
Queen Ka durant sa prestation
Marianne V. pour e-toile.org
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Le 4 février dernier, plusieurs fidèles ont bravés le froid pour assister à la sixième soirée du Slam du Tremplin au centre-ville de Sherbrooke. Un peu moins de spectateurs qu’à l’habitude se sont présentés, mais ce n’était rien pour décourager les poètes venus s’affronter sur scène ainsi que la reine de la soirée, la magistrale Queen Ka venue spécialement de Montréal pour se soumettre à l’arène du Grand Chelem. Au plus grand plaisir de tous, il va sans dire!
À mes yeux, Queen Ka a carrément volé le spectacle, et rares étaient les cartons noirs ou les pouces en bas. Rappelons que le Grand Chelem donne comme défi à un poète de conserver la scène pour un total de 22 minutes 22 secondes, alors que le public doit voter à différents intervalles. Queen Ka a rempli sa mission avec brio, nous faisant voyager des serrements de cœur au rire cynique, avec une habileté et un enthousiasme évident. C’était la deuxième fois que je la voyais et la première où je pouvais vraiment apprécier son talent : disons que j’ai été gâtée! Tous les candidats à la grande finale du Grand Chelem sont donc choisis : Queen Ka, Carl Bessette, Marjolaine Beauchamp et Guy Perreault s’affronteront d’ici quelques mois dans le but de remporter un bâton de baseball signé par le fondateur du slam, la légende vivante de Chicago, Marc K. Smith. Surveillez les informations concernant cette soirée : ça devrait être à couper le souffle!
Par la suite, Frank Poule, l’animateur toujours aussi fou des soirées Slam du Tremplin, n’a pas laissé une seconde de répit à ses convives en enchaînant en duo avec Martin Gardner sur le Manifeste végé-cannibale. On a eu droit a un moment de pure folie poétique truffé de références bien sherbrookoise et même « slamilliesque »(c’est-à-dire de la « famille » du Slam du Tremplin). On en aurait pris encore et encore davantage tellement c’était hilarant.
La compétition a connu ses hauts et ses bas, comme d’habitude. Pour la première fois, dans ma mémoire du moins, un slameur a choisi la langue de Shakespeare pour slamer au Tremplin. Le public de Sherbrooke, toujours aussi ouvert, a bien accueilli cette dérogation au « règlement fantôme » du français, tellement qu’il s’est taillé une place en deuxième ronde pour nous livre un texte… francophone cette fois! J’ai été particulièrement épatée par Mathieu Gagnon, qui a vraiment grimpé d’un niveau par rapport à ses dernières prestations, qui a notamment parlé de sa future progéniture avec finesse, jeux de mots et amour. Ses efforts ont été récompensés puisqu’il a terminé au premier rang de la soirée.
Enfin, on ne croyait pas la voir monter sur scène cette saison, mais elle a finalement changé d’avis. La vice-championne de la finale individuelle du Grand Slam 2009 à Montréal, Sophie Jeukens, est venue livrer deux nouveaux textes. Son premier a frappé comme un grand coup dans le cœur. Son deuxième, un peu moins maîtrisé, a tout de même su charmer le public. En fait, c’est que je ne sais même pas comment on ne pourrait être séduits par sa poésie toujours profonde, digne de la virtuose langagière et sentimentale qu’elle est.