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Poètes du Cabaret Résolu
photos par Joe Lemay
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Chronique :
Mots : 1081
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Je propose que le mois de juin devienne le mois international du slam et de la poésie! Du moins au Québec. Bon je déconne, mais il se passe tellement de choses que je sens que je dois souvent me splitter en deux ou trois, chose que je ne réussis pas encore complètement, donc je dois faire des choix d’événements.
Cabaret RésoluCe vendredi 11 juin j’ai donc misé sur le Cabaret Résolu pour m’emplir de mots. Événement mensuel organisé par Pat Gagnon, ce Cabaret réunit au Bistro de Paris des poètes, des musiciens et des slameurs. Chaque invité (en moyenne 6 par soirée) a droit à 12 minutes de scène. Il y a ensuite un micro-ouvert pour ceux qui veulent présenter quelque chose.
La formule, à la bonne franquette, permet au public et aux artistes d’échanger dans une ambiance amicale qui personnellement me plaît beaucoup. Surtout que je ne connais pas la plupart des artistes qui sont invités par Pat Gagnon et Martimots (l’animateur).
Le 11 juin, nous avons donc eu l’occasion d’entendre
- Éric Roger (des soirées Solovox) qui a lu un extrait de son nouveau recueil « Narcissique dans le bec de l’autruche »
- Joel Pourbaix qui nous a partagé un extrait de roman aux effluves poétiques
« Détenir la vérité est facile, tout le monde le sait, mais soigner la vérité demande une immense humilité »
-Manic Manon, guitare à la main, nous a chanté en anglais quelques unes de ses compositions
- Romain Pollender a enchaîné avec un texte fougueux et acéré « On est des survivants »
- Ben Bazar, auteur-compositeur-interprète qui fait dans le blues, nous a partagé trois de ses créations
- Laurent Duceppe, comédien de métier, nous a partagé quelques uns de ses poèmes en anglais. Une première pour lui : il n’avait jamais performé ses propres textes!
- Pat Gagnon a enchaîné avec un court poème d’amour accompagné de Valérie Girard jouant du melodica (accompagnement beaucoup plus adapté que du « Monsieur Pointu », expérience tentée le mois passé)
- Valérie Girard a terminé la partie invités avec trois chansons de son cru : une nouvelle pièce intitulée « Lisse », « Le blues du cul de sac » (excellent morceau que nous avions entendu lors du deuxième cabaret, si je ne m’abuse) et une vieille chanson (1998) écrite suite à une peine d’amour et qui m’a personnellement bien fait marrer.
Au micro-ouvert se sont ensuite lancés Gabriel Duchesneau, Said Azzaoui, Frank Dubé (quelle découverte extraordinaire, complètement pété!), Dany Traversy (descendu de Sherbrooke!), Myriam St-Denis Lisée et Céline Desbiens, qui a ensuite enchaîné en chanson, et la soirée s’est ainsi terminée sur un melting-pot de musique québécoise (Mes blues passent pu dans porte, entre autres).
Côté ambiance, plusieurs textes étaient accompagnés de melodica ou de guitare, ce qui donnait un regard nouveau sur certains poèmes. La qualité d’écoute du public n’était pas la même que les autres fois : peut-être était-ce dû au fait que nous étions un vendredi soir assez chaud, près de la rue Mont-Royal qui était bloquée pour cause d’événement, que la soirée a commencé en retard et qu’un des premiers poètes a busté son temps et a passé au moins 25 minutes sur la scène. Malgré l’atmosphère un peu chaotique, je considère que ce fut une belle soirée, beaucoup d’excellentes performances, des découvertes, des petits moments de folie magique et beaucoup de plaisir pour ceux que cette ambiance n’a pas trop déstabilisé. Je déplore pour ma part les nombreux va et vient du public (dehors-en dedans-dehors-en dedans) mais en même temps, je le préfère libre, ainsi quand il s’assoit pour entendre de la poésie, c’est par choix.
Je note enfin l’animation toujours dynamique et flegmatique (dans le sens de calme d’âme) de Martimots, et j’ai particulièrement apprécié ses poèmes « Speak wise » et celui écrit pour sa mère lorsque celle-ci est décédée. Bravo pour ces deux bijoux de texte!
Tournoi de slam scientifique
En plein cœur du Festival Eurêka (événement mettant la science de l’avant), trois spectacles de slam à saveur scientifique furent menés ce week-end sous un chapiteau au Vieux-Port de Montréal. Les slameurs gagnants de chaque spectacle se méritaient un certificat-cadeau de 200$ chez Renaud-Bray : une belle récompense pour avoir buché sur des thèmes souvent peu abordés par les slameurs (sauf celui de l’environnement). André Fortin, animateur de l’événement, était quand même souple et nous permettait de présenter certains textes qui n’étaient pas nécessairement scientifiques (ou si peu…au fait le scrapbooking, est-ce une science?). Un bel effort a quand même été fait par beaucoup de slameurs pour élaborer sur un des nombreux thèmes qui peuvent coller aux sciences. Parmi les participants au tournoi, June, Amélie Prévost, Benoit Ponton, Pierre Boudreau, Julie Dirwimmer, Pascale St-Onge, Nina Warnock-Marceau, Bernard Anton, La Clocharde et Myriam St-Denis Lisée.
June et Amélie Prévost se sont partagé la première place (et le prix) lors du spectacle de vendredi 14h, un nouveau dans le monde du slam a gagné la première place samedi au spectacle de 18h (j’ignore son nom), et Julie Dirwimmer a remporté la première place au spectacle de dimanche 12h15. Les gagnants étaient déterminés par acclamation sonore du public (une machine calculait les décibels émis par les applaudissements et autres bruits enthousiastes du public). Parlant de bruit, un élément qui a pu troubler la concentration des slameurs et du public fut le Grand Prix de Montréal (c’est fou comme de loin le bruit des voitures peut ressembler à celui de gros moustiques tournant à une vitesse folle!).
Malgré un public à haut taux de roulement, je pense que ceux qui sont venus déguster un petit morceau de poésie en ont apprécié la saveur et la texture. C’est agréable de pouvoir slamer devant un public familial et peu familier à la chose!
