La dernière volonté

Type : Littérature | Ajout le : 26/07/2005
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Oeuvre :
Mots : 1830
Il neigeait à perte de vue dehors. Un temps à ne pas mettre un chien dehors, ni un chat d'ailleurs. C'était une journée comme on les voyait souvent en hiver à cette époque … pendant la grande dépression. Les gens regardaient la tempête de leur fenêtre. La plupart n'avaient rien d'autre à faire. Ils étaient sans emploi depuis les coupures et ne pouvaient rien faire de joyeux pour noël. C'était un Noël bien triste.



Une de ces personnes, qui regardait la tempête s'abattre, était un jeune père de famille prénommé Jack. Contrairement à la plupart de ses compatriotes, il avait un emploi. Il avait un maigre salaire par contre. Juste assez pour payer un peu de pain et quelques guenilles pour vêtir sa famille et lui. Il aimait rêvasser à la fenêtre. Ça le sortait de la misère qu'il endurait chaque jour.



Puis sa petite fille vint le voir. Elle avait avec elle une feuille de papier en mauvaise état, c'était la liste des jouets offerts au magasin général du village. « Papa, papa. », dit-elle. « Tu as vu cette poupée. » Le père se tourna de la fenêtre et se pencha pour être à la hauteur de sa fille. Il prit la feuille et l'examina. Il y avait effectivement à la fin de la liste la poupée. Il n'y avait pas de photo mais la description lui décrivait assez bien à quoi elle ressemblait. Le père ne sachant pas trop quoi répondre fit un sourire à sa fille et lui redonna son papier. « Je vais faire mon possible pour te l'avoir. », dit-il. La petite fille toute contente retourna vite à sa chambre pour imaginer comment beau serait le jouet qu'elle aurait. Jack savait bien qu'il lui était impossible de lui acheter ce jouet. Il décida quand même d'aller au magasin voir le jouet convoité.



Il y avait épais de neige dehors et les chemins n'étaient pas déblayés. Jack n'avait que de minces bottes en tissus et quelques guenilles pour se couvrir du froid. Ce n'était pas bien gros mais c'était mieux que rien. Il arriva finalement au magasin général. Il y entra et une petite clochette sonna. Il s'avança au comptoir et vit la poupée accrochée sur une tablette du mur. Elle avait de vrai cheveux blond et de petites pommettes roses. Elle était cependant assez cher. Le propriétaire du magasin arriva de l'arrière-boutique et demanda à Jack se qu'il cherchait. Jack lui répondit qu'il avait besoin de cette poupée pour sa fille. Il lui dit aussi qu'il ne pouvait malheureusement pas la payer. Le propriétaire refusa et lui dit de sortir s'il n'était pour rien acheter. Jack se dirigea donc vers la porte d'un air piteux. Quand il vint pour ouvrir la porte, le notaire du village entra le magasin. C'était l'homme le plus riche du coin. Il était avare et en avait que pour son argent. C'est d'ailleurs pourquoi aucune femme ne le supportait. Il s'avança vers le comptoir et demanda la fameuse poupée que Jack voulait temps. « Depuis quand avez-vous des enfants, monsieur le notaire? », demanda le propriétaire. « Je n'en ai aucun », répondit-il. « J'achète cette poupée pour mon chien! »



Après avoir payer, le notaire sortit du magasin et Jack le suivit. Il savait que sa seule chance d'obtenir le jouet était de le voler. Alors, il décida de tenter le tout pour le tout et coura dans la direction du notaire pour lui voler. Il réussit à lui prendre et coura le plus vite qu'il pouvait pour s'éloigner du notaire, mais la neige était épaisse et il avait de grande difficulté à se déplacer. Le notaire cria qu'il donnerait une récompense à quiconque arrêterait l'homme. Les gens du village ne se firent pas prier pour attraper Jack, car la plupart n'avait même pas de quoi s'acheter un peu de nourriture et la récompense les aiderait amplement. Les gens le tenaient par terre pendant que le notaire s'approchait. « Ça va vous coûter cher! » dit-il avant d'assommer le pauvre homme.



Jack se réveilla dans une petite cellule froide et pas très éclairé. Il contemplait la pièce qui ne lui disait pas grand chose. Un garde passait dans le couloir devant lui. Le garde, voyant qu'il s'était réveillé, alla le voir. « Bonjour p'tit gars. », dit-il. « Tu dois sûrement te demander où tu es. ». Jack fit un signe de tête en guise de oui, mais ne prononça pas un mot. « Tu es au pénitencier. Tu as été accusé de vol … et malheureusement pour toi tu n'as pas volé la bonne personne. Le notaire a donné un pot de vin au juge pour le convaincre de te donner la peine de mort, et il a réussi. », raconta le garde. « Tu seras exécuté demain au lever du soleil. Si tu as besoin de quoi que ce soit dit le moi. », conclue le garde avant de continuer sa ronde.



Dans la pièce, il y avait une petite fenêtre avec des barreaux. Il remarqua que la lumière commençais à apparaître. C'était le levé du jour. Il s'assit dans un coin et ne bougea pas. Il ne savait pas quoi penser. Il voulait seulement rendre sa petite fille heureuse et maintenant il devait en mourir. Mourir pour un monde égoïste et toujours avare d'argent. Un monde cupide, un monde sans valeur … un monde sans sentiment et où la justice était injuste. De mourir lui faisait peur … tellement peur qu'il en pleura.



Il était maintenant midi. Le garde vint voir Jack pour lui donner un peu de nourriture et de l'eau. Jack le regarda pendant un moment et détourna son regard. Le garde insista pour qu'il mange quelques choses, mais le prisonnier ne le regarda pas plus. Le garde comprit qu'il était inutile de continuer et alla plus loin pendant que Jack continuait à rester dans son coin sans bouger.



Et puis, vint l'heure du dernier repas. Le garde demanda à Jack ce qu'il voulait comme dernier repas. Il lui répondit qu'il n'avait pas faim mais qu'il voulait une plume et une chandelle. Le garde lui apporta aussitôt une plume, une chandelle qu'il alluma ainsi qu'un encrier. Jack sortit de sa poche la feuille du magasin général et commença à écrire à l'endos. Il écrivit pendant toute la nuit jusqu'au levé du soleil.



Le garde et le curé vinrent le voir. C'était le temps de la dernière prière avant la fin. Jack n'écouta pas le prêtre qui marmonnait des mots incompréhensibles en latin. Il ne semblait pas présent et il était très froid … sans aucune émotions de tristesse ou de haine. Le garde l'invita à sortir de la pièce pour le conduire à la chaise. Le curé se mit à sa droite et le garde à sa gauche. Ils commencèrent à marcher lentement. Le couloir semblait une éternité pour Jack, sa dernière éternité. Au furet à mesure qu'il marchait, les prisonniers venaient sur le bord de leur barreaux pour voir le condamné. Certains riaient pendant que d'autre étaient perplexes parce qu'ils savaient que ce serait bientôt leur tour. Ils arrivèrent finalement à la porte.



Le garde ouvrit la porte et fit entrer Jack. La salle était pleine de gens venu voir Jack mourir. Les gens aimaient ce genre de spectacle morbide, ça les amusait de voir les autres souffrir. Maintenant, Jack se tenait debout devant l'auditoire où un homme cria son nom et dit qu'il serait exécuté. Par contre, Jack ne l'écoutait pas. Il regardait la fenêtre. Il neigeait à perte de vue dehors. Un temps à ne pas mettre un chien dehors, ni un chat d'ailleurs. C'était une journée comme on les voyait souvent en hiver à cette époque … pendant la grande dépression.



Le garde fit asseoir Jack sur la chaise et l'attacha. Il lui mit ensuite l'éponge mouillée ainsi que le casque de métal. Le garde se mit à coté du condamné. « Je suis vraiment triste pour vous, vous savez. Je sais que c'est difficile de vivre de ces temps-ci. Je voulais juste vous informer que j'étais de votre coté… », dit le garde. Jack fit signe au garde de prendre le papier qu'il avait dans la main. C'était le papier du magasin général. « J'ai écrit l'histoire de ma triste aventure ici, si vous êtes vraiment de mon coté, racontez cette histoire au plus grand nombre de gens possible pour qu'ils comprennent enfin. », dit Jack. « Je vous le promet. », répondit doucement le garde avant d'abaisser le levier un peu malgré lui. La promesse, je suis d'ailleurs en train de la réaliser parce que le garde … c'était moi.
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