
David Goudreault, animateur de la soirée
Photo gracieuseté d'Anthony Lacroix
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Pas facile de tenir un spectacle en formule cabaret, et encore moins lorsqu’il se déroule dans un bar. Or quand on s’appelle David Goudreault, on ne voit pas cela comme un défi mais plutôt comme une occasion. Avec ses invités, il a pris possession des micros du Boquébière à Sherbrooke, ce mercredi 4 novembre dernier, et n’a pas hésité une seconde avant de nous entraîner dans son univers artistique où s’est mélangé allègrement le slam, la chanson et l’humour.
Dans l’ensemble, David Goudreault a rondement mené ce spectacle, laissant une grande place à ses invités tout ne tarissant pas d’éloges envers eux. Bien qu’on connaissait déjà son humour grinçant et éloquent, il m’a surpris dans son rôle d’animateur, surtout lorsqu’il s’est permis une réplique cinglante à un collectif sherbrookois, dont je tairai ici le nom, qui s’est amusé à pasticher le slam. Cette lettre ouverte sera d’ailleurs diffusée dans la revue littéraire Jet d’encre, pour ceux qui seraient curieux.Ce spectacle a donné lieu à plusieurs beaux moments. J’ai beaucoup apprécié la prestation de Luundo Dunia, dont la voix est toujours aussi émouvante et vibrante. Éric Paradis, accompagné de Samuel Beaupré, ont charmé le public avec, entre autres, une reprise de Stand by me : la chimie était particulièrement visible entre les deux artistes. Ce fut d’ailleurs une belle idée d’intercaler les performances des musiciens avec celles de slameurs.
Cependant, je m’attendais à davantage de la plupart des artistes invités. Davantage d’intensité, pour certains, mais davantage de retenue pour d’autres. J’ai été plutôt désappointée par le Docteur Crédible Berlingot, chansonnier et humoriste adepte de la critique sociale, qui a certes offert une bonne performance, mais qui semble s’être éternisé sur scène. La soirée, qui avait déjà commencé en retard, n’avait pas besoin de ce type de mise en valeur individuelle.
Plusieurs spectateurs ont d’ailleurs démontré un déficit d’attention profond face aux artistes sur scène. Mais en un sens, il fallait s’y attendre, car malgré toute la bonne volonté de David Goudreault et de ses invités, ça demeurait un cabaret dans un bar où personne ne peut exiger le silence complet. On peut espérer qu'un tel événement se répète, mais dans un contexte plus favorable à la découverte du talent de ces artistes.