J’ai vomi sur ma page Word I

Type : Littérature | Ajout le : 26/04/2010 | Modification le : 01/05/2010
Note de l'auteur :
Chapitre premier d'une longue série misérable. J'ai vomi sur ma page Word, c'est une courte correspondance (souvent incohérente) entre moi et une célèbre page blanche. C'est mon âme toute nue, souillée par les résidus de mon petit-déjeûner littéraire. C'est ma vie réduite à sa plus simple expression. C'est du grand moi, tout craché.
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Oeuvre :
Mots : 541
C’est encore une matinée remplie de rayons de soleil joyeux. C’est encore la ligne verte, direction Honoré-Beaugrand qui était au ralentit. C’est encore la procrastination qui reporte mon étude du non-parentéral. C’est encore moi, page Word, et c’est exaspérant.

« C’est à cause de mon répondeur, y’a absolument rien su’a cassette, j’te dis qu’à soir, dans mon p’tit cœur, y fait frette … » chantait jadis un génie nommé Dédé. Il y a de ces personnages qui vous marque la couche-culotte. Mais il a dû tomber lui-même sur un répondeur vide parcequ’il n’a pas survécu à l’appel. « J’sais ben qu’t’étais, pas fait pour moi. J’m’ennuie pareil, as-tu compris ? […] J’m’ennuie d’tes yeux, t’ennuies-tu des miens ? J’sais ben, j’sais ben, dis-moi le pu, j’étais pas fait, pour toi non plus […] T’es obligé d’partir, j’sais ben, mais t’es pas obligé d’partir tout de suite … » qu’il disait. T’es-pas-obligé-de-partir-tout-de-suite.

Il n’y a aucun nuage dans le ciel aujourd’hui. Je les ai tous avalés, pour décorer les recoins gris de mon moi profond. Ça fait un peu joli et ça sert d’isolant. À force de crier, j’en ai presque oublié le son que fait le silence entre mes oreilles. Il y a longtemps que je ne l’entends plus d’ailleurs. Le bruit résone en permanence dans ma tête. On dirait l’échangeur métropolitain en pleine heure de pointe. J’ignore si j’dois pleurer ou si j’dois en rire. Je suis là, debout, noyée dans le traffic et j’attends. Je ne sais qu’attendre. D’ailleurs, si le temps devait avoir un nom, c’est le mien qu’il aurait. Quoiqu’il en soit, j’commence à en avoir un peu marre d’être plantée sur du bitume à regarder ma vie passer. Lâââche pas championne.

C’est le printemps et dans les p’tits cœurs avoisinant, c’est l’amour qui coule dans les veines. Dans les miennes, il coule toutes sortes de choses mais pas d’amour. Ça doit être parce que j’ai envoyée ma commande après la date limite et que là, mon colis est pognée aux douanes. Au fond, j’aime pas l’amour, et je crois que c’est réciproque. Ça m’vient pas naturellement : je sens en infériorité numérique avec deux buts à rattraper en finale de la Coupe Stanley. Faut dire que j’ai jamais été douée au hockey non plus. Quoiqu’il en soit, page Word, j’fais c’que peux avec les moyens du bord. C’est p’t’être pas « comme il faut » mais c’est remplit de bonne volonté. C’est dans ces moments-là que j’me rends compte que parfois, la bonne volonté seule, ne suffit pas. Eh. Prochain candidat, …

Le ciel s’ouvre et mon estomac gronde. Je dois quitter page Word, j’te souhaite une bonne journée !
Commentaires
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Eldorino
26/04/10 à 22:14
J'A-DORE ! Sérieusement, j'ai eu de très bons rires, et en même temps ya des choses qui sonnent très vraies, vraiment, superbe texte :) !

Burn
26/04/10 à 02:19
Valérie!

You rock so much babe! J'suis heureux de voir que tu t'es lancée. :D

Si on aurait à mettre le tag "entertainment" sur un texte, ça serait bien le tien ;).

Libellule Rouge
26/04/10 à 01:59
C'est sympathique, frais, du bonbon littéraire! J'aime les tournures imagées dans l'enrobage bien québécois quotidien. Pour l'instant, je ne peux pas en dire vraiment plus, si ce n'est que j'ai hâte de voir la suite, où est-ce que ça va mener!