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Mots : 395
Nue, assise en califourchon sur un banc de bois blanc soudé au sable d’une plage immense, émondée de toute âme, je règne sur une surface sableuse et une eau trop calme pour ne pas être vivante. Je ressens dans mes entrailles ces caresses et son ressac intime écume mon antre secret. Le Temps translucide pigmente mon corps de ses secondes et bourdonne dans mes oreilles, tel l’acouphène. La douleur et le plaisir se mêlent, bouillants, absolus, je me donne entièrement, libre et prisonnière, j’exulte un long cri qui résonne comme un galet déformant les gémissement de l’océan. J’ouvre mes bras au soleil couchant et tète ses derniers rayons pour me nourrir de son énergie sanguine. Je déverse une pluie de larmes arc-en-ciel sur le rivage. Déposséder et posséder à chaque vague, l’orage de mon envie me foudroie de tenir, ardente comme un volcan en éruption. Tenaillée de mourir sur l’instant, poursuivie de vivre encore par l’excitation permanente, j’overdose. Je me renverse en arrière, les bras pendus, deux branches arrachées par un ouragan, mon corps se refroidit. Mes paupières, ostensiblement rétractées, le ciel me jette ses étoiles. Mes pupilles dilatées comme des trous noirs, me brûlent les rétines. Je hurle. Je suis sanglée, pieds et mains par la mort. Je suffoque, transpire la honte d’être ! Je résiste. Pourquoi, je ne veux pas mourir ? Ne suis-je pas ces milliards d’orgasmes refoulés, outragés, souillés. Suis-je bouc émissaire ? Trahison ! Mon corps est convulsion, mon âme nappée de la damnation ! Je veux de ce ruisseau, née, trépasser à la marée montante de l’océan de mon démon : Asmodée. Fin d’un règne, début d’une déchéance. Le sable devient mouvant. Je suis happée. Ce cercueil m’accueille : tous mes orifices envahis de grains acérés, pénètrent mes intimes révélations de jouissance. Débauches extrêmes, me cisaillent les jointures, me dépècent, ma chair est blanche. La mort m’écrase de sa puissance. Je lâche prise et ma folie me sangle sur un lit d’hôpital.
©Max-Louis MARCETTEAU 2007