La chroniqueuse arrosée, partie 2

Type : Chronique / Littérature | Ajoutée le : 09/12/2009 | Modifiée le : 10/12/2009

Renaud Pilote, l'invité du Grand Chelem
Marianne V. pour e-toile.org
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Chronique :
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J'ai été charmée jeudi soir dernier. Je peux même dire que les soirées Slam du Tremplin m'ont reconquise. Après être sortie de l'édition de novembre un peu amère et déçue, tout cela s'est envolé, ou presque, laissant place à la surprise et aux réjouissances habituelles. Les spectateurs de Sherbrooke ont eu droit à beaucoup de frissons poétiques et de collaborations plus ou moins attendues. Et en plus, j’ai été majoritairement en accord avec les notes des juges, ce qui est presque un exploit ces derniers temps!

Le flamboyant animateur et co-organisateur du Slam du Tremplin, Frank Poule, a encore réussi à surprendre son public en s'alliant un co-animateur spécial... son fils d'un an, qui a d'ailleurs dormi dans ses bras une partie de la soirée. Ce qui a mené aux applaudissements pour les sourds, au début de la soirée, pour que le petit puisse s’endormir. Procédé sympathique et plus intimiste aux yeux de certains, mais trop contraignant pour d’autres qui ne pouvaient exprimer de manière sonore leur contentement, on ne peut pas dire que ce fut un succès unanime: les cris et applaudissements sont encore des plus efficaces pour réchauffer la foule, ainsi que les juges, à mes yeux.

À ce propos, j'ai eu l'impression que Renaud Pilote n’était pas très à l’aise avec cette méthode peu commune (mes excuses aux sourds et muets). Slameur de Québec ayant participé à la finale nationale de 2007, 2008 et 2009, il était l'invité pour le Grand Chelem, cette compétition où les slameurs tentent de passer un total de 22 minutes 22 secondes sur scène sans se faire envoyer « aux lions », puisque les spectateurs votent à la manière du colisée, en s’exprimant d’un heureux pouce en haut ou d’un cruel pouce en bas. Ce grand manieur des mots et architecte des jeux de langage humoristique a réussi à conserver la scène pendant un honorable total de 21 minutes, ce qui l’exclut de la finale où les « chelemistes » tenteront de remporter un bâton de baseball signé par le fondateur du slam, Marc K. Smith.

La compétition fut passablement relevée : June, slameur de Montréal, a débuté avec un sacrifice bien convaincant. Il a été suivi par Anny Schneider, qui a eu la place ingrate de la première notée; les juges n’étaient pas encore réchauffés il faut croire parce que Nina, qui a été la suivante, a offert une excellente prestation avec un texte sur l’amour livré peut-être un peu trop rapidement, mais qui ne manquait pas de passion. En fait, il me semble que la soirée a été difficile pour les slameuses du Tremplin. Myriam St-Denis Lisée, étonnante et savoureuse dans un registre humoristique, et Catherine Migneault, dont le timbre doux et la prose bien songée a séduit le public, se sont qualifiées pour la deuxième partie sans toutefois remporter les deux places pour la demi-finale. C’est Maxime Michaud qui terminé premier en misant sur un style percutant et acerbe envers la société contemporaine.

La vedette a cependant été volée par David Goudreault et Marie-Claude Lépine qui ont offert au public un magnifique duo sur la difficulté d’avancer, de marcher ou rouler sur le chemin de la vie. Un texte très contrasté – on ne pouvait ignorer le paradoxe physique de la chaise roulante qui semble contraindre, mais permet à Marie-Claude d’avancer – avec beaucoup d’espoir au final. Ce fut le coup de cœur de plusieurs spectateurs et participants à la soirée, et je n’ai que de bons mots pour cette performance émouvante.

Par conséquent, comme je l’ai mentionné en début de chronique, ce fut une soirée où la collaboration était omniprésente. Cela a même incité Anthony Lacroix (qui ne devait d’ailleurs pas être de la compétition, mais qui fut inscrit à la dernière minute), faute d’avoir un deuxième texte en solitaire, à m’inviter sur scène pour qu’on présente notre duo. Procédure illégale? Semblerait-il que non puisque, après avoir récolté le plus de points lors de la première partie, il s’est qualifié pour la demi-finale en terminant au second rang. Et, personnellement, je retiendrai ceci : même si je ne veux pas slamer, le slam finit toujours par me rattraper!
Commentaires
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AnThonY LaCroiX
14/12/09 à 00:54
et oui, maintenant nous somme face à face en compétition aiguise tes syllabes ...

Libellule Rouge
10/12/09 à 05:31
Merci, que ferais-je sans toi!! La correction a donc été apportée: en même temps ce n'est pas étonnant vu son talent!

Utopia24
10/12/09 à 05:29
J'ai fouillé dans les archives et...
Ce cher Renaud y était aussi en 2007! J'ai fouillé dans les archives Web (http://jack-jackyboy.blogspot.com/2007/09/victoire-de-montral-au-premier-grand.html) et Renaud y était déjà! Il a donc été là de 2007 à 2009. Nous avions donc tous les deux raisons :-)

Libellule Rouge
10/12/09 à 02:38
Il me semblait qu'il avait dit qu'il y était en 2007, mais je peux avoir fait erreur.
Et je laisserai le commentaire comme je ne suis pas infaillible! Merci de tes bons conseils!

PS: La chroniqueuse arrosée était le titre de ma chronique sur le slam de janvier 2009 où j'avais participé pour la première fois au slam (http://e-toile.org/chroniques-la-chroniqueuse-arrosee-80.html) Je trouvais le lien intéressant, parce que cette fois-là je suis monté sur scène un peu grâce au défi que m'avait lancé Anthony, et jeudi dernier ce fut un peu la même chose! Et en même temps, mes propos concernant la dernière édition me sont revenus au visage, comme qui dirait, alors bref je n'ai pas contrôlé grand-chose. Une chance que je contrôle encore mes opinions! ;)

Utopia24
09/12/09 à 22:04
:)
J'ai adoré ta chronique! Une petite correction, Renaud Pilote était à la finale en 2008 et 2009 (pour 2007, je ne sais pas, je n'y étais pas).

Tu peux effacer mon commentaire après si tu veux (ou ne conserver que le : j'ai adoré!). :-)

Bravo pour ta prose, aussi percutante que ta poésie!

Myriam
p.s. où est la partie 1 de la chroniqueuse arrosée?