Crier des bulles de silence

Type : Littérature | Ajout le : 30/11/2011 | Modification le : 30/11/2011
Note de l'auteur :
Il manque la moitié du texte qui est en note de bas de page... E-toile ne peut les gérer. Dommage. Bien quoi, il faut donner des défis
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«J’t’aime pu.»
Je lui ai dis ça comme on commande un hamburger dans un casse-croute , le visage impassible, une crampe au ventre.
Elle me regardais dans les yeux. Il n’y avait plus rien à y lire.
Je pourrais raconter qu’elle me frappe, me jette mon porte-clés en porcelaine à la figure , qu’elle crie, mais je mentirais.
Il n’y avait que ses bras ballants et un silence dans la pièce . Le porte clés est resté à sa place.
J'étais déçu. Je m’attendais à un débat, un combat, une guerre.
Je pensais qu’elle allait pleurer, m’attraper par les bras, les jambes, et tenter de me faire changer d’avis.
Mais rien.

Je la désirais toujours.
Ses cheveux jusqu’aux épaules, ses taches de rousseur , sa peau d’un blanc très pâle.

Indubitablement, je la trouve très belle.
J’aimais l’observer, par la porte de la chambre, quand elle s’habille.
Elle ressemble à une toile dans un cadre grandeur nature.
La beauté se passe, parfois, d’amour.



Je ne sais pas quand j’ai arrêté de l’aimer.
Mais je pense que ça s’est étendu sur plusieurs semaines, voir plusieurs mois, avant d’aboutir.

Je n’ai montré aucun signe avant-coureur. Hier encore, je préparais la table et le souper, pour le moment où elle reviendrait de l’école. J’ai mis l’écorce d’une orange à brûler pour répandre une bonne odeur.
Aujourd’hui, il n’y a pas eu de souper, ni d’écorces d’oranges.

Le bleu de ses yeux me subjugue.
Des larmes commencent à monter. Je regrette déjà ce que je n'ai pas dis.
Le silence était de trop présent, ça donnait le gout de crier.

Il ne se passait rien.
J'ai pris mon sac et quitta l’appartement.
Elle est restée là, seule, sans aucunes explications.

J’aurais aimé en avoir moi-même


Anthony Lacroix
Commentaires
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Cbastien
04/12/11 à 20:19
Ça fesse!
Bon, désolé d'avoir commentés tous tes articles, mais je me devait de faire ma journée lecture.

Donc, pour cet article, je le trouve fort intéressent (ça ressemble à un exercice que j'ai fait dans mon cours de création littéraire).
C'est très fluide, douloureux, on croyait même que c'est une bride d'histoire vrai. Si tu veux une piste (au cas où tu aimerais développer le texte ;), tu pourrais faire mention lorsqu'elle s'habille, que tu l'aime davantage, qu'à chaque morceaux de linges, une étoffe de sentiment se rajoute à elle.

AnThonY LaCroiX
30/11/11 à 09:30
Ah et puis zut les voici

Le genre de casse-croute qu’il y a sur les chemins de terre à la sortie des villages.
Du moins, c’est ce que je veux me faire croire.
C’est ma mère qu’y m’a rapporté ce porte-clés de Floride. Elle l’a toujours détesté.
Nous sommes dans la cuisine, c’est elle qui a choisi les couleurs.
Quand je l’ai connu, elle les affichait d’un air fier, comme si elle portait des pendentifs couteux.
Le tableau Femme à sa toilette de Toulouse Lautrec est celui auquel je pense le plus souvent.
Nous étions un 24 février.
J’ai fait du saumon au vin blanc, son plat préféré.
Je dois résister pour ne pas l’embrasser, une dernière fois.
Non pas dans ses yeux, mais dans les miens.
Entre autres, que j’aimerais la garder dans ma vie.
Je voudrais que les vitres éclatent sous la pression du silence pour couvrir mes cris.
Il se trouvait à la droite de la porte, seul signe de ce qui allait arriver.