La chroniqueuse arrosée

Type : Chronique / Littérature | Ajoutée le : 09/01/2009 | Modifiée le : 11/01/2009

Mansour Danis, gagnant de l'édition de janvier du Slam du Tremplin
M. Verville pour E-Toile.org
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Ce jeudi 8 janvier a eu lieu, exceptionnellement dans la deuxième semaine du mois, la traditionnelle soirée de Slam du Tremplin, à Sherbrooke. Comme à mon habitude, je m'étais déplacée pour assister à cette compétition amicale, cette grand-messe de la poésie au coeur du centre-ville de la « capitale de l'Estrie ». Mais j'avais aussi accepté de laisser tomber un peu de mon objectivité et d'entrer dans l'arène officielle du Slam. Voici donc, pour une rare fois, un portrait très impliqué et plutôt subjectif de ce rassemblement mensuel.

Pour débuter cette nouvelle année en grand, Frank Poule a repris son poste de slamestre officiel, au grand bonheur de la foule qui répondait à ses nombreuses parenthèses et autres divagations. Au cours des semaines précédentes, il avait d'ailleurs propagé la nouvelle de la venue d'Edmé Étienne, punk anarcho-chrétien de Québec, pour la présentation d'un nouveau concept de slam, le Grand Chelem. Nous n'avons cependant pas eu l'honneur de voir véritablement qu'est-ce que c'est puisque monsieur Étienne, en bon punk qu'il est, n'a pas daigné se lever pour attraper son autobus jusqu'à Sherbrooke. Sous la directeur de l'animateur, la foule lui a tout de même transmis une litanie de profonde lamentation par voie d'enregistrement « youtubesque ». Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le slam dans la capitale (et sur une soirée qui aura lieu le 9 janvier), je vous invite à visiter leur site, http://slamcap.blogspot.com/.

La compétition a finalement débutée après le sacrifice du gagnant de novembre et animateur de décembre, David Goudreault, qui a offert comme toujours une performance à la hauteur de son talent. Neuf slammeurs étaient en liste pour tenter de se tailler une place en ronde finale, mais une dixième candidate s'est ajoutée à la toute dernière minute. Plusieurs bonnes performances ont été livrées à mes yeux, mais ça ne semble pas avoir été l'opinion des juges qui ont été particulièrement sévères. Était-ce à cause du froid mordant à l'extérieur, à cause du manque d'éclat de certains textes, ou tout simplement parce que « y'aime pas ça la poésie, y'aime pas ça » (citation d'une spectatrice mécontente des notes)? Je n'ai pas réponse à ces questions, mais ce que je sais, c'est que les artistes qui viennent présenter des textes, aussi mauvais ou excellents qu'ils puissent être, ne méritent pas de recevoir des notes aussi merdiques que 4,7 sur 10 considérant l'effort qu'ils ont mit dans leur œuvre. Pour être franche, je croyais avoir été sévère comme juge en décembre. Je me trompais royalement! Je mets personnellement au défi ces juges de monter sur scène et de faire mieux que les slammeurs de janvier s'ils valaient vraiment les notes reçues.

Ne croyez cependant pas que je suis amère de mes propres résultats, au contraire. Je n'ai certes pas franchi la première ronde, mais je suis très contente de l'accueil du public pour ma première prestation. Ça vaut toutes les notes du monde à mes yeux, après tout on ne fait pas du slam pour se flatter l'égo, et puis je félicite sincèrement ceux qui sont passés en deuxième ronde. Normalement, cinq slammeurs franchissent le tour éléminatoire, mais cette fois-ci une égalité en 5e et 6e place a introduit Flavie Dufour et Keven-Yann Boisvert (pour qui c'était d'ailleurs une première fois en deuxième ronde) à la finale. Mansour Danis, Véronique Morneau, Simon Leclerc et Jean-Michel Fontaine ont complété le top 6.

La période du micro ouvert a laissé place à plusieurs voix venues d'aussi loin que Montréal et Granby. La Clocharde, Dominic, Anny Schneider, Myriam St-Denis, Véronique Suzanne et son fils Émile ont tous offerts des slams très différents, mais très bien pensés. Émile a d'ailleurs été officiellement demandé pour la compétition de février, si la température lui permet de descendre de Granby. La grande finale a, par la suite, débuté avec Jean-Michel Fontaine avec un très beau slam à propos du racisme et l'ouverture culturelle. Véronique Morneau est demeurée dans le même thème, mais avec un style plus rap. Simon Leclerc a écorché vif les oreilles du public avec un texte écrit durant l'entracte: âmes offensées s'abstenir! Mansour Danis a ravi les gauchistes de ce monde en prenant parti pour des rêves de société. Flavie Dufour a causé une polémique en ne sachant pas lequel de ses poèmes choisir: l'amour déçu ou l'amour repu? Tous deux ont finalement plu. Keven-Yann Boisvert a terminé le bal en devenant M. Hyde l'espace d'un instant.

En général, le public semble avoir beaucoup apprécié, malgré son écoute parfois un peu trop religieuse durant les slams. L'esprit de ce genre de soirée incite à la participation intense des spectateurs, le silence semble donc rendre mal à l'aise certains artistes. Une certaine Alice, qui avait récolté les plus basses notes de la ronde éliminatoire, ne s'est toutefois pas gênée pour réagir à tous propos durant la deuxième partie de la soirée, explosant de joie ou gratifiant certains de ses commentaires parfois incongrus. Elle a même réussi à dire que le sexe oral pouvait être une forme de slam – au sens figuré j'espère! Bref, trop, c'est parfois comme pas assez.

Après un comptage rapide de la part de M. Goudreault, Mansour Danis a été couronné champion de la soirée et est donc éliminé pour les prochaines sessions. Flavie Dufour et Jean-Michel Fontaine ont respectivement occupés les deuxième et troisième place. C'est pour moi un grand bonheur de savoir qu'ils seront de retour en février, le premier jeudi du mois, comme il est coutume. Guy Perreault, slammeur de l'Outaouais, viendra inaugurer le Grand Chelem, c'est donc à ne pas manquer!

Le Slam du Tremplin se déroule à la salle du Tremplin, au 97 rue Wellington Sud à Sherbrooke. L'entrée est de 4$. Pour participer ou pour en savoir plus, consulter le blog de la slamille estrienne au http://slamdutremplin.blogspot.com
Commentaires
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Strodomoncule
17/01/09 à 04:40
R'garde donc si à fait ben ça la fille!
Sérieux, j'adore lire tout ce qui ce ramasse sur ce site. Merci. J'y mettrait mon grain de sel sous peu...
Pour SlamNation, Sylvain a une copie. Ça vaut le coup.

Pour ma part, je suis d'avis que ça se fait pas donner un 4,7!! Linchons les juges! :P
Je ne pourrais pas donner en bas de 9. Si ça serait que de moi, ça serait de 9.0 à 10 les règlements de la LiQS. Ça serait la même affaire au final (et même pire), mais bon yenne que ça aurait l'air plus motivant! hehehe

En passant, si vous avez une pub, des pamphlets, des sous-verre, n'importe quoi qui ferait connaître E-Toile, moi je dis, disséminons ça à la centaine de bonnes gences qui viennent à ces soirées de pugilats verbals!

Je retourne aiguiser ma mauvaise mine pour finir un papier sur la Palestine et vous reviens le coeur en pétard!

Libellule Rouge
11/01/09 à 04:30
Merci pour vos commentaires, j'apprécie beaucoup!

Tout d'abord, mes excuses pour avoir oubliée Mlle St-Denis. Maintenant que tu en parles, je me souviens de son texte sur Sherbrooke. Un beau micro ouvert, en effet, c'est toujours plaisant quand ces poètes créent une telle surprise.

Puis, je comprends votre point de vue pour la question de score. En un sens, c'est vrai que ça passe un message clair, on ne peut pas le nier. Et oui, c'est une compétition. Je ne retire cependant pas mon commentaire parce qu'il est bon je crois de réfléchir à cette question qui se pose souvent quand il est question de critiquer les arts. Je suis une adepte de la nuance, mais chacun a sa ligne directrice bien personnelle en matière de critique. Peut-être que ma vision est trop teintée par la mission d'e-toile, comme Burn en faisait mention.

Enfin, je serais curieuse de voir ce documentaire, Slam Nation, dont tu parles et qui semble très pertinent. Je doute qu'il soit disponible dans les clubs vidéos. Il est sur Internet?

Burn
11/01/09 à 04:17
Je suis d'accord avec notre ami Sylvain. Un 4.7 ça se donne et je lui aurais personnellement donné pire que cela. Je déteste quand on voit la moyenne des scores augmenter au cours de la soirée à cause de la peur des juges d'être hués, ça désavantage ceux qui doivent passer en premier.

Je vois le slam comme une compétition, il est donc normal d'y être parfois jugé amèrement, surtout quand on regarde l'état d'esprit avec laquelle s'est présenté sur scène cette slameuse. Ce n'est pas comme sur e-toile par exemple, où le but est surtout de s'entraider et non d'être en compétition avec les autres.

Sylvain Bérubé
11/01/09 à 01:26
Mansour for president
Bon texte Libellule Rouge. Tu as bien saisi et décrit l'esprit de la soirée plutôt bien. 8.9 !

Je souligne la très grande qualité du micro ouvert. C'est simple, tous les textes m'ont touché là où ça touche. Oh, il y avait également Myriam St-Denis Lisée q

J'avais invité un pote à cette soirée, histoire de l'initier au slam. Il fut nommé juge, et donna même un 4.7. Un 4.7 ne niant pas le potentiel du slammeur, un 4.7 ne s'attaquant pas à slammeuse, mais un 4.7 exprimant honnêtement ce qu'un 4.7 sait si bien exprimer : svp, un slam de même, pu jamais!

Et puis, comme un mec le disait si bien dans le documentaire Slam Nation (excellent en passant!), il y a une raison pourquoi le "range" de notes possibles est de 0 à 10 et non 6 à 10. Et d'enchaîner : "We love juge who give low scores!"