
David Goudreault
www.davidgoudreault.org
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Position dans Chroniques : 1ère
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Poète, rappeur, slammeur né à Trois-Rivières et maintenant sherbrookois d’adoption, David Goudreault lance ce vendredi 28 août 20h au Tremplin son premier album intitulé « Moins que liens ». Co-produit par Frank Poule, slamestre des soirées Slam du Tremplin, le disque regorge de collaboration avec des musiciens, poètes ou rappeurs émergents, tous des proches de David Goudreault, qui tenait à faire un album presque « de famille ». La formule réussit bien, alors que les 14 titres (plus une chanson bonus) traversent différents courants artistiques. L’artiste nous livre ses meilleurs textes des dernières années : au programme, des slams lives, d’autres mis en musique et des raps à saveur hip-hop. Un tel mélange était presque inévitable lorsqu’on regarde son parcours artistique.
Artiste bien connu de la scène slam et hip-hop de l’Estrie, David Goudreault n’en est pas à ses premières tentatives sur les planches, loin de là. Il les brûle même sans vergogne, avec comme bagages quelques années dans des groupes de hip-hop, dont Les Maux-Dits, deux poèmes publiés dans un recueil aux éditions des Forges, des collaborations à des albums de rap émergents et, surtout, ses deux victoires aux finales régionales 2008 et 2009 du Slam du Tremplin à Sherbrooke, qui lui ont donné l’opportunité de ramener, avec ses collègues, le titre de ville championne de Slam l’année dernière. « Moins que liens » marque le début d’une nouvelle ère dans la carrière du prolifique poète.« Moins que liens » propose un rassemblement de textes poétiques dont plusieurs sont particulièrement engagés. David Goudreault étant travailleur social, il transforme nécessairement son métier en influence dominante. Sa plume, tantôt personnelle, tantôt cinglante, tantôt hilarante, me paraît d’ailleurs soutenue par une belle intensité. Sa voix nous transporte du rire à la gorge serrée par l'émotion aux éclats de colère et de cynisme. Malgré les délais étonnamment courts de production, on perçoit le souci du détail apporté aux chansons tant dans l’arrangement musical que dans la livraison des textes. Ceux qui connaissent certains des slams seront surpris, mais j’ose croire de belle manière, par des versions livrées un peu à la Grand Corps Malade ou même complètement remixées.
Toutefois, l’album semble avoir été composé davantage comme une compilation que comme un ensemble homogène. La variété des genres est certes agréable, mais au bout du compte l’auditeur en vient à privilégier un style au détriment d’un autre. Le fil conducteur me semble difficile à saisir alors que David Goudreault livre ici ses œuvres en toile d’araignée relationnelle. Néanmoins, en bon chasseur, il sait tout de même attraper son public jusqu’à ce que celui-ci découvre par lui-même un certain sens à ce disque somme toute truffé d’excellents moments. À mes yeux, « Moins que liens » est un bon candidat pour devenir un incontournable du slam québécois.
J’aimerais finalement souligner l’originalité du livret d’accompagnement, qui a été créé avec la collaboration des jeunes du Tremplin 16-30 (http://www.tremplin16-30.com/). Cet organisme s’occupe en effet d’offrir du soutien aux jeunes adultes en recherche d’autonomie par un volet résidentiel et un volet de plateaux de travail. Ceux qui ont participé au projet suivaient une formation en photographie : leurs créations illustrent avec puissance et professionnalisme chaque chanson, en remplacement des paroles qu’on retrouve tout de même sur le site http://www.davidgoudreault.org . Je vous invite aussi à le visiter pour en savoir plus sur l’album, sur la tournée québécoise à venir ou pour entendre des extraits avant de vous le procurer !