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Oeuvre :
Mots : 329
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Il s'étreint dans les bras de Morphée, ou même de Morpheus, dans un univers inconnu. Il vit le bleu et git le rouge, la sensation la plus forte, celle qui consume l'âme et l'être, le sang et la chair, le sourire et les lèvres. Du crépuscule de ma prunelle, il s'étend dans les déserts d'arbres et des quelques oasis érigés sur les berges : un long océan circulaire, immaculé d'un îlot en son pourtour. L'arôme de sa main crépite dans ma tête; dans mon coeur s'intensifie la sensation de son odeur.
Le ressentez-vous?
Il part des extrémités bicéphales, les complètent dans leurs artères lacrymales, se supplémentent dans les allées hyémales. Son velours a un lourd passé, mais un regard plutôt certain sur son présent. Il quitte des pensées lointaines son regard à nouveau épanoui, malgré la quenaille tenaillante. Cette boue chicote, tricote en son manteau un tissu d'escamotage, un escabeau de rabotage, un réseautage de corbeaux noir-de-jais, dont la mort seule connaît tout l'effroi.
Le ressentez-vous?
Il vous terrasse de son venin acrimonieux tout en vous neutralisant de ses ongles fins : la peur vous prend, vous risquez le monde, vous perdez la raison. L'instant d'une fraction de siècle – est-ce une seconde? –, la terre entière tourne et de çà, de là se répercute les vêpres infinis, les angélus éternels, mais le glas d'un moment. La vie ne paraît être qu'une partielle d'un tout, mais tout semble ne plus être à ce même claquement de doigt.
Le ressentez-vous?
Il est vide dans son plein, il est un tout dans rien, il est sec dans l'humidité, il est un monstre dans un ange.
Néant perdu, géant déchu.
(8 octobre 2007)