
Mamselle lors de sa prestation
Marianne V. pour e-toile.org
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Pour la deuxième fois cet automne, le public sherbrookois était convié aux Voix Libres, le vendredi 27 novembre dernier à la salle du Tremplin. Une soirée un peu en montagnes russes que nous préparait Suzanne Lafontaine, la charmante chanteuse, animatrice et créatrice de cet événement, qui souhaite faire découvrir des artistes ayant en commun la voix, peu importe leur style ou leurs fantaisies. Son co-animateur pour cette deuxième édition de l’année était Jérôme Fortin, musicien et chanteur du groupe Galarno ainsi que de Musiques à Bouches. Des chansons à répondre aux mélodies pop en passant par la musique d’inspiration latine, il y avait de quoi plaire à tout le monde… ou presque!
La soirée a bien commencé: Jérôme Fortin a mis de l’ambiance avec une de ses chansons à répondre. Il n’était peut-être pas très à l’aise comme animateur, mais ses talents en chant sont surprenants, et la foule lui a réservé un accueil chaleureux. En fait, dans l’ensemble, le public était très réceptif, notamment lors de la performance de Kim Beaudoin, qui a offert un numéro alliant mouvement et voix avec une intensité surprenante : je suis persuadée qu’elle en a déstabilisé plusieurs.Dans leur volonté même de faire éclater les frontières artistiques et générationnelles, les Voix Libres paraissent souvent un peu décousues, mais habituellement il y a toujours un élément pour nous convaincre de la pertinence, et les bas ne sont jamais excessivement bas. Or j’ai été plutôt déçue par la première partie de la soirée : la performance du duo formé de Caroline Pépin-Coulombe et Louis Beaudoin de la Sablonnière ne m’a pas du tout convaincue, puisqu’ils semblaient manquer de préparation. Leur reprise de Nina Simone était toutefois plus sentie. Cependant, c’est principalement le nouveau groupe Sacha-Frédéric qui m’a désappointée. Outre la performance du pianiste, excellent malgré sa nervosité, je n’ai vraiment pas accroché à leurs compositions : les rimes semblaient forcées, les textes, un peu simples et la voix du chanteur, sans grandes nuances. Je dois admettre qu’ils ont réussis à faire participer la salle, quoique celle-ci était déjà un peu vendue d’avance.
Il n’y a toutefois pas eu que des déceptions dans cette soirée. Petronella van Djik, conteuse et grande manitou du même mouvement en Estrie, a offert une performance à la hauteur de ces capacités. Impossible de ne pas rester accrochée à ses lèvres tant elle peut être captivante! Mamselle Ruiz, une jeune chanteuse sherbrookoise d’origine mexicaine, a offert une prestation entraînante et a charmé le public dans sa langue natale, mais aussi en français. Elle sera d’ailleurs en spectacle le vendredi 4 décembre, toujours à la Salle du Tremplin. Je vous suggère fortement d’aller la découvrir, d’autant plus que ses mélodies doivent être encore plus riches avec la présence de ses musiciens – ceci dit, elle a quand même assez bien imité le son d’un saxophone!
J’ai finalement eu un coup de cœur pour le groupe Eaubansan formé par les sœurs Camirand. Eaudrey, chanteuse principale et pianiste, a une voix troublante, douce et vibrante à la fois. Myra a aussi fait découvrir au public des instruments de percussions inconnus de plusieurs. Les textes, très poétiques, ouvraient grande la porte de l’émotion et de la sensibilité. J’en aurais pris plus tant leur chimie sur scène était évidente et tant elles nous entraînaient dans leur univers feutré mais ardent. Elles seront en spectacle le 4 décembre à la salle Alec & Gérard Pelletier de Sutton; si vous avez l’occasion de vous y rendre, je ne crois pas que vous regretterez!