
Sacha, Agnès et Manou
Marianne V. pour e-toile.org
Classement :
Pointage : --/5
Nombre de votes : 0
(Pour voter, connectez-vous!)
Position dans Chroniques : --
Pointage : --/5
Nombre de votes : 0
(Pour voter, connectez-vous!)
Position dans Chroniques : --
Visites :
Aujourd'hui : 0
Total : 800
Aujourd'hui : 0
Total : 800
Chronique :
Mots : 787
Mots : 787
Le Théâtre Macache présente jusqu’à samedi sa nouvelle création intitulée « Personne n’écoute jamais les tournesols » au théâtre Léonard-St-Laurent de Sherbrooke. La troupe qui nous avait offert l’année dernière la pièce « Pluriels » revient cette année avec une histoire d’absence, où il ne suffit pas d'amener quelqu'un avec soi pour être deux, où on fait parfois n’importe quoi pour se faire croire qu’on n’est pas seul. Écrite par Sophie Jeukens et mise en scène par Caroline Martin, « Personne n’écoute jamais les tournesols » démontre une belle essence, mais le résultat final n’a tout de même pas réussi à me convaincre.
Le récit se déroule en deux temps. Manou, jeune mère victime de violence, se réfugie chez sa sœur Agnès, qui n’a jamais pu avoir d’enfants. Et Tom visite sans relâche la tombe de son fils alors que la petite Maya, tout près de là, cherche quelqu’un à dire « papa ». Et comme dirait le synopsis : « Chacun pourrait trouver, à quelques mètres de lui, celui ou celle qui saurait combler ce trou béant qu’il porte en lui; si seulement il savait ouvrir les yeux et franchir la frontière... Car en ce monde, il pousse des murs entre les êtres. Et pendant que la peur, l’envie et le remords creusent des fossés, les arbres, eux, continuent tranquillement de pousser vers le ciel. »Un constat mi-figue, mi-raisin, donc, pour cette pièce en dents de scies qui avait pourtant une belle prémisse, l’absence qui nous touche toujours à un moment ou un autre de notre vie. Les dialogues de Sophie Jeukens se dégustent comme des perles de poésie, mais avec lesquelles on dirait qu’on n’a pas su faire un collier, parce que, dans l’ensemble, j’ai trop souvent cherché à comprendre où cette pièce s’en allait. Or, aussi étrange que cela puisse paraître, c’est dans les moments poétiques que je comprenais le mieux cet univers blessé, tourmenté, un peu fou, mais avec une sorte d’espoir, finalement. Ou du moins je crois…
Techniquement, le Théâtre Macache a appris de ses erreurs de l’an dernier (voir ma chronique ici : http://e-toile.org/chroniques-entre.....er-92.html). Les éclairages étaient fluides, juste assez présents et efficaces. Et si je leur reprochais un manque de projection, les comédiens de cette nouvelle création n’ont eu aucune misère à se faire comprendre. Même, je dirais que le personnage de Sacha (Michaël Blais) manquait de nuance vocale : impossible d’ignorer ses paroles! Par contre, je salue les talents de chanteurs de ce dernier, de Manou (Amélie Aubé-Lanctôt) et d’Agnès (Line Bérubé). Les chansons, sans faire de la pièce une comédie musicale, ont été utilisées avec justesse et sensibilité.
Ma plus grande déception va toutefois au personnage du professeur, dont les interventions brisaient complètement le rythme. Je n’y reconnaissais pas le style de l’auteure, et je n’ai pas compris la pertinence de ce narrateur externe qui ne racontait rien de réellement pertinent au final. De plus, la transition entre ses monologues et le cours normal de la pièce était trop souvent brusque et parfois même chaotique.
J’ai beaucoup appréciée l’interprétation de Ann-Cathrine Choquette en Maya, l’enfant qui aimerait avoir un père. Avec sa robe colorée et ses cheveux roses, elle avait tout d’une enfant sans entrer dans l’exagération de la fillette. Elle incarnait une enfant, elle n’en était pas le cliché, et pour cela je salue sa performance. D’ailleurs, la qualité de la conception visuelle du spectacle, des décors aux coiffures, mérite selon moi d’être soulignée. Le tout était bien arrimé avec la mise en scène, ce qui démontre une belle synergie dans l’équipe de création technique.
Bref, même si la pièce « Personne n’écoute jamais les tournesols » ne s’est pas avérée un coup de cœur pour moi, il demeure que cette création audacieusement poétique mérite d’être écoutée : ne serait-ce qu’après un certain rodage, probablement que certains problèmes que j’ai identifiés seront déjà réglés.
Il reste une dernière représentation ce samedi 13 février à 20h au Théâtre Léonard-St-Laurent de Sherbrooke (200 rue Peel). À vous de tourner la tête vers ces tournesols solitaires, question de peut-être les aimer...