Le Festival du texte court vu par Sophie Jeukens - Entrevue

Type : Chronique / Évènement | Ajoutée le : 28/05/2009 | Modifiée le : 28/05/2009

Festival du texte court de Sherbrooke
http://festicourt.org
Classement :
Pointage : --/5
Nombre de votes : 0
(Pour voter, connectez-vous!)
Position dans Chroniques : --

Visites :
Aujourd'hui : 0
Total : 721

Communauté :
Commentaires : 0
Ajouts aux favoris : 0 (Qui?)

Chronique :
Mots : 1016
Ce vendredi 29 mai aura lieu le lancement de la 4e édition du Festival du texte court de Sherbrooke. Cet événement étalé sur trois jours met en avant-scène les artistes des mots, mais aussi les musiciens, les artistes visuels, ceux du cirque, etc. C’est un festival qui se veut rassembleur et propulseur de la relève artistique. Pour en parler, j’aurais très bien pu faire une chronique toute simple, mais Anthony Lacroix l’a déjà fait de très belle manière et je ne voulais pas jouer les radoteuses. J’ai plutôt décidé de faire ça en grand et d’aller voir les organisateurs pour discuter de leur festival afin d’en savoir davantage. Je me suis donc entretenue avec Sophie Jeukens, co-organisatrice du festival, poète, musicienne, dramaturge, slammeuse, bref artiste polyvalente et très impliquée. À travers ses mots, vous aurez droit au portrait d’un festival qui fait tranquillement sa place dans la « court » des grands.

Marianne V. : Tout d’abord, puisque c’est dans le titre du Festival, la question vient d’elle-même : qu’est-ce qu’un texte court ?

Sophie J. : Un texte court, ça peut être à peu près tout en autant que ce soit un texte… court! Ça peut être autant de la poésie, du conte, que du slam, des nouvelles ou n’importe quel autre genre de texte qui pourrait germer dans l’esprit des artistes.

MV : Quel le but premier du festival, et à qui s’adresse-t-il ?

SJ : L'objectif premier du festival, c'est de démocratiser la littérature, de briser avec cette idée-là qu'on se fait que la littérature, c'est inaccessible, intellectuel, plate. Alors on a vraiment des activités qui s'adressent à tout le monde! La journée du dimanche, par exemple, c'est un après-midi complet d'activités extérieures devant l'hôtel de ville... il va y avoir des micros-ouverts, où la population est vivement invitée à participer, et aussi de la peinture en direct, du cirque, du maquillage, des jeux pour les enfants... c'est vraiment comme une fête de quartier!

MV : C’est cet événement qu’on appelle le « Réclame ta rue », n’est-ce pas?

SJ : Oui, exact. En fait, ça part d’un mouvement où des gens font un rassemblement clandestin, une insurrection poétique et urbaine en occupant une voie publique de manière illégale. Notre événement « Réclame ta rue » est au contraire organisé et bien en règle, mais c’est une manière de prendre possession des lieux et de faire un événement artistique ouvert à tous. Pas besoin d’être un artiste établi pour venir se produire, suffit d’envoyer un courriel à info@festicourt.org : tous les détails sont sur le site Internet du Festival au http://www.festicourt.org/ . Et c'est gratuit, comme toutes les activités du festival d'ailleurs : on voulait que ce soit accessible à tous, alors la première étape, c'était de faire des événements gratuits.

MV : La totalité des événements sont sans aucuns frais ?

SJ : Tout est gratuit jusqu’à preuve du contraire : les contributions volontaires sont les bienvenues puisque c’est un festival indépendant, non-subventionné.

MV : L’année dernière, le thème c’était Paroles, cette année vous avez choisi Racines. Qu'est-ce qui a motivé le choix de ce thème?

SJ : Racines, c'est deux choses: d'abord la nature, l'environnement, et ensuite la culture, la question des origines. Racines au pluriel, c'est un peu une apologie de la diversité culturelle! L'environnement et le multiculturalisme, on trouvait que c'était deux enjeux centraux du monde dans lequel on vit, deux enjeux qui nous tenaient à coeur. Alors durant le festival, on exploite vraiment les deux volets du thème, autant l'aspect environnemental – des arbres seront distribués au Marché de la gare le samedi après-midi en échange de textes ou de vieux livres – que l'aspect culturel – notre soirée d'ouverture regroupe presque uniquement des auteurs migrants.

MV : Quelle était l'idée à l'origine du festival?

SJ : Le Festival est issu d'un collectif d'auteurs amateurs, les Plumes de l'ombre, qui publiaient un recueil collectif chaque année et faisaient un lancement. Ces soirées de lancement étaient toujours très énergisantes et ça a donné envie aux membres des Plumes de se doter d'un événement d'envergure, qui permettrait aux auteurs amateurs d'avoir une tribune pour partager leurs textes. Il n'y avait vraiment pas beaucoup d'événements littéraires à l'époque, et l'écriture est vraiment un art solitaire à la base... Alors mon sentiment, c'est que c'est né d'un besoin qu'ont les auteurs de partager ce qu'ils font. La preuve, c'est que la réponse est très bonne! Chaque année, il y a des gens qui s'inscrivent aux micros-ouverts qu'on ne connaît pas du tout! On découvre de nouvelles voix.

MV : Ça fait quatre ans que tu t’investis dans l’organisation du Festival du texte court, et en plus l’année dernière tu as fait partie de l’équipe qui a représenté Sherbrooke au Grand Slam national, et vous avez remporté à votre première présence la première place. La Grande Finale régionale aura lieu ce samedi soir à 20h à la Salle du Tremplin, dans le cadre du Festival. Tu t’es rendue en Grande Finale encore une fois cette année : la pression est-elle plus grande ?

SJ : Je ne suis pas vraiment stressée, mais je me sens surtout pas prête! Ça demeure un défi, et c’est difficile parce qu’en plus d’organiser, on performe. Mais en même temps, comme je disais, j’aime vraiment découvrir de nouvelles voix, et j’espère secrètement voir une équipe composée uniquement de nouveaux!


Le Festival du texte court commence ce vendredi et se termine dimanche soir. Toute la programmation est disponible sur le site Internet http://www.festicourt.org/ . Je vous souhaite un excellent festival avec de la bonne température et beaucoup de mots à enraciner!
Commentaires
Pour pouvoir commenter, vous devez vous connecter !
Personne ne s'est exprimé pour le moment...