Astre Sombre
Nouvelles: Concours du Punch du mois de juillet
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Thème du mois de novembre : L'oeil.
Date limite de remise des oeuvres : 15 novembre 2008.
 
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Oranéa
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« Répondre #60 le: 04 Octobre 2006 à 18:54:10 »

Betty came by on her way
Said she had a word to say
About things today
And fallen leaves.

Said she hadn't heard the news
Hadn't had the time to choose
A way to lose
But she believes.

Going to see the river man
Going to tell him all I can
About the plan
For lilac time.

If he tells me all he knows
About the way his river flows
And all night shows
In summertime.

Betty said she prayed today
For the sky to blow away
Or maybe stay
She wasn't sure.

For when she thought of summer rain
Calling for her mind again
She lost the pain
And stayed for more.

Going to see the river man
Going to tell him all I can
About the ban
On feeling free.

If he tells me all he knows
About the way his river flows
I don't suppose
It's meant for me.

Oh, how they come and go
Oh, how they come and

River man, Nick Drake.
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« Répondre #61 le: 13 Décembre 2006 à 16:35:03 »

Mort comme une soupière

Mort comme une soupière
Mort comme l'ébrèchement d'une soupière
Mort comme le vide de la soupière
Mort comme un reste de potage figé dans le fond d'une soupière
Mort comme mille soupières
Mort comme dix mille soupières
Mort comme une souris noyée flottant à la surface d'une panade emplissant une soupière
Mort comme un chou plein de poux à genoux dans le fond d'une soupière
Mort comme une soupière

Vivant comme un caillou


Raymond Queneau, Le chien à la mandoline, 1965


 
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« Répondre #62 le: 21 Janvier 2007 à 17:46:01 »

La môme néant

"Quoi qu’a dit ?
– A dit rin.

Quoi qu’a fait ?
– A fait rin.

A quoi qu’a pense ?
– A pense à rin.

Pourquoi qu’a dit rin ?
Pourquoi qu’a fait rin ?
Pourquoi qu’a pense à rin ?

– A’ xiste pas."



Jean Tardieu
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« Répondre #63 le: 11 Mars 2007 à 05:13:58 »

Poème de marche vers le Peyotl de Serge Pey
http://surledosdelatortue.free.fr/23PEY.htm
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« Répondre #64 le: 12 Mars 2007 à 07:25:17 »

MATIERE DE BRETAGNE

Lumière de genêt, jaune, les pentes
suppurent vers le ciel, l'épine
courtise la plaie, cela
sonne là-dedans, c'est le soir, le néant
roule ses mers à la prière,
la voile de sang fait route vers toi.

Sec, envasé,
le lit derrière toi, enjonque
son heure, en haut,
près de l'étoile, les ruisselets
laiteux babillent dans la boue, datte de pierre
en contrebas, buissonnante, bée dans le bleu,
un arbrisseau d'éphémère, superbe,
salue ta mémoire.

(Me connaissiez-vous,
mains ? J'allai
le chemin fourchu que vous marquiez, ma
bouche crachait ses galets, j'allai,
mon temps, surplomb neigeux en marche,
jetait son ombre – me connaissez-vous ?)

Mains, la plaie
courtisée par l'épine, cela sonne,
mains, le néant, ses mers,
mains, dans la lumière de genêt, la
voile de sang
fait route vers toi.



Paul Celan
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« Répondre #65 le: 22 Août 2007 à 17:51:19 »

L'OMBRE AUX SOUPIRS

Sommeil léger, petite hélice,
Petite, tiède, coeur à l'air.
L'amour de prestidigitateur,
Ciel lourd des mains, éclairs des veines,

Courant dans la rue sans couleurs,
Pris dans sa traîne de pavés,
Il lâche le dernier oiseau
De son auréole d'hier -
Dans chaque puits, un seul serpent.

Autant rêver d'ouvrir les portes de la mer.


P. Eluard

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« Répondre #66 le: 24 Août 2007 à 08:48:22 »

chemin tournant


IL y a un terrible gris de poussière dans le temps
Un vent du sud avec de fortes ailes
Les échos sourds de l'eau dans le soir chavirant
Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant
    des voix rugueuses qui se plaignent
Un goût de cendre sur la langue
Un bruit d'orgue dans les sentiers
Le navire du coeur qui tangue
Tous les désastres du métier

Quand les feux du désert s'éteignent un à un
Quand les yeux sont mouillés comme
    des brins d'herbe
Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles Le matin à peine levé
Il y a quelqu'un qui cherche
Une adresse perdue dans le chemin caché
Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent
A travers les branches cassées
Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées


Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte                                 

règle le mouvement et pousse l'horizon
Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent                                                             

Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons
Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête
Des visages vivants
        Tout ce qui s'est passé au monde
Et cette fête
    Où j'ai perdu mon temps


Pierre Reverdy

Edition Poésie Gallimard

extrait de "sources du vent"

 
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« Répondre #67 le: 17 Décembre 2007 à 16:20:48 »

Chemisée d'ombres et de silence

un Haiku
http://video.google.fr/videoplay?docid=-115066120006084081&q=th%C3%A9%C3%A2tre+d%27ombre&total=32&start=20&num=10&so=0&type=search&plindex=5
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« Répondre #68 le: 22 Février 2008 à 15:39:10 »

En traversant le pays des morts


En traversant le pays des morts

en route vers Aden les terres d’Arthur Rimbaud.

Je suce mes doigts à cause de la soif

de la malaria, du cancer des os.

Je songe à la Bretagne,

aux femmes aux hautes coiffes.

Je songe aux piroguiers du fleuve Zaïre.

Je songe aux oiseaux bariolés d’Amazonie.

Je songe au sexe chaud de l’indienne

à la tombée de la nuit.

Je songe à une espèce de poème

déclamé par un fou de génie

qui ferait taire les perroquets verts.



André Laude
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« Répondre #69 le: 28 Février 2008 à 17:33:10 »

PAPA PIERRE

La cheminée de sa maison n'est pas solide. Elle va tomber un jour ou l'autre. Déjà elle penche comme quelqu'un qui lève une jambe et la fumée sort à côté.

Souvent on dit :

« Rarrangez votre cheminée, papa Pierre ; un malheur arrive vite : elle vous tuera.
- Ne t'inquiète pas, mon enfant », répond papa Pierre.

Il ne craint rien pour lui. La cheminée le connaît.

Mais il reste toute la journée assis devant sa porte, sur le banc, et, quand passe une bête ou une personne, il l'écarte doucement, avec un bâton.


Jules Renard

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C'est ici que tout recommencera...


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« Répondre #70 le: 29 Février 2008 à 14:02:34 »

Réflexion intéressante, j'aime bien.
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...Quel bonheur d'être fou. Quel bonheur d'être entouré de fous...

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« Répondre #71 le: 03 Mars 2008 à 07:13:12 »

http://www.miscellanees.com/r/renard.htm  Clin d'oeil
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« Répondre #72 le: 19 Mars 2008 à 17:28:25 »

Les Obscurcis 

A l’étroit dans nos cages
Nous écrivons sans bouger la main
Les mots qui nous font défaut pris dans les livres désaffectés
Meurs si tu veux disons-nous à celui qui a effacé ses contours
Mais réveille-toi avec le coq qui clame le jour trois strates plus haut
Les passants qui nous empruntent nous disent clos sur de grandes insatisfactions
Ils sont ceux qui crient
Nous sommes ceux qui écoutent
Nos colères brèves comme feu de résineux nous survivent
Nous échangeons nos impressions avec d’autres obscurcis consignés dans
Nos cahiers
Sans nous déplacer
Jambes écartées telle maison construite sur un fleuve
Comment nous suivre alors que nous progressons un pied dans l’eau
Un pied sur la berge
Nous glissons glissons avec la planète
Nous maigrissons pour nourrir les cloisons faméliques de notre chair
Personne n’a le bras assez long pour ouvrir à l’air souterrain qui frappe
Aux murs
Personne n’a l’énergie pour préparer la mue de trépas à vie
Personne n’a localisé le passage prohibé
Les nouveaux venus repeints à neuf nous interrogent sur ce qu’ils ont
Laissé derrière eux
Au lieu de nous dire ce que nous sommes devenus
Nous dire si nous sommes mouillés ou secs
Vagues ou précis
Ils rient de nous voir si maigres alors qu’ils perdent du poids à
Chaque inclinaison de la planète
Quand le dessus devient dessous entraînant l’horizon et le linge sur des cordes
Draps ou linceuls qu’importe
Les nostalgiques cherchent leur forme dans leurs vêtements disloqués
Ignorant que le chagrin ne retient pas le lin
Et que des jardiniers vigilants plient dans le même sens chair et écorce
Les rêveurs attendent la saison des lucioles pour copuler
Le rien pénétrant le rien
Nous nous emboîtons
Feignons des coïts
Et que les austères s’enterrent de leurs propres mains sachant qu’ils le sont déjà
Et qu’il n’y a pas plus mort qu’eux
Drap ou linceul qu’importe

Nous nous limons pour ne pas éveiller la méfiance de ceux qui nous prennent pour
Des instruments émettant le même son osseux
Pour des caisses de clameurs maniées par le vide
Alors que nous pataugons dans nos étuis
N’accusant personne de la restriction de nos mouvements
Devenus plus casaniers que les chevaux
Plus farouches qu’il surgit d’un caillou
Frappant nos poitrines du poing lorsqu’une pierre dévale la pente
Les bruits à trois dimensions nous sont interdits
Seul le rectiligne et l’étale nous sont permis
Drap ou linceul qu’importe
 
Vénus Khoury-Ghata
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« Répondre #73 le: 26 Juillet 2008 à 16:50:51 »

Notre avant-dernier mot


Notre avant-dernier mot
serait un mot de misère,
mais devant la conscience-mère
le tout dernier sera beau.

Car il faudra qu'on résume
tous les efforts d'un désir
qu'aucun goût d'amertume
ne saurait contenir.


Rainer Maria Rilke

« Dernière édition: 26 Juillet 2008 à 16:55:26 par Nitschewo » Journalisée

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