
Enfarfadelle de Sophie Jeukens
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Position dans Chroniques : 3ème
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Chronique :
Mots : 416
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C’est une artiste accomplie qui a lancé au mois d’octobre son premier recueil, Enfarfadelle, résultat de deux années de travail poétique et visuel. Sophie Jeukens est une poète et slameuse maintenant bien connue à Sherbrooke. Elle a fait partie, ces deux dernières années, de l’équipe qui a représenté Sherbrooke à la finale nationale de slam à Montréal. Certains de ses poèmes ont été publiés dans les recueils des Plumes de l’Ombre, un collectif d’écrivains de la région, et elle a été co-organisatrice du Festival du texte court de Sherbrooke lors des quatre dernières éditions.
Enfarfadelle est un recueil qui regorge de textes coup de poing. C’est pour moi de la poésie torturée, torturante, tonitruante alors qu’on lit pourtant en silence. Les illustrations, magnifiques, portent à la fois la candeur et la douleur exprimée dans les vers de Sophie Jeukens. Elle y dévoile les personnages de son monde intérieur dans un souffle étonnant alors qu’on pourrait se sentir asphyxié par ce flot de sentiments noirs et ensanglantés. Le cd reprend pour sa part certains textes du recueil, mais aussi d’autres nouveaux, bien intéressants à découvrir. Je n’ai toutefois pas été subjuguée par cet album puisque je n’ai pas eu l’impression d’y retrouver tout le talent oral de Sophie Jeukens. Les six poèmes sont accompagnés musicalement, principalement au piano ou à la guitare. Il en ressort une atmosphère feutrée, mais digne d’une samedi après-midi de pluie. Les textes ne filtrant déjà pas avec la joie de vivre, un tel choix musical s’avère au final plutôt oppressant. En terme clair, ce n’est pas le genre de chansons à écouter lorsque la déprime frappe. Je questionne aussi la qualité de l’enregistrement : certains passages semblent à la limite des fausses notes, comme dans « Enfarfadelle / Promenade », ce qui est dommage vu la beauté du texte et l’arrangement plus lumineux, plus près du grand potentiel de cette poète nullement unidimensionnelle, pourtant.
En somme, Enfarfadelle n’est pas un simple recueil, c’est un assemblage des mots de Sophie Jeukens, de ses dessins, de ses fantaisies littéraires et auditives. Ce livre-cd, complètement auto-produit, peut être pris comme un tout : chaque partie forme un ensemble pas nécessairement inséparable, pas nécessairement parfait mais complémentaire et, au final, remuant.