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Position dans Littérature : 8ème
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Oeuvre :
Mots : 659
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Il est quatre heure quarante-cinq, même le matin n’est pas encore debout à cette heure. Il est quatre heures quarante-cinq, ou cinq heures moins le quart si tu préfères et un zombie est né. Il nait tous les matins, dans le tintamare de ma sonnerie-réveil. Le café fait encore dodo dans la cafetière. Il a l’air bien, tout emmitouflé dans son filtre. J’me demande s’il rêve. Ça doit être assez stimulant des rêves de café. Peut-être qu’il pense à sa famille, amèrement restée dans l’arbre où il est né. Hmm. Aller, douce caféïne torréfiée, réveille-toi, c’est l’heure.
C’est plutôt froid dehors, il faut dire que le Soleil ne travaille pas ce matin, il a téléphoné à la pluie pour dire qu’il ne rentrait pas. À météo-humeur, on annonçait mélancolie avec éclaircis en après-midi. La météo ne détient pas la science infuse puisqu’il fait actuellement déprime aiguë sans possibilité de libération conditionnelle avant demain midi. La sentence est levée. Le tribunal de la crise existencielle vient de me condamner, une fois de plus, aux travaux mentaux. Je me demande si l’asile ne serais pas souhaitable. L’hôpital des fous a quand même accueilli Nelligan en ses murs. Émile, c’est mon héros, je crois. Être privé si jeune de sa liberté mentale en échange d’un tel talent de poète en bas âge, ça n’a pas de prix. Malheureusement pour le reste, il n’y avait pas Mastercard à cette époque.
« D'avoir une âme douce et mystiquement tendre,
Et cependant, toujours, de tous les maux souffrir,
Dans le regret de vivre et l'effroi de mourir,
Et d'espérer, de croire... et de toujours attendre ! »*
C’est l’âme de Nelligan, page Word. L’âme d’un jeune fou, d’un vieux sénile, d’un éternel incompris. Une âme déshabillée, qui ne se nourri plus des premiers mots du matin, des douces caresses de l’après-midi ou des dernières images de la journée. On la gave de Jell-O, probablement parce que ça coûte moins cher qu’un voyage aux Îles Turquoises. Et pourtant.
J’retourne me coucher, le monde me donne la nausée en cette matinée maussade, p’être que demain, il fera mieux. À la prochaine, page Word, soit sage.
* Extrait de Mon âme, Émile Nelligan.