"Il y a deux choses très importantes dont je dois traiter ici. Tout d'abord, pourquoi le théâtre ? En fait, lorsque j'étais au secondaire, durant ma dernière année, j'ai eu un cours de théâtre en option. Lors du cours, j'ai eu la possibilité d'écrire ma propre pièce ([i]La Dame en rouge[/i]), qui n'a malheureusement pas pu être montée, bien qu'elle se soit rendue à la toute dernière étape de sélection. Il s'agissait alors de ma première pièce de théâtre à vie, co-écrite avec une amie. Le style était donc bien sûr un peu déficient, puisqu'il s'agissait d'une première pour nous deux. L'histoire, peut-être plus aisément adaptable au cinéma qu'au théâtre, était par contre proche des textes que j'écris actuellement, bien que plus centré sur un personnage plutôt que des sentiments ou des impressions. La pièce baignait dans le flou, dans l'incompris, le tout dans un univers surréaliste peuplé de plusieurs personnages aux noms évocateurs. C'est en partie parce que le style était handicapé et parce que le style de pièces favori des juges était plutôt traditionnel que ma pièce ne fut pas jouée, bien que mon professeur l'ait bien aimée. Je récidive donc dans le monde du théâtre avec, cette fois-ci, un monologue théâtral, [i]Les Sentiments éternels[/i]. Les influences de la première pièce sont flagrantes, surtout sur le point de l'histoire et du personnage : tout progresse sans qu'on ne soit sûr de rien et on baigne sans contredit dans une mélasse bien épaisse. Par contre, la fin, ici, est plus concise (l'autre, bien que concluante, n'était pas spectaculaires), plus punchée, si vous me passez le mot. Le personnage agit parfois de manière incompréhensible, oscillant entre plusieurs phases de «personnalité», si vous voulez, et donne l'impression d'être bipolaire, voire multipolaire... Le style est beaucoup, beaucoup plus direct, laissant tomber presque totalement le style plus littéraire que j'avais eu précédemment, pour se concentrer sur les actions importante et, surtout, le monologue. Un ami projetait de monter une soirée théâtre avec trois de ses pièces, récemment, et me demandait de faire partie de l'équipe technique. Le jour d'avant, j'avais eu l'inspiration d'une pièce de théâtre sur le mensonge en allant voir une comédie musicale étudiante, je lui ai donc parlé de mon idée. Il m'a offert d'en faire une sorte de première partie à ses trois pièces, s'il aimait le résultat final et si le tout faisait, selon lui, une bonne pièce. Je me suis donc lancé dans l'écriture d'un assez court monologue. Maintenant, parlons de la pièce en soi (désolé, je sais que ça fait un très, très, très long commentaire ^^!). Il faut d'abord savoir que la pièce s'impose comme une oeuvre soeur à une autre de ma plume, écrite récemment : [i]Les Sentiments éternels[/i]. Le lien s'est créé entre les deux sans que ce ne soit réellement volontaire. Les deux textes parlent du même sujet, ont des réflexions semblables et, surtout, placent les sentiments au coeur de l'histoire. La différence est dans le contexte. Cette pièce se concentre sur une jeune femme, vingt ans, anonyme, qui se fait quitter par son amoureux en allant le voir à Montréal. Elle analysera donc la situation de divers points de vue, des plus rationnels aux plus émotifs, en passant par une gamme de sentiments. Ici, l'exploration du monde des sentiments est encore plus flagrant : le personnage va jusqu'à jouer différentes réactions lors de séquences plus musicales. En effet, la femme sera stoïque, heureuse, triste, colérique, craintive, voire angoissée. Les sentiments sont par contre vus sous un autre angle, celui de l'éternité, d'une part (ce qui n'était pas le cas dans les [i]Sentiments éternels[/i], bien que le titre le laisse croire) et, surtout, celui de la subjectivité. Offrant une histoire d'un côté et quelques réflexions de l'autre, la pièce se concentre sur deux aspects vraiment importants. Qu'est-il arrivé à cette femme ? et qu'est donc cette pièce ? Au travers des deux trames, on explore le mensonge. Qu'est-ce que le mensonge ? Eh bien la fiction, l'art, simplement ! D'autres éléments sont semblables entre la pièce et l'autre histoire, qui était en fait une nouvelle de trois pages (quatre fois plus longue que celle-ci, donc). Les deux sont principalement des monologues, axés sur ce que le personnage veut dire. De plus, les deux histoires ont comme élément déclencheur la rupture amoureuse, de la même personne, un certain Marc-Antoine. Par contre, là où [i]Les Sentiments Artificiels[/i] place un personnage féminin, il s'agissait d'un jeune homme homosexuel dans l'autre texte. Il ne me reste plus qu'à expliquer, je pense, le rapport qu'a la pièce avec la réalité et le public. Il n'y a pas de réelle interactivité entre les deux. S'il est vrai que la femme s'adresse par moments au public, elle n'attend pas de réponse de sa part, et il n'est jamais demandé au public de prendre part dans la pièce. Ce qu'il y a, simplement, c'est une comédienne sur scène, déchirée entre son rôle, mensonge, et la réalité, une réalité qui disparaît lentement de sa vie... Oh, et mon vrai nom, c'est Pascal."