Dans la peau d’un juge

Type : Chronique / Littérature | Ajoutée le : 06/12/2008

David Goudreault, animateur de la soirée Slam de décembre, lance les hostilités
Marianne V. pour E-Toile.org
Classement :
Pointage : 4.5/5
Nombre de votes : 2
(Pour voter, connectez-vous!)
Position dans Chroniques : 3ème

Visites :
Aujourd'hui : 0
Total : 1058

Communauté :
Commentaires : 1
Ajouts aux favoris : 0 (Qui?)

Chronique :
Mots : 850

Le Slam du Tremplin a présenté en ce jeudi 5 décembre sa dernière édition de la LIQS (Ligue Québécoise de Slam) pour l’année 2008. Une soixantaine d’enthousiaste spectateurs sont venus acclamer les étoiles, mais aussi la relève sherbrookoise de cet art participatif que certains considèrent comme de la « poésie performance ». Par ailleurs, j’ai eu l’occasion d’y jouer les jurys, le temps de recevoir quelques huées et applaudissements. Voici donc en exclusivité les dessous de cette expérience…

Dans ce tribunal « slammé » siégeait sur son trône de mots l’animateur de la soirée, David Goudreault. Gagnant, avec l’équipe du Slam du Tremplin, de la finale nationale de Slam en septembre dernier et de la dernière soirée de novembre, il en était à sa première expérience comme chef d’orchestre de ces poètes rythmiques. Il a accompli son devoir avec humour et une pincée de nervosité. J’ai été franchement étonnée de ses questions absurdes au jury, au grand plaisir de la foule. Celle-ci a d’ailleurs semblé avoir apprécié son interprétation de la tradition instaurée par Frank Poule, soit de faire une ode poétique au slammeur qui vient affronter la compétition. Je lui lève finalement mon chapeau pour avoir réussi à réaliser le rêve de Sophie Jeukens, soit d’être insultée lors sa présentation!

Dans le respect des traditions, une poète a été sacrifiée, même doublement : Julie Dumont a cassé la glace de la première partie ainsi que du micro ouvert. Du reste, la compétition a été chaude entre les huit participants. Les juges n’ont pas été complaisants, la plus basse note ayant été de 6,5 et la plus haute de 9,2. Heureusement pour les slammeurs, la plus haute note et la plus basse sont retranchés du compte, ne laissant que trois notes au lieu de cinq. De mon côté, j’ai eu un faible pour le Slam de Flavie Dufour, qui a rendu le béton poétique, ce qui lui a valu un 8,8 pour ma part. Sophie Jeukens arrive au deuxième rang, son texte sur l’alphabétisation m’ayant touché, mais j’ai senti qu’il avait encore besoin de mijoter. Ce fut pour moi un 8,7. Les autres juges semblent avoir été de mon avis puisqu’elles sont arrivées respectivement deuxième (Flavie) et première (Sophie) pour la ronde préliminaire. Mansour, Anthony Lacroix et Kim Beaudoin ont aussi franchi le premier tour.

Après l’entracte a commencé le traditionnel micro ouvert. La surprise de cette partie a été causée sans équivoque par Véronique, qui avait rencontré la Slamille lors d’un atelier au Cégep de Sherbrooke en octobre. Elle est venue présenté le fruit de cette rencontre et a totalement épaté la foule. À sa première performance, j’ose dire sans remords qu’elle a mieux performé que plusieurs slammeurs entendus au cours des différentes soirées. Le public lui a réservé une ovation bien méritée, et elle est attendue de bien ferme pour le volet compétition de janvier, à son grand étonnement.

Le deuxième round a causé plusieurs revirements de situation avec des textes parfois bien sentis, d’autres oubliés. En tant que juge, je dois admettre que j’ai été moins sévère que lors de la première partie. Néanmoins, mon travail s’est avéré plutôt difficile tout au long de la soirée. Le jury a pour mission de voter avec subjectivité, c’est le principe même du Slam après tout. Je suis cependant habituée de regarder le tout de manière critique, ce qui influence inévitablement mes jugements. Pour moi, connaître la genèse d’un poème aide à mieux m’en imprégner, mais je n’ai pas voulu inclure ce facteur dans mes notes. Au bout du compte, je tentais de me fier un peu aux prestations précédentes pour établir une échelle de classement. Au final, en ordre décroissant, j’ai placé Flavie cinquième, Kim quatrième, Mansour troisième, Anthony deuxième et Sophie première. Finalement, le résultat cumulatif a donné Flavie cinquième, Anthony quatrième, Kim troisième, Mansour deuxième et Sophie Jeukens grande gagnante, malgré un oubli de texte monumental. La question est cependant de savoir si cet oubli était volontaire, puisqu’elle aurait aimé pouvoir slammer aux autres soirées, ou non. Laissons planer le doute…

Le prochain rendez-vous aura lieu exceptionnellement le deuxième jeudi du mois, soit le 8 janvier 2009, pour laisser à tous l’occasionner de festoyer le 1er. La soirée débutera à 20h, toujours à la salle du Tremplin située au 97 rue Wellington Sud à Sherbrooke. Pour plus de renseignements, consultez le blog du Slam du Tremplin, http://slamdutremplin.blogspot.com/, ou le site du Tremplin 16-30, http://www.tremplin16-30.com/index.html.
Commentaires
Pour pouvoir commenter, vous devez vous connecter !

Burn
08/12/08 à 06:09
Très bon article. C'est toujours aussi intéressant de lire sur cet évènement qui semble prendre beaucoup d'ampleur avec le temps.

Bravo aux organisateurs et bravo à notre chroniqueuse!