
Festival des rythmes d'Afrique
http://www.rythmesdafrique.com/
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Du 28 juillet au 2 août a lieu pour une 6e année le Festival des rythmes d’Afrique de Sherbrooke. Plusieurs artistes venus d’un peu partout sur le globe sont à l’affiche de cet événement célébrant le continent africain, que ce soit dans les bars ou sur les scènes extérieures du centre-ville. Les organisateurs ont aussi laissé place à différentes formations de la relève québécoise qui s’inspirent de la culture africaine et antillaise. Les percussions seront inévitablement au menu, oui, sans oublier les flûtes arabes, la salsa, le baladi, et j’en passe. Voilà un festival qui tente sans contredit de tirer son épingle du jeu entre plusieurs manifestations du genre dans la province. J’ai voulu m’en faire une opinion en assistant au spectacle du groupe Jaw Wôpso qu’on dit être un « métissage entre la Tunisie et le Québec. »
Personnellement, je n’ai pas été tout à fait convaincue de cette description. Je m’attendais à des rythmes plus arabes, ou à tout le moins africains, mais Jaw Wôpso nous a plutôt servi un condensé de jazz groovy. Ceci dit, je n’avais rien contre ce genre de musique, mais je voyais mal le lien avec le titre du festival. Passons. Il me faut saluer le magnifique travail des musiciens dont la recherche musicale allait plus loin que les simples quatre temps, avec une mention spéciale pour la basse et le saxophone soprano. Ce dernier usait de son instrument avec une puissance inégalée tout en pouvant presque imiter un souffle de vent la seconde suivante. J’ai été particulièrement impressionnée de la virtuosité de l’ensemble des musiciens, dont le talent n'est plus à prouver.Par contre, je crois que la formation a sensiblement évoluée depuis quelques temps, tant par rapport aux membres qu’au style musical mis à l’avant-plan, pour le meilleur… mais aussi pour le pire. Je déplore l’ajout d’une chanteuse dont le charisme ne peut compenser le manque d’expérience. À mes yeux, il est impardonnable de se lancer dans une envolée vocale sans être certain de pouvoir la finir sans fausse note. Son timbre de voix, très blues mais très « dans la gorge », convient peut-être à certains passages, sans toutefois lui permettre de changer de registre facilement. Si ce n’était que de cela, bien entendu nous pourrions affirmer que ce type de voix plaît à bien des gens et que, du reste, son interprétation s’améliorer avec le temps. Or, j’ai eu l’impression d’écouter pendant toute la soirée des musiciens exceptionnels aux prises avec un disque qui sautait. Le manque de recherche littéraire dans les textes m’a profondément déçu: quand les paroles d’une chanson peuvent tenir dans un fil twitter, c’est particulièrement navrant. On ne parle plus de simplicité ici, mais plutôt de manque de vocabulaire, et là je ne jette pas le blâme sur la chanteuse, mais plutôt sur l’auteur qui manquait franchement d’inspiration pour écrire des phrases comme « you turn around my pool ».
Dans l’ensemble, Jaw Wôpso m’a fait passé une belle soirée, me faisant néanmoins voguer entre deux extrêmes : une partie de moi voulait rester pour la musique et l’autre partie voulait s’enfuir à toutes jambes. J’ai d’ailleurs constaté que je n’étais pas la seule dans cet état de perplexité puisqu’il y a eu beaucoup de mouvements sur la terrasse du Loubards. Comme quoi des virtuoses ne peuvent pas toujours compenser pour l’apprenti…
Si vous voulez connaître l’horaire complet du Festival des rythmes d’Afrique, consultez le http://www.rythmesdafrique.com/ . La plupart des spectacles sont offerts gratuitement en partenariat avec les Concerts de la Cité.