Des murs à abattre

Type : Chronique / Littérature | Ajoutée le : 04/04/2009 | Modifiée le : 04/04/2009

Marjolaine Beauchamps durant son Grand Chelem
Marianne V. pour E-Toile
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La Salle du Tremplin s’est encore une fois remplie à pleine capacité pour la soirée de Slam, même qu’un mur a été « abattu », enfin la porte qui mène au Café Zybaldone a été ouverte, mais il en a fallu de peu pour que quelqu’un sorte les massues. Bref, j’ai testé l’art de se trouver une place sur le plancher et de ne pas me faire piétiner. Quoi qu’il en soit, ce fut une agréable soirée de Slam, qui a été lancée avec le maintenant traditionnel Grand Chelem. L’invitée du mois était la poète outaouayenne Marjolaine Beauchamps. Sa performance a particulièrement ravi le public qui lui a permis de s’exprimer jusqu’à l’ultime 22 minutes 22 secondes de poésie. Il faut dire qu’elle a exigé son 22 secondes supplémentaire, debout sur échelle, acclamée par une foule charmée. Du reste, il y a eu un petit changement au programme habituel : cette fois-ci, pas de micro ouvert, mais plutôt 13 participants à la compétition. Ce menu avait de quoi faire saliver!

J’aimerais tout d’abord mentionner l’effort que certains slammeurs ont fourni, dont Yacinth St-G qui n’a pas à avoir honte des trous de mémoire vu son texte passablement complexe et relevé. C’est finalement Mathieu Proulx qui a conquis le cœur du jury et du public grâce à un style plus rap et à une interprétation profonde et sentie. Comme quoi tous les styles de poésie peuvent très bien cohabiter dans le slam! José Pouliot, un autre favori de la foule, a d’ailleurs profité de sa tribune pour se venger allégrement des juges du mois dernier, qu’il a qualifié de « bourreaux » : cette fois-ci, les juges lui ont donné la deuxième place. Jean-François Vachon et Jean-Philippe Robichon dit l’Activiste semblent aussi avoir eu la cote.

Mais ai-je vraiment été sustentée par cette soirée? L’impitoyable critique en moi répond « pas tout à fait ». Pas qu’il n’y ait pas eu de bons slams, ni de poètes qui se sont déchaînés pour offrir le meilleur d’eux-mêmes, non! Pas que je n’aime pas ces soirées, non! Je suis la première à inviter tous mes amis, à en parler à chaque mois, à fouler moi-même la scène et à passer des nuits blanches à écrire des textes que je ne trouve jamais assez bons pour aller les produire. Et pas que je ne veuille plus y retourner, loin m’en faut! En fait, j’en ai contre le mouvement de pitié. Je m’explique : j’ai déjà parlé des notes attribuée lors de la compétition. Après réflexion, je ne remets plus en question l’intérêt d’avoir une échelle de 0 à 10, comme quoi une note très basse donne effectivement un message clair sur l’intérêt d’un slam. Aujourd’hui, je m’interroge plutôt sur les juges qui donnent abondamment des 10 sur 10. Une ou deux fois, je n’ai rien à redire. Pour la moitié des slams, je trouve que c’est de l’exagération. Cet enthousiasme s’exprime-t-il pour les bonnes raisons? En même temps, c’est très agréable de recevoir un 10, croyez-moi! Mais dites-moi, si la majorité reçoit au moins un 10, alors qu’est-ce que cette note vaut? Est-ce que les slammeurs reçoivent le bon message? J’en viens même à me demander s’il faut faire pitié pour avoir une bonne note, parce que la recherche littéraire et poétique formelle, ce n’est pas ce qui est le plus vendeur! Néanmoins, je sais très bien que la pitié ne fait pas tout, et Mathieu Proulx a prouvé à tous que j’ai probablement tort, qu’un tel mur n’a pas besoin d’être abattu. Ma bouée est tout de même lancée, j’espère que les prochains juges saisiront le message et que, de mon côté, je décoderai bien le leur.

Exceptionnellement, la prochaine édition du Slam du Tremplin aura lieu à la fin avril. Cette soirée, la dernière avant la grande finale, réunira tous les poètes qui auront franchi le deuxième tour sans avoir fini premier. Ce Slam de la dernière chance permettra donc de déterminer les six personnes qui viendront affronter les six gagnants des joutes mensuelles en grande finale. J’ai bien hâte de voir le résultat! Pour avoir plus de détails, consultez le site http://slamdutremplin.blogspot.com.
Et en passant, si vous croyez que je suis la seule à me poser ce genre de question, André Marceau de Slam Capitale propose ce mois-ci une réflexion sur les juges. À lire : http://slamcap.blogspot.com/2009/04.....tion.html.
Commentaires
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Burn
05/04/09 à 17:33
En effet, parce que lib ne l'a pas dit, mais elle a fini 3e de la première ronde! :)

Petite cachotière!

Libellule Rouge
05/04/09 à 06:51
C'est vrai, pour plusieurs c'était leur première fois, c'est ce qui est encore plus étonnant!

Merci Anthony! Je travaille déjà sur d'autres textes. J'ai hâte aussi de te réentendre!

AnThonY LaCroiX
05/04/09 à 05:48
aaaah boris, je suis d'accord sur le fait qu'il y a eu trop de 10 ,non mais des notes parfaites à des premières apparitions sur scène? On veut vraiment qu'ils reviennent. Par contre je tiens à te féliciter libellule ;) pour ton superbe slam l'émotion est passée. Je m'impatiente à te réentendre.

Que le slam vive!!!!

Libellule Rouge
04/04/09 à 22:12
Mais en même temps. je peux comprendre qu'il ait trouvé ça dur, c'est pas toujours évident d'accepter la critique, quoi qu'on en dise. Ce que je dénonce plutôt, c'est l'abus. Personne n'est parfait après tout, tu l'as bien dit!

Burn
04/04/09 à 21:49
Je crois également que l'orgie de 10 était ridicule. Dans mon coeur, le seul qui mérite 10 c'est ce bon vieux Boris :).

Sérieusement, 10 est suposé signifié que le texte était parfait. Au nombre qu'on a donné jeudi passé, on aurait pu se croire à un slam qui mettait en vedette Nelligan, Baudelaire et Rimbaud! Et même là, je suis pas sur que j'aurais donné 10 ;).

Pour la soirée, elle m'a laissé sur mon appétit, surtout la première partie. Le grand chelem était bien même si ça dégénérait beaucoup vers la fin. Je tiens aussi à féliciter Yacinth qui a été le seul à demander au public d'être objectif. Pour ce qui est de José Pouliot qui nous expliquait comment son 4 lui avait fait mal, s'il-vous-plait, si un artiste n'est pas capable de prendre la critique et surtout ne pas le prendre personnel (il n'y a aucun juge qui veut le mal des artistes), qu'il ne vienne plus présenter ses oeuvres en public. Non mais! À l'université, je commence pas à dire au professeur qui me donne des mauvaises notes que c'est méchant et que ça me rend triste!