
Le sommet de Montebello avait fait coulé beaucoup d'encre
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Pour ceux qui ont une bonne mémoire, vous vous souviendrez peut-être de la rencontre entre Harper, Bush et Calderón qui a eu lieu à Montebello il y a plusieurs mois déjà. La censure autour de ce projet d’unifier le Canada, les États-Unis et le Mexique faisait peur à bien des gens. Certains parlaient d’une disparition du Québec et même du Canada. Ces prophéties sont bien sûr exagérées, mais il y avait quand même du vrai. Maintenant que les esprits sont moins à vifs, je tenterai de vous vulgariser la situation. Que deviendra la culture québécoise et canadienne dans une union nord-américaine?
L’AméroL’Améro est le nom qu’on donnerait à l’union économique de l’Amérique du Nord et, très certainement par la suite, à toute l’Amérique au complet. Cela serait aussi le nom de la monnaie commune qu’utiliserait les pays membres. Ce concept ressemble beaucoup à l’union européenne et c’est normal, car l’UE est une union économique (et reste le meilleur exemple de celle-ci à l’heure actuelle). Une union économique propose l’élimination totale des barrières tarifaires entre les pays membres (donc plus de taxe d’importation/exportation) et ainsi la libre circulation autant de gens que des produits qui composent et que fabriquent chaque pays membres. On assisterait aussi à un baisse de la souveraineté politique des pays impliqués notamment au niveau économique via une banque centrale (qui régit la monnaie) commune et qui ne serait donc plus uniquement contrôlable par un pays seul, mais par l’ensemble des pays membres
Et la culture?
Je ne m’attarderai bien sûr pas sur des raisons économiques, cela n’étant pas le but de cet article, mais il était primordiale d’expliquer ces principes de base. Déjà, après le premier accord de libre-échange entre les États-Unis et le Canada (en 1989), on a pu observer une hausse de l’importation des émissions états-uniennes sur les réseaux canadiens-anglais. On parle même d’un taux aussi haut que 80% à 90% des émissions de divertissement sur les réseaux canadiens provenaient des États-Unis, et cela, en 1990.1 Tout porte à penser que cela empirera avec un abolissement total des barrières tarifaires (ou taxe d’importation) sur ces émissions surtout que selon cette étude, le seul type d’émission qui enregistrait un plus grand nombre d’émission produit au Canada était celle d’actualité et d’information.
Le cas du Québec
Le Québec a une barrière bien efficace pour se protéger d’une éventuelle « états unisation » du continent nord-américain à travers cette union. Cette barrière protectrice n’est nulle autre que sa langue. Certes, plusieurs séries à gros budget états-uniennes sont traduites et ensuite lancées dans la belle province ; cependant, la plupart des émissions aux grosses côtes sont des « remakes » d’émission étrangères ou tout simplement des séries originales québécoises. La présence d’un élite du show business québécois (sorte de Hollywood Québecois) amène la population à se voir davantage dans Guillaume Lemay-Thivierge que Brad Pitt. Cela amène une force incroyable au marché local. La souveraineté culturelle du Québec est donc assurée par son caractères français et un changement dans cette culture est peu probable.
Le cas du Canada
En revanche, n’ayant pas de protection linguistique, le Canada risque de voir le peu de culture qui lui reste disparaître petit à petit au cours d’une éventuelle union. On peut déjà remarquer au réseau Global par exemple, que la très grande majorité des émissions proviennent des États-Unis. La raison est simple : il est moins cher d’acheter une série de quelques milliers de dollars qui a fait ces preuves sur des centaines de millions de gens aux États-Unis que de produire une série à coup de plusieurs millions avec tous les risques qui l’accompagnent. L’union viendrait éliminer toutes taxes qui auraient pu nuire à l’importation de ces séries et viendrait donc accentuer le phénomène. De plus, les vedettes canadiennes se retrouvent toutes à Hollywood et deviennent rapidement des icônes du cinéma états-unien et non canadien. Qui pense au Canada en voyant Jim Carrey ? Personne. Pourtant, il est bel et bien canadien ! Cela résume bien le sort que réserve, selon moi, l’Améro au « Rest of Canada ».