Mélodie d’un moment

Type : Littérature | Ajout le : 01/03/2007
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À un être que je n’ai connu que d’un temps éphémère …


Il était là, devant moi, derrière ma collègue amicale, cet être venu de nulle part, sinon que de nos deux esprits, de mes yeux d’ahuri qui croient encore à l’existence de miracles visuels, et aux charmes par une volupté qui, du son doucereux et de ces simples susurrements d’yeux silencieux, m’entraîne dans les dédales de mon âme, les méandres, profondeurs abyssales d’un refrain mélodieux qu’un cœur fredonne inlassablement.

Inconnu jusqu’alors, je le voyais là, assis, regards éphémères, mais mordants, torrides; effroyables avenues tressés en cercles par jours de soleil sans nuage, entre vent « soufflotant » et océan immense qui vit d’une majestuosité grandiloquente.

Inconnu jusqu’ici, car là-bas se tenait-il devant deux paires de mirettes, deux statues sans marbre apparent.

Méconnu, mais pourtant tout sourire, tout rire, toute lyre.

Sans présentation aucune jadis, il occupait pourtant mes esprits à l’instar d’un être qui, envahissant toutes les parcelles de ma mémoire, arbore l’étendard d’un bienfaiteur intermittent, voire laconique. Entre quelques paroles à l’issu de mon dialogue, des regards furtifs à cet homme se jettent, puisque, lui de même en faisant autant, la plaisance d’un moment délicieux nous fait tout deux un bien inoubliable. Mais dans l’Inconnu.

Des coins perdus s’immiscent dans les interstices de mes souvenirs où tout verbe s’embrouille dans un labyrinthe infranchissable : une forêt incommensurable et inexorable s’est fixée entre un nombre incertain de cils, de cheveux et de barbon, une série de barbelés à la hauteur d’un être inconnu.

Que ses verres m’indiquent l’expression de son ardent visage, sourire maudit, mais chéri; qu’elles se fassent l’arbitre entre zygomatiques et perception chaotique … ou sclérotique? Sa force instantanée aspire à demain, entre allégeance aguichante et assurance, mais sans évidence avérée. Qu’en est-il du paysage luxuriant qui se profilait à l’aube de ses yeux ajournés et incessamment retournés, de peur de me voir le voir dans notre soir comme un beau loir?

Inconnu, certes. Mais j’ai appris à le connaître l’espace d’un moment éphémère dans son for intérieur. Il me cherchait … mais le débusquerai-je? Oublierai-je cet immédiat maintenant lointain?

Non pas que je ne penche plus pour l’ange, mon cher séraphin du ciel; mais ce bel esprit se transforme en incube, diabolique paradis d’une fontaine qui se retient. Un instant n’est guère mortel, mais la mort d’un moment est une vie que l’on recouvre par l’esprit, par son profond souvenir éternel …
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