La croisée de deux chemins

Type : Littérature | Ajout le : 16/07/2007
Note de l'auteur :
Un peu comme Mélodie d'un moment, il s'agit d'une mémoire écrite sur un moment particulier, 5 minutes très longues et pourtant si courtes.
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Oeuvre :
Mots : 613
En pensée à ce Louis …



    Louis observait uniquement, intelligemment, son objectif de vue. Son regard perçait bien des allers et venues, des virevoltes girouettiques … bien des fois, ses yeux me cherchaient, me parlaient, très discernablement. Même accompagné d’un de ses pairs, point de gêne ne l’inanimait, ses lanternes ne tarissaient ni d’éloge, ni de lumière pour éclairer les éclairs passifs qu’il me lançait.


    Je ne sus véritablement s’il y avait un message subliminal dans son approche, par son envie apparente de me parler, par ma compagnie aussi éphémère qu’étrange. Je ne peux aller jusques au bout de mes questionnements, et mes interrogations qui ont pris une forme verbale n’ont été que déformées par les myriades d’avenues qu’elles pouvaient prendre. Aussi sibyllines que peu profondes.


    Pourquoi? Qui était-il? Que désirait-il réellement?


    Il se disait étranger de l’endroit, venu de l’Île, là-bas, pas trop loin d’un ancien toit qui tomba jadis. Une mutation géo-estudiantine était la raison de sa présence dans mon collège, auquel, pourtant, je crus fort bien l’avoir rencontré une demi-année plus tôt.


    La direction de l’endroit voulue était, pour lui, aussi incertaine que mon chemin de croix. Se pourrait-il qu’il ait trouvé la route, à ce moment-là, pour obtenir une proximité à mon être tant chéri – ce qui serait inexorablement la cause opérationnelle de ses regards mystiques, empreints de ténacité – ou trouva-t-il alors seulement une ruelle de secours vers l’endroit, son seul but?


    Je ne le sus, je ne le sais, je ne le saurai!
    Peut-être un jour.
    Peut-être pas.


    Je n’ai pu que constater son charme angélique, sa beauté mature et adulte, son vis à velours, son ciel sclérotique, sa bête épars, la nature verdoyante de ses habits, son aisance …


    Ah, quel homme avais-je devant moi!


    Ma connaissance raisonne, ma conscience déraisonne.


    Il y a dans cet être l’aimable jeune homme que j’avais vraiment voulu connaître, au-delà de toutes ses apparences …


    J’absorbe, par lui, un esprit de contradiction qui, jamais avant, n’a formé une aussi puissance paralysie d’un esprit en émoi, arrêter à vie dans sa prison qu’il aime tant.


    N’est-il guère humain que de savoir apprécier des belles choses que l’environ nous procure? Faut-il en avoir honte? La beauté est universelle et spécifique. J’en crois que tous un chacun porte un étendard propre. Cette incarnation héraldique est le symbole même de notre apparence, mais elle dissimule fort fréquemment nos intentions premières!


    Qu’il m’aimât ou point est bien important, car tentera-t-il à nouveau de m’aborder? Derechef, la question se pose …


    Je l’ai guidé l’espace de deux instants distincts. Me guidera-t-il, à son tour, vers une autre croisée des chemins, de deux mondes?


(9 mai 2007)
Commentaires
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Libellule Rouge
18/07/07 à 13:42
La beauté est une question très relative difficile à répondre. Apprécier le charme des autres ne veut pas dire en profiter, et là à chacun de faire ses choix. Le problème dans tout cela au fond, c'est la culpabilité qui peut être ressentie.

Un beau texte, avec quelques allusions comiques comme "un ancien toit qui tomba jadis"^^

Gorlach Ryôshin
18/07/07 à 09:11
J'y vais dans le désordre ;)

2- Dans ce cas-ci, le mot "universelle" était davantage synonyme de "culturelle", de son propre univers, quoiqu'il se rapporte aussi à l'étendue de ce concept. Je crois que lorsque je l'ai écrit (ce qui remonte à un certain temps quand même), je désirais montrer un pôle et son opposé sur ce concept très complexe à discerner. Dans un sens, chaque société, apparemment, a son propre concept de la beauté, ses propres préférences, ses attributs privilégiés. Ceux-ci diffèrent néanmoins d'une société à une autre, mais le concept en soi est pratiquement le même, malgré que certaine collectivité y porte davantage d'importance.

1- Sinon, merci d'avoir porté attention à cette question qui est sans doute le pilier de ce petit récit autobiographique. Je me rappelle que lorsque j'ai écrit ces phrases, je pensais également à une amie qui a eu certains problèmes avec son chum, qui voulait «vivre ses expériences de jeunesse» (i.e. voir ailleurs si l'herbe est plus verte), ce qu'il a finalement fait pour s'apercevoir qu'il préférait sa blonde du moment (note: ils ne sont plus ensemble, mais pour plusieurs autres raisons.)

Cette histoire de mon amie et ce petit moment m'ont emporté dans mes réflexions sur l'amour, la beauté et la "naturalité" de ces concepts, en plus du maximum de leur "humanité", i.e. jusqu'à quand est-il encore humainement possible de croire que ce concept existe encore sous sa forme comme on l'a croit.

Finalement, je m'aperçois que d'analyser ce texte est plus élaboré que le produit en soi, et c'est une bonne chose: pour une fois que j'écris de quoi qui ne semble pas être si dur à la comprenure au premier coup! :p

Burn
17/07/07 à 22:21
Un beau texte ici qui semble plus être le testament d'un esprit torturé par certaines questions plutôt qu'un texte purement artistique ;). Il y a deux questions que j'ai trouvé intéressante et pour lesquelles j'aimerais bien discuté avec toi et les autres du site.

1- "N'est-il guère humain que de savoir apprécier des belles choses que l'environ nous procure? Faut-il en avoir honte?"

Ce que j'en comprend, c'est que tu demandes s'il faut avoir honte de trouver un tierce personne belle même si on est en couple. Je ne crois pas, personne n'est fait en bois (!) et je sais quand même trouvé d'autre personne belle sans pour autant vouloir tromper ma copine. Il suffit d'avoir un peu de retenu, et de toute façon, aucune de ces "images" ou "parures" ne peut surpasser le tendre amour d'un couple solide et amoureux ;). Pour moi, quand il y a infidélité, il n’y a pas d’amour et d’être jaloux, c’est de croire que l’autre nous aime pas vraiment.

2- "La beauté est universelle et spécifique. J'en crois que tous un chacun porte un étendard propre."

Je comprend mal ton point ici. Tu dis que la beauté est universelle et après tu la nommes de spécifique et qu'elle est différente pour chacun. Perso, je crois que la beauté est un concept très personnelle qui provient essentiellement de la culture dans laquelle on a été baigné. Je vais prendre un exemple extrême, dans un contexte de racisme, un personne ne pourrait pas en trouver un autre (de l'autre race) belle parce que la culture qu'il a reçu en a voulu ainsi. Dans une autre situation, ça aurait pu être le contraire. Un autre exemple qui me vient en tête c'est l'amour des femmes grasses au moyen-âge et plus maintenant. La beauté serait donc simplement spécifique.