Du Slam au salon

Type : Chronique / Littérature | Ajoutée le : 19/10/2008

Le Salon du livre de l'Estrie, du 16 au 19 octobre 2008
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Samedi soir a eu lieu la première session de Slam organisée en partenariat avec le Salon du livre de l’Estrie. Avant toute chose, il faut souligner cette belle initiative qui prouve que l’on peut fêter la littérature sans être nécessairement publiés, mais bien ancrés dans l’oralité de langue française. Nous avons donc eu droit à une petite heure de poésie sous l’égide de Frank Poule, organisateur du Slam du Tremplin à Sherbrooke, avec en vedette les slammeurs de la région et IVY, fondateur de Slamontréal et la ligue québécoise de Slam. La présence de ce dernier était très attendue par les amateurs du genre, et la fierté des hôtes de l’événement à son propos était palpable. Au final, les mots furent honorés avec passion malgré un public quelque peu passif.

La soirée a débuté vers 19h30 par la remise des prix aux gagnants du Marathon d’Écriture. Le tout se conclut très rapidement, car aucun des récipiendaires n’était présent. Frank Poule enchaîna avec un petit discours expliquant aux néophytes l’essence du Slam. Ensuite suivit les prestations des trois « têtes d’affiches » de la session : IVY ainsi que Jean-Michel Fontaine et Sophie Jeukens, tout deux de l’équipe de Slam de Sherbrooke. Ils nous offert des textes vibrants, longs ou courts, passant par toute une gamme de trains, de clés et d’autres manifestes politisés. Ils m’ont tous surpris et impressionné à leur manière. Puis, la tradition du micro ouvert fut célébrée avec, entre autres, Keven-Yann Boisvert, Maxim Morin, Christine Deniger et David Goudreault. IVY a été redemandé sur scène pour une prestation finale, qui selon moi fut sa plus éclatante, et Frank Poule s’est même laissé entraîné dans le mouvement en glissant un petit slam de clôture.

Toutefois, malgré toute la bonne volonté de l’organisation du Salon du livre de l’Estrie, je crois que l’aménagement de la place Alfred-DesRochers était inadéquat pour un tel événement : un éclairage fonctionnel sied à une exposition, mais une scène nécessite à mes yeux des projecteurs. L’ambiance d’une conférence n’est pas la même qu’un spectacle : une salle totalement éclairée peut nuire à la concentration des interprètes. Je soupçonne que c’est ce qui est arrivé chez certains slammeurs : quelques-uns parurent particulièrement intimidés et nerveux.

Cependant, si l’installation de la scène apporte un bémol important à cette soirée, l’inertie certaine de la foule est un autre facteur à considérer. Au départ, réunir des amateurs de Slam, des visiteurs du Salon du livre et quelques journalistes était presque un exploit. Une cinquantaine de personnes étaient présentes, bien que le nombre variait selon les allées et venues de certains festivaliers. Bref, je ne crois pas qu’on puisse blâmer à ce point un public qui n’était pas familier à l’ambiance festive du Slam; réagir bruyamment durant un spectacle ne fait pas partie de la culture de bien des gens. Néanmoins, le manque de vigueur à acclamer les artistes, du moins à leur entrée et leur sortie, m’a tout de même déçue. Plusieurs auraient mérités beaucoup plus d’égard.

Vers 20h30, le rassemblement s’est dissout au profit des allées du Salon du livre. Nous en avons donc profité pour jeter un coup d’œil aux kiosques des exposants. Parmi eux, nous avons rencontré un auteur, G. Lévesque, qui a réussi l’exploit (ou la folie, c’est selon) d’écrire un roman sans répéter un seul mot de vocabulaire. Pour ceux que cela intrigue, il s’intitule « Je ne le répéterai pas » et est publié chez Zus Publications. Du reste, nous avons aussi vu l’exposition de photographie du Club Photo de Sherbrooke. La plupart des œuvres présentaient un caractère très esthétique ajouté d’un amour certain pour la littérature. C’est après tout le but d’un Salon du livre, non ?

En conclusion, si vous êtes curieux de voir les slammeurs sur scène en pleine action, toute la « slamille » sera à la Salle Alfred-Desrochers du Cégep de Sherbrooke le lundi 20 octobre et le mercredi 22 octobre à 19h pour une joute oratoire accompagnée de musique, de peinture en direct et du classique micro ouvert. L’entrée sera de 3$. Pour plus de détails, consultez le blog du Slam du Tremplin : http://slamdutremplin.blogspot.com/
De plus, IVY présentera son spectacle « Slamérica », tiré de l’album du même nom, avec des œuvres acapella en prime le jeudi 23 octobre à 20 h à la salle Le Tremplin au 97 Wellington sud à Sherbrooke (coût des billets : 10 $). D’autres dates un peu partout au Québec sont aussi à venir (http://www.myspace.com/ivycontact) Pour informations supplémentaires, visitez son site internet : http://www.ivycontact.com/
Commentaires
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Burn
20/10/08 à 03:10
Lib a oublié de mentionner que nul autre que moi-même était présent à ses côtés lors de cette escapade. :D C'est digne de mention!

Sérieusement, j'ai beaucoup apprécié mon introduction au slam et j'espère pouvoir assister à davantage de ces soirées d'ici peu.