
David Goudreault et Sophie Jeukens
M. Verville pour E-Toile.org
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Nul ne semblait vraiment affecté par le spleen de novembre en ce premier jeudi du mois. Environ 75 enthousiastes spectateurs étaient présents dans la petite salle du Tremplin à Sherbrooke pour entendre des artistes s’adonnant à cet « art populaire où tout le monde peut participer »(1), le Slam. Ce fut une soirée dans les règles de l’art, ou plutôt selon les règles de la Ligue Québécoise de Slam (LIQS), avec les hauts et les bas que cela implique. Dans l’ensemble, le verdict final s’avéra plutôt positif.
La « partie », encore une fois animée par l’infatigable Frank Poule, était divisée en trois sections : tout d’abord, tous les candidats inscrits à la compétition de la ligue venaient interpréter leur premier slam; puis, les participants au micro ouvert ont été entendus; enfin, les cinq finalistes de la première ronde performaient leur slam final. Les règles étaient simples : un maximum de trois minutes, aucun accessoire et un texte original de leur interprète. Bien que quelques slammeurs initialement inscrits ne soient pas présentés, huit aspirants au titre de champion ont foulé les planches de la scène, dont une nouvelle tête et une autre de Montréal. Six courageux « apprentis slammeurs » ont aussi pris part au micro ouvert.Tous les artistes se sont menés une chaude lutte avec des textes autant passionnés que passionnants, choqués que choquants ou même tristes qu’attristants. Des performances souvent très captivantes, tant du côté compétition que lors du micro ouvert. D’ailleurs, j’aimerais souligner la prestation de Keven-Yann Boisvert qui a troqué son timbre strident pour une douceur appréciée même s’il ne semble pas avoir été le favori du jury. Je demeure cependant sceptique à propos des juges puisque ceux-ci sont choisis au hasard et fortement incités à voter selon leurs coups de cœur. Dans ce contexte, les résultats sont nécessairement discutables. Toutefois, cela s’inscrit parfaitement dans l’esprit du slam où la provocation fait partie des mœurs.
Du reste, David Goudreault et Sophie Jeukens (voir notre photo) ont été fidèles à leur réputation entre autres acquise lors de la compétition nationale de la LIQS, où ils ont contribués à la victoire de la formation sherbrookoise. Au terme de la ronde préliminaire, ils étaient presque nez à nez au classement. Simon Leclerc, dont le premier texte avait provoqué de fortes réactions de la foule, avait pris la tête. Avec un texte choc sur le positivisme, David Goudreault a finalement remporté la finale par quelques dixièmes de points d’avance devant sa collègue Sophie Jeukens.
Le prochain rendez-vous aura lieu le 4 décembre prochain à 20h avec un nouvel animateur, probablement en la personne du champion de cette édition, mais toujours à la salle du Tremplin située au 97 rue Wellington Sud à Sherbrooke. Pour plus de renseignements, consultez le blog du Slam du Tremplin, http://slamdutremplin.blogspot.com/, ou le site du Tremplin 16-30, http://www.tremplin16-30.com/index.html.
(1) Frank Poule, coordonnateur du Slam du Tremplin et animateur de la soirée.