La poésie du baseball

Type : Chronique / Littérature | Ajoutée le : 07/02/2009 | Modifiée le : 08/02/2009

Guy Perreault, poète, lors de la soirée
Photo gracieuseté de Roxanne Camden
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AnThonY LaCroiX

Chronique :
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Ce 5 février 2009 annonçait la soirée de Slam du Tremplin à Sherbrooke, soirée qui a connu son lot notable de premières, en commençant par l’exploit d’avoir réussi à compacter environ 140 personnes dans la salle du Tremplin, qui ne peut normalement accueillir que 100 spectateurs. Plusieurs nouveaux slammeurs sont venus faire leurs armes dans la compétition, et l’un d'eux, Émilio, a même obtenu une note parfaite de la part des cinq juges, plutôt généreux comparativement au mois précédent. Au final, c'est l'ingénieuse Véronique Suzanne qui a remporté la joute. Mais l’événement qui a retenu l’attention, et sur lequel je développerai plus largement aujourd’hui, est la première édition du Grand Chelem avec le prolifique Guy Perreault, finaliste de Slam Outaouais en 2008.

Tout d’abord, qu’est-ce que le Grand Chelem? En fait, au baseball, un Grand Chelem est l’équivalent anglais de « Grand slam », soit « un coup de circuit (home run) réussi par un frappeur alors que les trois bases sont occupés par des coureurs » selon Wikipédia. Je n’entrerai pas dans les détails techniques de ce que ça signifie, parce qu’au fond, dans la soirée d’hier, ce n’était qu’un thème introduisant une nouvelle sorte de compétition. En bref, un poète invité, souvent de l’extérieur, doit conquérir la foule. Son but est de performer durant 22 minutes et 22 secondes; la durée lui octroie le droit exceptionnel d’utiliser des accessoires. À différents intervalles, il est arrêté pour que le public lui donne sa bénédiction ou l’envoie directement à la fosse aux lions – de manière figurée, il va de soi. D’ailleurs, le vote est effectué à la manière du Colisée, soit avec un pouce vers le haut ou vers le bas, un peu sur le même principe que les matchs d’improvisation, si ce n’est qu’au Grand Chelem un seul poète est jugé.

La soirée a donc commencé avec une trépidante première ronde, que Radio-Canada Estrie a d’ailleurs en partie filmée : dommage que l’équipe de tournage soit partie après 30 minutes! Il y a tout de même quelque chose à retenir là-dedans : avec le temps, les soirées deviennent de plus en plus longues. Certes, le public aime la poésie, mais après 3h00 de prestation, souvent la majorité des gens en ont assez, ce qui n’est pas très agréable pour les poètes en ronde finale – quoique eux-mêmes paraissent parfois fatigués. La question a déjà été discutée lors de la rencontre de la Slamille la semaine dernière, mais je crois sincèrement qu’il faudra trouver des solutions à ce problème encore plus rapidement.

Néanmoins, Guy Perreault a eu tout le temps du monde pour dévoiler au public son univers poétique survolté, sensuel et incisif. Sa prestation a même été devancée vu son impatience à inaugurer le Grand Chelem. Il n’a pas déçu la foule, moins nombreuse qu’au départ, l’entracte ayant mené au départ de plusieurs étudiants du Cégep de Sherbrooke présents pour un cours de littérature, mais toujours aussi enthousiaste. Les rires fusaient, et le public en a redemandé cinq, six, sept fois jusqu’à ce qu’il atteigne les 22 secondes finales, au plaisir de certains et au déplaisir de quelques-uns. Ces textes, malgré des propos parfois très sexualisés, démontraient une maîtrise de la langue française et un sens de l’humour hors du commun. À travers sa plume et sa voix, l’histoire, la politique, les sports, la bicyclette, la drogue et l’industrialisation de l’Asie sont tous passés dans le broyeur de Perreault. Il en ressort parfois des perles, parfois des obscénités, parfois des réflexions, mais jamais d’indifférence.

En conclusion, je crois que ce Grand Chelem a prouvé ses bienfaits. En plus, ces performeurs marathoniens s’affronteront au final pour gagner un bâton de baseball des Cubs de Chicago, ville natale du Slam, signé par Marc Smith, poète à l’origine du Slam. Voilà un cadeau inestimable pour bien des slammeurs! Bref, le Grand Chelem, c’est une folie collective qui a du sens et dont j’attends le retour en mars avec impatience.

Pour en savoir plus sur Guy Perreault, consultez son site internet : http://www.guyperreault.com/. Pour suivre l’actualité du Slam à Sherbrooke, consultez le blog du Slam du Tremplin : http://slamdutremplin.blogspot.com/
Pour d'autres photos de la soirée, gracieuseté de Roxanne Camden, visitez ce lien:http://e-toile.org/as/index.php/topic,1858.msg28117.html#new
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