Ange déchu

Type : Littérature | Ajout le : 20/09/2005
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"2 ans, 1 mois, 11 jours

Cette différence empêche-t-elle l'amour?"

Si j'avais su...

Bien-sûr qu'elle empêchait l'amour. Entre un "homme" et une simple "gamine", cela ne pouvait fonctionner...

Tu pensais que je t'avais oublié, n'est-ce pas ? Que cette plaie béante au fond de mon coeur était guérie ?

Sache que non. Il ne reste plus qu'une écorchure, mais si profonde...

L'amour a depuis longtemps été remplacé par la haine...

Ah, la morphine contre la douleur n'est rien en comparaison.

C'est le bonheur pur et simple après un malaise profond.

Ce qui nous empêche de sombrer vers le suicide.

Oui, je te déteste. Et c'est tellement plus facile, si tu savais.

Comment ? Tu ne voulais pas ça ? Oh... je ne te crois pas. Après ce que tu m'as <i>écrit</i> ?!

Durant un moment j'aimais encore l'image que je me faisais de toi tout en ne supportant pas ce que tu étais vraiment. Et puis à force de faire couler mes larmes... L'amour que j'avais pour toi est parti avec ce liquide salé pour ne laisser que la rancune.

Tout allait mieux après ça. Plus d'espoirs inacessibles, plus de rêves irréalisables.

Moi, avec tout ce que j'avais de plus pur à t'offrir.

Car oui, la "gamine" a perdu toute trace d'innocence ou de naïveté qu'il lui restait.

C'est la seule bonne chose que tu ais faite, j'imagine.

Tu me croyais plus intelligente que ça ? Parce que tu te permets de juger, toi? Toi, celui à qui j'ai tout montré de moi, celui à qui j'ai tout dédié, celui à qui j'ai tout avoué, le seul que j'ai aimé ? Toi, "l'homme" qui ne valait pas l'amour de la "gamine" amourachée ?

Mais tu es au dessus de cela voyons ! Et surtout... tu trouves facile de me critiquer à présent...

Alors, quand je t'aimais j'étais intelligente mais trop jeune [malheureuse et aveugle, dirais-je]

Maintenant que je te hais, je suis sotte et influençable [et pourtant les yeux bien ouverts]

Permets-moi de rire, car ta vision des choses est si objective ! Je suis bluffée !

"L'homme" ne serait-il pas un tout peut trop sûr de lui ? Et surtout complètement con ?!

J'aime te haïr, c'est très agréable. Mais savoir que je t'ai aimé... ça me dégoûte.

Enfin, erreur de jeunesse, dirons-nous.



Il fait froid. Je frissonne. La nuit m'entoure de ses bras protecteurs. J'aime ça.

Je suis devant ta porte. Je sens ta respiration tranquille et insouciante à l'intérieur. Cette façon d'être si enfantine pour "l'homme" que tu es.

Je serre la dague entre mes doigts.

Je dois tout d'abord trouver quatre feuilles. Quatre femmes. Des combattantes, fortes et sûres d'elles. Ce que je voulais être à tes yeux, peut-être ?

Leurs visages. 3 lettres et 2 chiffres.

C'était ce que tu me devais depuis longtemps.

Je les regarde avec plaisir. Elles ne seront plus délaissées.

Je m'approche de toi à présent. Je passe mes doigts dans tes cheveux. Ce crin noir de jais. Un fantasme que je me devais d'assouvir.

Endormi, c'est comme cela que tu es parfait.

La lame s'enfonce doucement dans ton buste. Je veux que tu me voies. Que ta dernière vision soit cette clarté vengeresse à laquelle tu ne pensais pas.

Lentement, la dague pénètre, tu ouvres les yeux. Ta vision brouillée te montre-t-elle mon beau visage ? Je souris. Je t'aime comme cela.

Tu restes silencieux, acceptes la sentence.

Je cherche le petit organe qui te tient en vie. Il est à peine plus grand que mon poing. Je le prends dans mes mains, couvertes de ton sang et du mien. La fine couche de graisse est vite percée, et je grave sur ton coeur mes trois initiales suivies de 2 chiffres qui annoncent l'année où j'ai fait cela. Je le signe comme j'aurais signé un dessin. Mon plus beau chef-d'oeuvre est achevé.

Nous sommes quittes.



De là-haut, ange déchu, tu me regarderas.

Tu seras à genoux, suppliant mon pardon.

Moi j'ai enfin gagné.

Je jubile :

Tu regrettes !

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