
Palestiniens et Juïfs unis (PAJU)
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Position dans Chroniques : 3ème
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Chronique :
Mots : 782
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Critique du film Le Mur de Fer, de Mohammed Alatar. Un documentaire sur le fameux «Mur de la honte» érigé par l'État d'Israël afin de coloniser la Palestine.
Première d'une série de critiques et d'analyses de documentaires intitulée : Quoi d'neuf doc?
Comme première chronique, il pourrait paraître irréfléchi de critiquer un film qui date de 3 ans qui pourrait, à la vitesse dont on consomme l'information, paraître comme n'étant plus que bon pour les archives. Il faut donc comprendre que le but de Quoi de neuf doc? n'est pas de parler de ce qui est nouveau dans le domaine du documentaire, des dizaines d'autres sources le font plus habilement que moi, mais plutôt de mettre en lien un dossier politique et social avec un documentaire qui parfois sera une nouveauté et parfois méritera qu'on le sorte des tirroirs. En occurrence cette fois-ci, je sors des sables de Bethléem Le Mur de Fer, un documentaire sur la colonisation israëlienne en Palestine.Première d'une série de critiques et d'analyses de documentaires intitulée : Quoi d'neuf doc?
Traiter de l'occupation la plus longue de notre histoire moderne en si peu de temps relève du défi. Que Mohammed Alatar, palestinien d'origine, y parvienne, démontre un travail méticuleux et pédagogique. Nous suivons tant le trajet politique que celui géographique qui a mené à ce qui fut baptisé par d'autres israëliens, le Mur de la honte (référence au mur de Berlin). Un trajet tortueux pensé dans l'esprit de la colonisation des grands empires de l'histoire humaine, mais avec des moyens tout à fait moderne : drones, armements spécialisés, béton et propagande médiatique.
Dans une entrevue pour Info-Palestine, le réalisateur énonce très clairement sa volonté de «montrer aux gens l’étendue, la taille des colonies et l’importance du problème. » Il utilise pour se faire la caméra afin d'offrir des témoignages poignants, prenant sur le vif des scènes d'une violence déstabilisante. Il réussit tout autant à égaler la force du photo-journalisme, impregnant notre regard d'une réalité quotidienne aux Palestiens-nes : un territoire razé par la colonisation, l'établissement de domaines coloninaux et un mur qui ferait frémir même les plus grand auteurs de science-fiction. S'il en serait resté à montrer que ce drame humain, le documentaire aurait été acclamé mais se serait fait étiquetter comme étant une autre oeuvre soutenant la résistance palestinienne. Il a par contre décidé de plonger le spectacteur dans l'univers d'israëliens-nes et de projeter notre réflexion au-delà du mur. «Je voulais que les gens aient aussi le point de vue de l’« autre côté », du côté israélien. Si vous regardez de près n’importe quel sondage en Israël, il montre qu’une écrasante majorité de la population est contre les colonies, mais Israël ne fait rien.» dit-il dans la même entrevue.
Alatar pose donc le problème ainsi : le seul processus de paix possible est «la terre contre la paix», processus avancé par l'Organisation de libération de la Palestine, représenté par feu Yasser Arafat, qui avait réussi à mettre sur table un accord de paix avec Israël en 1993. Le documentaire démontre donc de l'absence de volonté du gouvernement à Tsahal (capitale israëlienne) de livrer ces terres illégitimes selon les Nations Unies puisqu'elles violent l'entente de partitionnement des terres de 1967. C'est donc ce visage d'une minorité israëlienne obstinée et fondamentaliste qui transparaîtra dans Le Mur de Fer. C'est ce même acharnement inhumain et religieux qui a mené au conflit de janvier 2009.
Alatar n'avancera pas trop de réflexions sur le chemin des solutions et reste très discret sur les avenues de luttes politiques (boycott, sanction, etc.), ce qui vient casser avec une culture très typique de l'Amérique. Il faut en comprendre que les dangers de s'aliéner la population israëlienne ne voulait pas être risqué car le film devait passer sur les ondes télévisuelles d'Israël. Le Mur de Fer s'inscrit donc dans la maintenant trop longue lignée de films documentaires (j'en dénombre plus d'une cinquantaine) décriant l'occupation. Sentiment partagé par Alatar, qui malgré sa passion pour le documentaire finit par avouer : «la vérité est que je ne veux pas continuer à faire ça. J’espère que le film sur Jérusalem, sur lequel je suis en train de travailler, sera mon dernier.».
Le film sera présenté lors des Projectiles du Regroupement autonome des jeunes (R.A.J.) le mercredi 11 février à 19h00 au Tremplin 16-30 (97 Wellington Sud, Sherbrooke) et est disponible au PAJU à rfaraj@videotron.ca pour 20$.