang cristallin dévaler les vaux de votre visage, votre propre pays. Vous respirez ses faiblesses comme les vôtres, comme si vous ne formiez qu’un. Vous subissez votre désespoir tel qu’il le subit. Parce que vous vous reconnaissez en lui : il est une partie intégrante de votre propre personne. D’un sens, vous êtes lui. D’un autre, il est vous. D’un dernier, il est plus que futile de doublement identifier une même entité.
Vous le pensez encore.
Mais d’un coup … Ou de deux … Cette unique entité se fractionne, se décante. Ich bin wir beide. Er hat nur ihn, er ist nur er … Er ist nicht(s) mehr jetzt … Ich denke es.
De deux coups, il n’est plus que lui, je ne suis plus que moi, mais sans l’être absolument.
Suis-je? Je pense, mais je ne suis plus …
Vous. Êtes-vous vraiment?
Que sommes-nous? pensé-je.
Peut-être ne suis-je qu’un de ses faibles rayons, pienso esta noche,qui traversent la vie du matin au soir sans qu’on ne s’en aperçoive. Suis-je El Sol sans Sohn, une flamme sans son fils? Le feu s’éteint, le brasier embrasse le vent qui trépasse. Pourtant, sa passion le guète toujours; il est toujours rouge d’envie … Mais de quoi a-t-il envie?
Envie d’être en vie?
Je le suis. Je le pense.
(11 septembre 2008)