Le scalp des rêves

Type : Chronique / Société | Ajoutée le : 03/09/2008 | Modifiée le : 03/09/2008
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En fin de semaine je vous parlais du Festival de Musique Émergente en Abitibi-Témiscamingue qui en était à sa sixième édition. Les critiques et les organisateurs ont conclus après un beau quatre jours de spectacles que l’événement a enfin atteint sa vitesse de croisière. Tant mieux pour les artistes émergents et le public nous dirons-nous! Pourtant, ne sortez pas le champagne et les fleurs trop rapidement. Nous vous avons déjà parlé à travers cette tribune : les coupes dans les programmes culturels ne touchent que les artistes reconnus, c’est même plutôt le contraire. Le gouvernement conservateur coupe l’herbe sous le pied de la relève et ainsi met en péril l’aspect internant du Festival de Musique Émergente. Bien entendu, cet exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres.

Je ne vais pas refaire la chronique de mon collègue, chronique ma foi dévastatrice à l’endroit notre charmant premier ministre du Canada. Je n’en ai pas le besoin puisqu’il a si gentiment exprimé toute la désolation et l’indignation qui ne peuvent qu’être vécues par le milieu artistique canadien à l’annonce de ses coupures digne d’une infestation de criquets dans les champs. C’était sans compter les nouvelles suppressions de subvention dans le secteur des nouvelles technologies et des médias interactifs. Ces manœuvres ont été effectuées, encore une fois, sous le couvert de l’anonymat, si subtilement que les dépêches sur le sujet ont presque été invisibles durant la longue fin de semaine. Je me rassure en voyant les groupes artistiques se réunir et sortir dans la rue pour manifester. À preuve, des politiciens –de l’opposition ou du gouvernement provincial, il va de soit –, des créateurs, mais aussi des simples citoyens ont brandis leurs pancartes ce mercredi 3 septembre à Québec. Comme quoi il n’y a pas que le Canadien de Montréal (sans offense au hockey) et les problèmes de Montréal-Nord qui font réagir la population.

En fait, c’est ça aussi le point que je veux amener dans cette chronique : la culture, si on la sort de la métropole, elle rame sans cesse contre l’idée préconçue que l’art ça ne rapporte rien à la société. Les régions se battent pour avoir du financement, de la visibilité, du public, même un peu de respect. L’art, pour moi, ce n’est pas un ramassis de gens bizarres qui se pensent bons avec leur gribouillis et leur charabia incompréhensible. L’art c’est quelque chose en perpétuel changement. Si l’on se met à censurer tout ce qu’on n’aime pas ou tout ce que l’on considère comme étant « n’importe quoi », alors je vous assure que tout ce qui se crée sur E-Toile ne vaut pas cher dans le collimateur de Harper.

À la veille du déclenchement d’élections nationales, je crois donc qu’une réflexion s’impose. Si la culture est le reflet d’une société et son meilleur ambassadeur à l’étranger, que souhaitons-nous pour l’avenir? Un peuple, bouche cousue, oublié dans ses bois éternels? Pour moi, le choix est clair : ils peuvent bien aiguiser leurs ciseaux, j’aurai toujours des rêves à écrire.


Pour en savoir plus :

L’article de La Presse concernant le bilan du Festival de Musique Émergente en Abitibi-Témiscamingue.
http://www.cyberpresse.ca/article/2.....5/CPARTS04

L’article de La Presse annonçant de nouvelles coupes dans la culture.
http://www.cyberpresse.ca/article/2.....360/CPARTS

L’article de La Presse sur les manifestations du 3 septembre 2008 à Québec contre les politiques culturelles du gouvernement Harper.
http://www.cyberpresse.ca/article/2.....360/CPARTS
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