Un festival plein de promesse

Type : Chronique / Évènement | Ajoutée le : 03/08/2008 | Modifiée le : 22/05/2009

In the lab - oeuvre picturale par l'une des exposantes, Audrey Malo
www.cendrille.deviantart.com/
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En me rendant vendredi soir à la première édition du FAST, Festival des Arts de Sorel-Tracy, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Il faut dire qu’on parlait d’un festival créé et organisé en environ deux mois dans une petite ville d’environ 35 000 âmes peu reconnue pour sa vitalité culturelle. J’avais cependant dans l’idée que la tenue durant cette même fin de semaine d’un symposium d’arts visuels ne pouvait sûrement pas nuire. Mais personnellement, je ne pourrai en avoir le cœur net puisque votre bien-aimée correspondante n’a pu se présenter qu’à la première soirée avant le début des autres festivités. Une première soirée qui, en fin de compte, fut bien agréable.

Je me suis donc présentée sur place un peu avant 18h00, juste après la fin du vernissage. Cela m’a donné un peu le temps de jeter un coup d’œil à l’exposition visuelle qui complétait l’éclectique programmation du festival. D’emblée, ça s’annonçait plutôt bien : des œuvres surprenantes, ingénieuses avec beaucoup de potentiel. Et l’avantage de ce festival, c’est la proximité avec les autres artistes. Geneviève Dulude-Decelles est d’ailleurs l’une avec qui j’ai discuté un peu, un bel échange où j’ai pu en apprendre plus sur sa technique qui mélange la photographie avec la peinture. Mais c’est aussi dans ces moments-là qu’on réalise que le milieu culturel de cette région n’est pas très grand, car plusieurs personnes dans la salle se connaissaient. Un public d’ailleurs restreint semblant plutôt dispersé dans le grand espace offert par le Loup Rouge, qui s’avère être une très sympathique micro-brasserie où la bière est charmante, voir étonnante! On y sentait cependant que le projet était tout nouveau, et si j’avais une suggestion à formuler pour l’an prochain, ce serait d’investir dans un écran plus grand et un meilleur système multimédia. J’ai trouvé dommage de manquer certains aspects des différentes présentations pour une question d’éclairage. Néanmoins, les organisateurs ont tout de même réussi à rassembler plusieurs artistes de tous milieux, intérêts ou même âges, et cela, je leur en félicite.

Nous en arrivons alors au plat de résistance : les œuvres présentées. La soirée a débuté avec la présentation de quelques courts métrages (qui n’était d’ailleurs pas ordonnés selon le programme, ce qui a bien déçu votre organisée critique). "La Chemise" en a amusé plus d’un, "Marie-Pier Robidoux partout" a fait voir double, et d’autres ont semblé laisser tout le monde un peu perplexe. De l’ensemble, je me dois de souligner le film "3 pieds sur Terre", un documentaire plus que pertinent sur la réalité des personnes de petite taille, communément les nains. Des explications précises, une perspective très humaine et une technique remarquable; le tout m’a conquis sans même que je vois le temps filer.

Après un entracte bien mérité, le festival s’est poursuivi avec des œuvres littéraires, dont Johanne Girard qui a eu la brillante idée d’être accompagnée musicalement, ce qui franchement a transporté ses textes poétiques dans une autre dimension, et pour le mieux je dirais. En soit, rendre la poésie accessible peut presque être un art : dans son cas, cela a très bien réussi. Or, pour celui de sa successeur, Carmen Ostiguy, qui proposait une « visite des parties du Québec », je reste encore ambiguë face à la question (tout comme probablement son malheureux cobaye, M. Paul, qui a subit les assauts de sa folle tapette à mouche …). Heureusement, l’ordre naturel des choses à été rétabli par la conteuse Diane-Marie Racicot qui déclamait pour sa toute première fois sa légende de Wolfred Nelson, leader patriote né anglophone, qui a donné son surnom à la brasserie artisanale où nous étions attablés.

De mon côté, la soirée s’est terminée sur la lecture publique d’un texte de théâtre de Rebecca Deraspe. Plus qu’une lecture, c’était presque la pièce sans la mise en scène. Les lecteurs-acteurs étaient époustouflant de vérité et de folie, malgré tous les bruits extérieurs et cette scène qui franchement n’aidait personne en cette chaude soirée d’été. Un texte sensible, dérangeant, dérangé, mais surtout ficelé, cousu de fil noir sur une dentelle immaculée qui a gardé en haleine la petite foule réunie par le désir de découverte. La fête devait se continuer par un match d’improvisation, un radio-roman ayant été « coupé au montage », mais l’horloge biologique a rattrapé votre vaillante correspondante.

Pour conclure, je dirais que ce fut une belle soirée, pas au-delà de mes attentes, mais pleine de potentiel et de perspectives enthousiasmantes pour les éditions futures. Je souhaite aux organisateurs et à la population de la région soreloise un FAST deux, parce que ça prend du courage de présenter un événement d’art amateur, et ça prend encore plus de culot d’en faire un rendez-vous d’où l’on sort en se disant « j’ai bien fait d’y aller! ».
Commentaires
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Burn
04/08/08 à 03:32
Ce fut une agréable soirée, malgré que la foule était assez peu nombreuse et un peu froide. Au niveau des oeuvres, c'était bien en général.

La bière était bonne (et forte) en tout cas! ;)