En bout de ligne

Type : Littérature | Ajout le : 25/09/2006
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Position dans Littérature : 11ème

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C'était la deuxième fois que je ratais l'autobus cette semaine et ça me faisait chier. Il fallait que j'appelle ma mère et que je lui tète un lift. Elle haïssait ça, surtout que mon travail finissait à une heure du matin … Au fond, je la comprenais, mais elle avait une manière de me faire sentir que je la dérangeais que j'haïssais en maudit. En marchant un peu, je trouvai finalement un téléphone public. J'entendais déjà ma mère chialer en composant le numéro. Le téléphone sonna deux coups.

Une voix d'homme me répondit. Je fut tellement surprise que je raccrochai sans dire un mot. Bon … je ne devais pas avoir composé le bon numéro. Je rappelai. La même voix me répondit : «Allô ?
- Heu … allô.
L'afficheur montrait pourtant le numéro de ma mère. Y avait-il quelqu'un chez nous ?
- C'est toi qui viens d'appeler ?
- Bin … oui. Ça fait deux fois que j'essaie d'appeler ma mère, pis c'est toi qui me réponds, là.
- T'es dans une cabine, là ?
- Ouais …
- Ouin, c'est bin ce que je pensais. Ça m'arrive souvent. À chaque fois que quelqu'un téléphone à partir de cette cabine-là, ça sonne ici. Bell devrait venir réparer la patente bientôt. Qu'y disent.
Je ne répondis pas. Le gars commençait à me faire peur, surtout que son explication n'était pas des plus rationnelles.
- T'es-tu mal pris ? Je peux t'aider, tsé.
- Non, non, lui répondis-je. J'vas me débrouiller. Merci.
- Bin salut, là.
- Ouais, ouais. »

Je sortis de la cabine. Il y avait un banc juste à côté. Je ne savais pas trop quoi faire. Je ne voulais pas marcher jusqu'à l'autre bout de la ville en pleine nuit, surtout que je n'étais pas dans le quartier le plus safe. Je pourrais marcher jusqu'à une autre cabine, mais c'était loin et ça ne me tentait pas. Pas pantoute.

Il y avait un homme dans une auto stationnée près de la cabine. Et il me regardait. Il avait un regard de freak dangereux et pervers. Il n'arrêtait pas de me regarder. Ses yeux me transperçaient le corps. Il voulait me violer, c'était le message que ses yeux m'envoyaient.

Je ne sais pas pourquoi, mais mon premier réflexe fut de retourner à la cabine, comme si ses quatre murs me protégeaient. Je composai le numéro de la police, sans quitter des yeux le malade dans l'auto. Bar bonheur, le pervers s'arrêta de me fixer pour répondre à son téléphone cellulaire. De mon côté, le même homme que tout à l'heure me répondit : « Allô ?
- Salut, heu … c'est encore moi.
- Hey, salut ! C'est bizarre, tu m'appelles comme si on se connaissait.
Sa voix m'était rassurante.
- Écoute, heu … t'as dit que tu pouvais m'aider ?
- Ouais …
- Y'a un gars stationné près de la cabine, y'arrête pas de me regarder. Chus certaine qu'il veut me violer. Viens me chercher avec ton char, s'il-te-plaît !
- Okay, pas de trouble. Bouge pas, reste calme, j'vas venir te chercher. T'es où, exactement ?
- Je suis entre Sherbrooke et Saint-Denis, sur la rue Roy, je pense.
- J'arrive. »

Je lui demandai de se grouiller le cul, mais il avait déjà raccroché. Je retournai m'asseoir sur le banc. Le pervers dans l'auto avait probablement terminé son appel. Après, tout s'est passé très vite : il descendit de son auto et s'avança vers moi.

Sa voix me percuta de plein fouet : « Votre carrosse est avancé, mademoiselle !» Il avait la même voix que celui que j'appelais trois fois depuis le début de la nuit.
Commentaires
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Libellule Rouge
01/02/07 à 14:27
Au bout du compte
J'aime vraiment ce texte, un suspense un peu étrange. Première lecture et je me suis fait prendre dans le piège. Court et punché, bravo!